mercredi 14 janvier 2026

Document 1935 : Le rôle de l'Ecole populaire dans l'Etat par Adrien Schülé (partie 1: étude préliminaire).

Le rôle de l'Ecole populaire dans l'Etat.

 

Adrien Schülé 1952

Préface

La Société pédagogique de Suisse romande (SPSR) réunissait, tous les quatre ans, ses membres en un Congrès pour traiter d’une thème qui est donné aux sections qui la composent. Pour le Congrès, tenu à la Chaux-de-Fonds, du 12 au 15 juin 1936, les enseignants étaient invités  à débattre un sujet qui est encore polémique en 2026 et qui serait formulé en d’autres termes : “Le rôle de l’école populaire dans l’Etat”. 

Pour la Société pédagogique vaudoise (SPV), Adrien Schülé a présenté le 31 mai 1935 à Morges, l’étude qui suit. Parmi ses collègues et dans la presse, ce travail a recueilli de nombreux échos. Le Commandant du Corps d’armée de Campagne 1, Henri Guisan, a marqué son adhésion sans réserve aux conclusions établies.

Le contexte politique européen subit, au début des années 1930 et dans les pays voisins de la Suisse, de grandes mutations dont les effets n’étaient pas encore tous perceptibles. Une caractéristique s’impose: des forces opposées se livrent bataille au sein de la société. Leurs noms sont: individualisme et collectivisme, athéisme et christianisme. L’école étant un apprentissage à la vie sociale, les enseignants  se posent les questions : quel est le lien acceptable entre l’école et l’Etat ? sur quelles bases donner un sens à l’école ? quel est le rôle des parents ? faut-il adopter ou rejeter une culture à base chrétienne ?

En 2026, je vous invite à prendre connaissance de ce document et en gardant bien à l’esprit qu’il date du début des années 1930. Son auteur est protestant, officier d’infanterie et âgé de 33 ans, lors de sa présentation. Jusqu’au début des années 1950, il a défendu ses conclusions et soutenu des débats contradictoires. Il s’est consacré à l’enseignement jusqu’à l’âge de 78 ans.

En raison de la longueur de cette étude, je vous la propose en deux parties: la première traite des pays voisins; la deuxième de la Suisse. Les compléments de 1952, facilement identifiables, sont incorporés au texte initial. Les conclusions sont restées les mêmes.

En publiant ce document, je n’ouvre pas une polémique, mais j’apporte le regard méconnu d’un enseignant sur un débat scolaire nécessaire.

Antoine Schülé, janvier 2026.

Contact : antoine.schule@free.fr 

Le rôle de l’école populaire dans l’Etat

par Adrien Schülé, mai 1935.

Si la civilisation scientifique quittait la route qu’elle suit depuis la Renaissance et revenait à l’observation naïve du concret, des évènements étranges se produiraient aussitôt. La matière perdrait sa primauté. Les activités mentales deviendraient les égales des physiologiques. L’étude des fonctions morales, esthétiques et religieuses apparaîtraient comme aussi indispensable que celle des mathématiques, de la physique et de la chimie.”

A. Carrel 

Préambule

L’instruction des jeunes générations, la diffusion des connaissances généralement considérées comme indispensables à celui qui sera bientôt un homme et un citoyen, à cette personne qui devra, le jour venu, se tirer d’affaire dans la bataille de la vie et, si elle devient épouse et mère, aussi élever une famille, sont devenues à notre époque, dans tous les pays avancés, l’objet d’une vive sollicitude de la part des gouvernements.

Nous avons examiné consciencieusement les programmes scolaires de soixante pays et nous voulons dans cette courte étude, essayer de dégager certains principes et analyser quelques aspects de cette question si complexe, si importante du rôle de l’Etat dans la distribution des connaissances élémentaires et dans l’œuvre de l’éducation de la jeunesse, pendant la première période scolaire, dans les écoles publiques primaires.

Notre exposé n’a pas la prétention d’être complet. Il aborde les problèmes qui nous semblent les plus importants. Nous avons voulu donner nos opinions personnelles, sur des sujets qui se prêtent facilement à la controverse. Nous nous sommes efforcés, au contraire des utopistes bavards, de rester dans la limite du bon sens et de la réalité. Toutes nos appréciations ont été contrôlées par l’expérience et elles sont émises avec foi et sincérité.  

Gardons à l’esprit ces deux pensées d’A. Carrel: “Deux conditions essentielles du progrès de l’individu sont l’isolement et la discipline.” et “La lecture sans le confort, la beauté sans le luxe, la machine sans la servitude de l’usine, la science sans le culte de la matière permettraient aux hommes de se développer infiniment en gardant leur intelligence, leur sens moral et leur virilité.”

But de l’école     

A notre avis, l’école doit servir la civilisation. L’école, par la culture qu’elle donne, rehausse le niveau d’un peuple et le rend capable de comprendre les grands penseurs de l’humanité et d’apprécier leurs œuvres qui constituent un commun trésor intellectuel où peuvent se nourrir les masses populaires. L’école répand en outre l’instruction et elle complète l’éducation familiale. Elle devient ainsi un puissant moyen de formation sociale par la culture des vertus, même simplement naturelles et civiques. Mais, si l’école tend toujours à rendre l’homme civilisé et sociable, son influence est plus ou moins puissante et bienfaisante, suivant les conceptions morales et philosophiques qui lui servent de base et de direction. Elle peut même exercer une influence néfaste lorsqu’elle s’inspire de principes dangereux pour la vie sociale. 

Les diverses écoles pédagogiques peuvent sous ce rapport, se ramener à trois tendances : l’école naturaliste, scientiste et chrétienne. 

Pour l’école naturaliste, la nature humaine est bonne et perfectible, mais les forces immanentes sont les seuls instruments de cette perfection. Cette école est celle de l’anarchie que préconisent de nombreux utopistes, elle contient en elle-même un germe mortel pour la société. Elle est panthéiste parce qu’elle déifie l’individu, la nature et ses puissances (voir France). Elle tend à instaurer un ordre social individualiste, par conséquent égoïste, isolateur et destructeur. 

L’école scientiste remplace par la science la morale et la religion. Elle professe le déterminisme psychologique. Elle crée ce surhomme orgueilleux et insolent dont le nombre fait les nations impérialistes dans un ordre social tyrannique. 

L’école chrétienne croit à la bonté essentielle de la nature humaine, mais aussi à la chute originelle qui a troublé l’ordre moral et l’ordre matériel du monde. Elle affirme le besoin d’un Sauveur. L’homme découvre les lois de l’ordre matériel par la science et les lois éternelles lui sont enseignées par la religion. La science lui assure la puissance matérielle dont l’usage est réglé par la morale. L’école chrétienne marque la prédominance de l’ordre moral et satisfait à la fois la raison et le cœur. Aussi seule, est-elle profondément civilisatrice et tend à créer un ordre social bienfaisant et durable en formant des sujets épris d’un idéal de justice et de charité. 

L’école naturaliste et l’école scientiste orientent le monde vers la barbarie; l’école chrétienne qui s’efforce de former un être capable de se dominer, ne craignant pas le sacrifice et le dévouement envers ses frères, donc un vrai civilisé, est ainsi un facteur puissant de civilisation.

Or, l’âge actuel représente une période de progrès et de bouleversements qui différencient profondément la civilisation moderne de toutes celles que l’humanité a vu naître, grandir et disparaître au cours de sa longue histoire. Les peuples se trouvent entre un monde qui finit et un monde qui commence. 

La structure du monde nouveau dépendra de l’issue du conflit entre les forces créatrices, les forces conservatrices et les forces destructives qui agitent la vie des peuples. 

Les forces conservatrices représentent l’héritage ancestral des peuples. C’est le domaine de la vie inconsciente où s’élaborent les principaux mobiles de la conduite.  

Les forces créatrices, nées chaque jour dans les laboratoires et les usines, ont transformé la vie matérielle et donné aux civilisations une physionomie nouvelle. Mal dirigées, elle peuvent être un élément de désarroi social, la preuve en est l’excès du machinisme qui est la cause du chômage, nouveau fléau. La faute en est non à la machine, mais à l’homme, celui-ci n’a pas voulu voir toutes les conséquences du machinisme qu’il développait. Il n’a pas voulu envisager le risque possible d’une saturation des marchés et, dans ses calculs, il a fait une erreur capitale. Le développement du machinisme et le perfectionnement de la technique ont changé la mentalité des ouvriers er des chefs d’entreprise. Ce nouvel état de chose a rejailli sur toute la population. La course au gain facile et la loi du moindre effort ont naturellement amené la disparition de tout idéal et facilité la voie au communisme et à l’anarchie en général. La soif des plaisirs, des amusements malsains et pervers augmente chaque jour. Le respect de Dieu et de la vie de famille - principes fondamentaux de la vie nationale - vont en diminuant. Il n’y a que le retour à la simplicité, à une conception saine de la nature qui puisse relevé le moral d’un peuple dépravé. La présente situation des masses rend fort ardue la solution de la question sociale. Il faut arriver à ce que les machines et la technique soient au service de la civilisation et n’en précipitent plus la ruine. 

Voici quelques faits qui expliquent l’importance prise par le machinisme : Il y a quelques années, un ouvrier fabriquait 100 ampoules électriques par jour, aujourd’hui il en fabrique plus de 3000. Un seul ouvrier conduit une machine qui roule 2500 cigarettes à la minute. Deux ouvriers peuvent lever à la vitesse de 20 mètres à la minute des charges de 500 tonnes. Il eût fallu, au temps de l’Egypte ancienne,  200 esclaves pour effectuer ce travail. Pour labourer 1 ha, il fallait jadis 220 heures de travail, actuellement cela se fait en 20 minutes. Lors du percement du canal de Suez en 1865, il fallait 4000 ouvriers pour déplacer le même cube de terre que 5 d’entre eux suffisaient à enlever en 1925 lors de la construction du canal de Welland (Canada). 

Quant aux forces destructrices, elles agissent en sens contraire des précédentes. Il semble qu’une puissance occulte veut empoigner et étrangler les Etats les uns après les autres. Un peu partout des luttes civiles redoutables éclatent. Nous lisons ceci dans un vieil ouvrage peu connu : “Le gouvernement national de tout Etat devra être détruit en fomentant des révolutions intérieures par des appels à la haine des classes, par des efforts simulés en vue d’obtenir une augmentation de liberté et de privilèges pour certaines classes du peuple, en servant les mots “liberté, égalité, fraternité” comme simples attrape-nigauds. Les gouvernements autocratiques, les seuls qui soient forts, devront être affaiblis tout d’abord par l’introduction du libéralisme, qui frayera la route à l’anarchie. D’autre part, l’autorité des gouvernements où prévaut le libéralisme, sera minée par la destruction de la religion, car celle-ci est la force conservatrice et morale qui rend possibles les gouvernements libéraux.

Notre peuple, par son bon sens, par les qualités naturelles, doit pouvoir résister aux tendances funestes qui le menacent par un renouveau de vie morale et nationale.

Il s’agit donc d’inculquer aux élèves de nos écoles l’idée de liberté dans l’ordre et la discipline, il importe de former des personnalités fortes et viriles, des caractères droits, des patriotes dans le meilleur sens du terme.

Idées forces

Le Dr Gustave Le Bon dans son ouvrage intitulé “Evolution actuelle du monde”  dit ceci : “Quoi qu’il en soit de l’avenir des divers régimes, il faut bien reconnaître que si les peuples sont poussés les uns après les autres vers des formes variées de dictatures (les ministres en France, Angleterre, Italie, etc. ou de dictatures en URSS, Chine, etc.), c’est qu’elles correspondent à des nécessités nouvelles que l’évolution du monde a fait surgir.” On ne peut pas enrayer cette évolution, car on ne stabilise pas plus les nations qu’on ne stabilise l’évolution de la vie. Après des tâtonnements, des reculs, elles doivent évoluer vers le bien et le beau, vers l’idéal chrétien. A nous de savoir discerner dans le passé, car il n’y a rien de nouveau sous le soleil, ce qui est bon et stable pour éviter cette éternelle courbe, apogée et décadence d’une civilisation. Il y a dans le cours de l’histoire des lignes maîtresses qui se dégagent sous la poussée des idées forces. Il est peut-être utile de dégager les idées qui, à l’heure actuelle, sont à l’œuvre et dont la figure du monde demain sera la transcription historique. Pour prendre une comparaison, disons que le monde, construit intellectuellement et moralement, moule le monde dans lequel la génération montante trouvera sa forme et sa mesure.   

Quelles sont les idées forces en voie d’élaboration ? Il nous semble possible de les classer en fonction des conceptions qui s’élaborent sur l’Etat, l’individu, le relatif et l’absolu, le droit et le devoir.  

Une idée force meurt, une idée force naît : la préoccupation des droits de l’homme dont l’Etat devait assurer l’exercice et le développement fut à la base de l’évolution séculaire qui, depuis la Réforme jusqu’en 1914, façonna le monde religieux, moral, social, économique, politique et artistique. 

L’individualisme absolu avec ses fruits d’anarchie, de tyrannie de la matière, de despotisme du nombre, somme d’individus, fit concevoir comme nécessaire une réaction qui s’exprime par une déclaration encore confuse des devoirs de l’homme. A l’individualisme né de la déclaration dont le XVIe siècle apporte l’expression religieuse, 1789 l’expression politique et 1791 l’expression économique et sociale, succède le collectivisme dont nous avons les premiers essais en action. Le collectivisme est la formule de l’avenir, mais il y a collectivisme et collectivisme. Celui de la Russie, inspiré du marxisme et du matérialisme, en est une forme utopiste et puérile, la moins durable, car la moins humaine. Le nationalisme en est une autre plus conforme à la totalité de l’être humain complexe et à la diversité des besoins individuels et des aspirations des âmes. Ce qui importe dans la ligne de cette idée force, ce n’est pas de définir les droits de la collectivité ou ceux de l’individu à son égard, car la collectivité a tous les droits et l’individu n’a plus que des devoirs. Ce collectivisme, sous divers formes n’est pas nécessairement matérialiste ou athée. On peut le classer en deux genres : le collectivisme qui situe l’absolu sur terre et celui qui situe l’absolu dans l’au-delà. Or, nous sentons tous, il n’y a qu’un absolu définitif : Dieu. Il semble que le plan individualiste est dépassé et que c’est sur le plan collectiviste que l’humanité va se réfugier. Ce sera donc sur ce plan que les choix se font et se feront. Là de nouveau le dilemme va s’imposer : ou le signe de l’absolu divin ou le signe de l’absolu humain. De ce choix résulteront des définitions précises des droits de Dieu et des devoirs de l’homme, et par voie déductive, des droits et des devoirs respectifs  des individus et des collectivités terrestres.

Ce préambule relatif à l’évolution politique des peuples nous paraît nécessaire pour mieux saisir certains principes essentiels qui président à l’organisation scolaire des Etats. 

Voyons d’abord quels sont les pays qui ont adopté l’école obligatoire, selon tableau ci-dessous et dans l’ordre suivant, pour l’année 1935 :


En notes, mentions suivantes:

***

En remplacement du tableau ci-dessus, dans la publication 1950, publication d'un article signé d’un Clarus (pseudonyme). Voici le schéma de la densité en élèves par enseignant dans les écoles primaires :

Bien que les élèves d’une classe qui en a vingt-quatre seulement aient plus de chances de bien apprendre que ceux d’une classe qui en a soixante-quatre, on ne saurait tirer des conclusions trop absolues de notre comparaison graphique. C’est ains que la Chine, selon l’annuaire de l’ONU, aurait un instituteur pour 27 élèves, et pourtant ce pays possède quatre-vingt-huit pour cent d’illettrés, parmi ses habitants de plus de dix ans. Ce paradoxe provient de ce qu’il y a peu d’écoles en Chine, mais que leurs classes comportent relativement peu d’élèves. Ayant laissé ce pays en dehors de notre comparaison graphique, celle-ci donne néanmoins une indication quant au niveau de l’instruction primaire. On remarquera qu’en Allemagne, en Italie et au Japon, pays où de nombreuses écoles ont été détruites, les classes son devenues plus dense depuis la guerre. 

Signé : Clarus

***

Nous prendrons d’une manière très sommaire l’étude du rôle de l’Etat dans divers Etats qui nous paraissent les plus typiques et représentatifs de deux tendances : a) tendance athée et internationale, b) tendance chrétienne et nationale. 

Par souci d’impartialité, nous nous bornerons à donner des renseignements officiels, tels qu’ils nous ont été fournis.

U.R.S.S.

Cette fédération de républiques d’un type nouveau a fait table rase du passé. De 1917 à 1921, le nouveau régime n’a pas le temps de s’occuper de l’Ecole. On se contente de supprimer les examens. Après une période d’hésitation, on crée les Ecoles de paysans et les Ecoles commerciales. On veut supprimer l’analphabétisme. Mais en 1930, le 60 % des enfants ne suit aucune classe. Les maîtres doivent adhérer à la doctrine communiste. La pédagogie et la morale prennent un sens tout particulier : foin des légendes d’autrefois ! plus de morale éternelle ! On combattra les deux ennemis redoutables du régime: l’Eglise et la Famille. On créera une nouvelle religion: celle des grands hommes de la nouvelle Russie. L’Ecole est gratuite à tous les degrés. Chaque classe a son soviet qui fixe le programme. Les élèves, dit-on, sont animés d’un merveilleux enthousiasme. 

Il faut, dit Lénine, que toute l’œuvre de l’éducation , de la formation et de l’instruction  aboutisse à lui inculquer la “morale” communiste. Cette moralité consiste à détruire l’ancienne société exploiteuse. Elle doit servir à la lutte des éléments travailleurs, réunis dans la nouvelle société communiste. La classe ouvrière doit détruire le monopole de la bourgeoisie sur l’éducation, c’est-à-dire prendre possession de l’école. L’enfant appartient au parti et non plus à sa famille. 

Quand les parents disent “mon fils” ou “ma fille”, ils ne donnent plus seulement à ce mot un sens familial, il signifie encore pour les parents le droit d’élever leurs enfants à leur guise. Au point de vue communiste, ce droit n’est pas fondé. Aucun être appartient à lui-même, il appartient à la société, au genre humain...” en fait au Parti communiste.

Mme Kollantay, ambassadrice de l’URSS, disait ceci : “La famille telle qu’elle existe encore aujourd’hui est de plus en plus considérée comme un obstacle au développement futur de l’humanité, dans le sens collectiviste. La famille doit disparaître.” En outre l’école soviétique doit être “la chaire centrale de la prédication de l’athéisme”. Notons que Bâle a le “privilège” de posséder le siège de l’Internationale prolétarienne antireligieuse (30 pays) dépendant directement du Komintern, c’est une ligue dans le genre du Secours rouge international  qui a son  organe : La voix des libres penseurs prolétariens (Proletarische Freidenker Stimme) et de nombreux sous-organes dont la feuille mensuelle: La lutte antireligieuse et prolétarienne. Les diverses sections d’amis de l’URSS dépendent des organisations citées ci-dessus. 

Nous aurions des quantités de choses à dire sur cette question, mais revenons à nos moutons, dans le cas particulier, aux Russes. Voyons maintenant l’organisation  scolaire russe qui est admirable sur le papier, mais jugez plutôt.

Union des Républiques socialistes soviétiques

Population : 99 512 981 habitants 

Enfants d’âge scolaire : 10 961 394 et le 70% fréquentent les écoles.

Scolarité obligatoire : 8-15 ans

Ecoles enfantines A : Elles sont publiques et officielles et reçoivent les enfants à partir de trois ans. Les sujets enseignés sont : la vie sociale et la nature, le travail manuel, le dessin, le modelage, l’élocution, la récitation, les jeux, le chant et la musique.

Ecoles primaires B : L’instruction générale, administrée par le Commissariat Pédagogique Populaire de l’Union Fédérative des Républiques Soviétiques, est donnée aux enfants de 8-17 ans, donc pendant une période de 9 années consécutives. 

L’enseignement social comprend l’instruction générale qui va de 8 à 12 ans et qui est suivie :

soit de l’instruction générale du 2eme degré, qui comprend un cycle inférieur de 3 ans C, et un cycle supérieur de 2 ans D;

soit d’un enseignement professionnel I et J dans l’une quelconque des écoles existantes, où les élèves suivent un cours de 3 ans. 

L’enseignement religieux est absolument interdit. La coéducation existe dans toutes les écoles, le self gouvernement est très développé. 

Enseignement secondaire : Le cycle C donne l’instruction générale. En sortant du cycle C à 15 ans, les élèves peuvent choisir entre le cycle D (2 ans) qui, à côté des branches ordinaires de l’enseignement, peut comprendre une branche professionnelle (E1) - pédagogie, comptabilité coopérative, agriculture, etc. -dont le but est de former les travailleurs de qualification générale, et un des établissements appelés “technicums” (F) qui outre l’enseignement du cycle D, donnent un enseignement professionnel. Les technicums comprennent 3 ou 4 années d’études et leur objet est d’entraîner les jeunes gens, qui possèdent une instruction secondaire, à une vie de coopération sociale, de travail pédagogique, administratif et d’économie publique. 

Ecoles des jeunes paysans (J1, J2)

Un type spécial d’écoles soviétiques, c’est celui des écoles de jeunes paysans, pour les enfants de 12 à 18 ans qui possèdent le certificat de fin d’études primaires. Ces écoles  préparent un cadre de paysans avancés qui peuvent être en même temps les fonctionnaires publics et les ingénieurs des villages. La tâche principale de ces écoles est de donner aux jeunes paysans une culture agronomique rationnelle, de leur faire connaître la coopération en général, ainsi que la structure de l’administration économique et commerciale de la république soviétique.  

En même temps, ces écoles donnent une instruction générale qui aux élèves d’entrer dans les écoles supérieures ou dans un technicum.

Il y a 663 écoles de jeunes paysans avec 42 000 élèves. Presque toutes sont situées à la campagne. 

Enseignement supérieur L. M.

Les cours de l’université M. Durent de 4 à 5 ans. Dans les hautes écoles, l’accent est mis sur la préparation sociale. Les universités comprennent l’ensemble des instituts supérieurs (L) où l’on reçoit un enseignement spécial : technique, industriel, social, économique, pédagogique, agricole, médical, militaire, artistique, etc. Il y a une université communiste qui prépare des experts politiques. 

Universités ouvrières :

Les étudiants de ces universités doivent avoir travaillé 2-3 ans comme ouvriers ou paysans, connaître les 4 règles de l’arithmétique, savoir lire, exprimer leurs idées oralement et par écrit et avoir une préparation politique. Quelques-unes de ces facultés ont des cours dans la journée, d’autres le soir. Les cours durent trous ou quatre ans. Les étudiants qui ont suivi les cours avec succès ont le droit d’entrer dans les universités dites supérieures. 

Formation des maîtres (E1 F2)

La formation des maîtres primaires, des maîtres d’écoles enfantines, des éducateurs politiques, se fait soit dans le cycle F1 de l’instruction générale de 2e degré, soit dans la section pédagogique des technicums (F2).

Pour être admis à enseigner dans les école secondaires et supérieures, il faut suivre des cours de pédagogie à l’université.

Ecoles professionnelles (J, H, G, F)

Ces écoles admettent les élèves qui ont terminé l’instruction générale du 1er degré C ou l’école de la jeunesse paysanne (J); elles doivent enseigner le programme prévu par le cycle D des école secondaires. La durée des cours est de 3 à 4 ans. 

L’enseignement professionnel est donné principalement dans les écoles de commerce J, dans les écoles de fabriques, dans les écoles d’apprentissage G et dans les technicums F. L’instruction supérieure est donnée dans les universités. On y admet les élèves ayant terminé l’école primaire. Les cours durent de 3 à 4 ans. 

Les écoles de fabriques et les écoles d’apprentissage (G) sont des écoles d’une espèce particulière qui forment, pour les entreprises respectives, des ouvriers qualifiés. Les cours durent de 3 à 4 ans et l’instruction générale qui y est donnée équivaut au cycle J. G. des écoles secondaires. L’âge de l’admission est de 14 à 16 ans. L’instruction dans ces écoles est en rapport étroit avec le travail des élèves dans les entreprises (durant la 1re et la 2e années, ils ne travaillent pas plus de 4 heures par jour; pendant la 3e et la 4e année, 6 h. par jour).

Un type intermédiaire d’écoles, entre les écoles de commerce et les universités, c’est celui des technicums (F) pour les élèves de 15 ans et au-dessus avec des cours de 3 à 4 ans. Le programme doit être celui du 2e cycle secondaire. Les technicums forment les ouvriers de qualification moyenne pour les différentes branches de l’industrie.

L’enseignement professionnel est donné principalement dans les écoles de commerce J, dans les écoles de fabrique, dans les écoles d’apprentissage G et dans les technicum F. L’instruction supérieure est donnée dans les universités. On y admet les élèves ayant terminé l’école primaire. Les cours durent de 3 à 4 ans.

Les écoles de fabriques et les écoles d’apprentissage (G) sont des écoles d’une espèce particulière qui forment, pour les entreprises respectives, des ouvriers qualifiés. Les cours durent de 3 à 4 ans et l’instruction générale qui y est donné équivaut au cycle J et G. des écoles secondaires. L'âge d’admission est de 14 à 16 ans. L'instruction dans ces écoles est en rapport étroit avec le travail des élèves dans les entreprises (durant la 1ere et la 2eme année, ils ne travaillent pas plus de 4 heures par jour, pendant la 3eme° et la 4eme année, 6 h. par jour).

Un type intermédiaire d’écoles, entre les écoles de commerce et les universités, c’est celui des technicums (F) pour les élèves de 15 ans et au-dessus avec des cours de 3 à 4 ans. Le programme doit être celui du 2° cycle secondaire. Les technicums forment les ouvriers de qualification moyenne pour les différentes branches de l’industrie.

En résumé, voici le tableau des écoles en URSS avec les effectifs. Il est certain que dans un pays en complète évolution, les chiffres varient beaucoup d’une année à l’autre et ceux-ci doivent être dépassés aujourd’hui: 

A Ecoles enfantines        86 350

B Ecoles primaires         10 502 954

C Ecoles secondaires, instruction générale

Avec cycle de 3 ans, 2° degré      869 543

D — idem cycle de 2 ans, 2° degré

E1 E2 Ecoles normales pour primaires 

et enfantines ?

F1 F2 Technicums secondaires et

professionnels à la fois      180 000

G _ Ecoles fabriques et apprentissage      109 400

H Ecoles professionnelles et

° T112 Ecoles des jeunes paysans 42 000

J Ecoles commerciales et supérieures       124 185

K Universités des travailleurs 46 000

L Instituts supérieurs       157 595

M - Universités       160 000

Une campagne de propagande explicative, atteignant toute la population, portant sur l’importance de l’instruction publique et obligatoire, sur l’établissement de la statistique des enfants et des adolescents en âge d’étudier, sur la lutte de la non-fréquentation des enfants employés à des travaux domestiques et champêtres, sur le contrôle organisé de la présence régulières des écoliers, sur la pénétration des méthodes d’émulation socialiste et le travail de choc, telles sont les mesures entreprises pour répandre le sentiment de la nécessité de l’instruction. Des campagne sociales de masse sont organisées : journées de décades, campagnes culturelles, revues sociales, etc. Des fonds spéciaux servent à primer le travail intensif de propagande en faveur de l’école. 

En mai 1935, un communiqué de presse annonce : « À Moscou, le bureau du Comité central exécutif a décidé des mesures de répression très sévères en matière de criminalité enfantine, pour endiguer les progrès de cette criminalité, dont les effets ont été relatés à maintes reprises. À l’avenir, les mineurs, à partir de l’âge de 12 ans, seront passibles de toutes les sanctions prévues par le code criminel (art. 8), y compris la peine de mort. »

France

Ecole laïque officielle

L’Etat n’a pas pu résister aux syndicats d’instituteurs marxistes et ceux-ci sont les maîtres absolus de l’Ecole laïque. Le Journal des Instituteurs donne les renseignements suivants : plus de 30% des instituteurs est acquis aux idées bolchevistes; le 40% se rattache aux partis marxistes; l’autre 30% vit dans la crainte. Au cours du congrès de la Société Pédagogique Romande en 1951, Lausanne, les instituteurs de notre pays ont pu ouïr les grands ténors de l’école laïque. L’écrivain français René Benjamin a largement décrit ce qui se passe dans les congrès de Syndicats d’instituteurs ou dans les congrès internationaux. Les Sociétés pédagogiques de Suisse font partie de la Société Internationale des Instituteurs (FIAT: 600 000 instituteurs représentant 25 millions d’enfants).

Nous lisons dans les journaux pédagogiques de France : «L’émancipation» dit : «Tout marchera quand nos écoles normales auront réalisé le maximum d’anarchie comme en URSS, quand tous les secrétaires pédagogiques, tous les syndiqués, tous les instituteurs de France appliqueront le programme suivant: interpréter les faits d’après la notion fondamentale du matérialisme dialectique, tel que l’exposent Karl Marx, Engels, Plekhanov et Boukharine; voir dans l’Etat, non pas le représentant de l’intérêt général, mais l'expression au pouvoir des classes dominantes, considérer la neutralité scolaire comme un mythe trompeur.»

Dans le «Bulletin du syndicat national des instituteurs», nous lisons: «La notion de laïcité doit mener la classe ouvrière à s’émanciper intellectuellement de tous les  dogmatismes, aussi bien de celui de la patrie que de celui de la propriété. Le droit des parents sur leurs enfants, nous le nions.»

Un instituteur nommé dans un village du Nord s’indigne dans le journal de Freinet «L’éducateur», de voir des crucifix un peu partout, même jusqu'à l’école, ce qui, pour lui, est un comble. Dans le même journal à propos des correspondances interscolaires, une institutrice met en garde ses collègues et proteste contre le fait que des écoles de Bretagne, en particulier, envoient leurs photographies de premières communiantes et qu’elles relatent des excursions faites avec la JOC, en compagnie de M. le Curé ou de M. l’Abbé.

«L’Ecole libératrice» déclare : «Notre enseignement sera une direction générale et supérieure de la vie individuelle et collective (sans Dieu), prenant appui sur la réalité contemporaine et s’assignant pour but l’accession à l’ordre social aux formules de liberté, d’égalité et de fraternité qui ne sont présentement que des fictions…» et «…la religion de l’esprit a parlé plus fort que la philosophie par la scandaleuse image du Christ crucifié ! C’est toujours l’homme qui est Dieu, la religion de l’esprit ose signifier que tous les genres de pouvoir corrompent l’esprit.»

«L’Ecole émancipée » considère comme une œuvre méritoire de favoriser le progrès de la haine des classes. Une de ses livraisons contient des «problèmes prolétariens» élaborés par un instituteur corse pour les enfants de 7 à 9 ans. Voici quelques échantillons :

1. Dans les 168 heures d’une semaine, un oisif a passé 70 heures au lit, 35 heures à table, 56 heures à la promenade et au théâtre. Combien d’heures a-t-il travaillé ?

2. Un marchand de canons gagne en 4 ans : 25 millions, 24 millions, 26 millions, 25 millions. Combien a-t-il gagné en tout ? etc.

De l’aveu même du journal, ces problèmes sont destinés à montrer aux enfants des écoles primaires «à quel point ils sont exploités». car tel serait le rôle de l’école.

Le congrès de l’Union nationale des membres de l’Enseignement public (instituteurs non contaminés par le marxisme), par l’intermédiaire du professeur Sabatier, a émis le vœu que l’on protège les élèves et les maîtres nationaux contre l’intolérance des Sans-Dieu de l’administration scolaire.

Des ministres tels que Monzié, Mallarmé, Flandin, ont essayé d’enrayer cette évolution vers le bolchevisme. Le ministre Jean Zay, au contraire, s’écriait dans les  congrès : «Le drapeau, cette panosse, ce torche-c.…» a exercé une influence très néfaste sur le corps enseignant de France.

Un journal, à propos des instituteurs, déclare «cette situation ne peut se prolonger, car, à ce train-là, il n’y a plus d’Etat, plus de Constitution, plus d’assemblées régulière. Seul, le congrès souverain, c’est-à-dire le Syndicat, a force de loi. L’autorité de l’Etat est contestée par ses fonctionnaires, par ceux-là même qui devraient montrer l’exemple de l’ordre et de la discipline. À quand donc les lois qui renforceront l’autorité de l’Etat? qui mettront un frein aux tendances démagogiques et révolutionnaires des syndicats ?»

L’«Ecole Primaire» (Suisse, Valais) du 31 octobre 1951, dans un article sur «L’école laïque», montre quels sont les responsables de cette lutte contre Dieu et contre l’ordre établi. Nous n’insisterons donc pas. Nos lecteurs connaissent l’organisation scolaire en France (durée de la scolarité: 8 ans, entrée à l’école : 6 ans).

Remarquons encore que la France, cette fille aînée de l’Eglise, ne compte plus que 7 millions de catholiques et 800 000 protestants. Beaucoup d’enfants n’ont jamais entendu parler de Dieu et beaucoup d’entre eux ne suivent aucun enseignement religieux.

Allemagne

Ce pays, actuellement coupé en deux, comprend 60 millions d’habitants, L’ensemble du territoire contient 9,5 millions d’enfants en âge d’aller à l’école. La scolarité obligatoire est de 7 à 8 ans, loi du 15.12.1950. C’est le Wurtemberg, qui le premier a instauré l’école primaire obligatoire en 1649, la Prusse en 1769.

L’école primaire donne sous la rubrique «Le mouvement éducatif à travers le monde» des articles très appréciés provenant du Bureau International d’Education, qui traitent des questions d’organisation scolaire dans les divers pays. Comme pour la France, nous nous abstiendrons donc de donner ces renseignements pour nous arrêter plus spécialement à divers problèmes d’ordre pédagogique. Rappelons seulement qu’il existe des écoles enfantines privées (3 à 7 ans), classes gardiennes (petit-déjeuner et repas de midi), Associations sociales ou religieuses.

Ecoles primaires (Grundschulen) : celles-ci accomplies, bifurcation comme chez nous : les uns vont dans les écoles primaires supérieures et les autres dans les écoles secondaires (15 sections) et, dernière étape, écoles supérieures (universités, académies, Hautes Ecoles, Universités populaires).

Formation des maîtres : Elle n’est pas réglée uniformément, elle reste dans la compétence de chaque pays (Land), les maîtres sont formés dans les écoles normales, dans une école supérieure technique ou dans les académies pédagogiques.

Pour entrer dans les académies pédagogiques qui durent en général deux ans, il faut posséder le baccalauréat ou le certificat de maturité. Les maîtres n’y reçoivent plus de préparation encyclopédique. On peut donc négliger leur culture générale pour porter tous les efforts sur leur culture personnelle et sur la science de l’éducation.

Les études proprement dites comprennent des cours faits par les professeurs, des exercices pratiques, des discussions de leçons faites ou entendues à l’école d’application. L’enseignement de la pédagogie est à la base de toutes les études. Toutes les disciplines gravitent autour d’elle. On ne distribue pas les connaissances, on donne des méthodes. On n’apporte plus de recettes, on pose des problèmes.

Les directives, données par les ministres du régime national-socialiste, ne sont pas toutes abandonnées. Nous pensons intéresser nos lecteurs en relevant quelques principes déjà émis par Hitler. Celui-ci était convaincu que pour fonder un régime durable, il fallait s’assurer le loyalisme des nouvelles générations, aussi comme son collègue Mussolini, apportait-il tous ses soins à l’enseignement, «Enseignement», disons plutôt "éducation", car il s’agit non de distribuer un savoir abstrait, mais de former un Allemand intégral, ayant au plus haut point et ne possédant que le sens national.

La femme doit se préparer à «enfanter des mâles». L’éducation physique et l’hygiène sont au premier plan. Le jeune allemand entrera dans la vie avec deux diplômes : «celui de citoyen l’autorisant à exercer une fonction et celui de bonne santé lui permettant de se marier.» Viennent ensuite l’éducation morale et enfin l’éducation intellectuelle par laquelle il s’agit moins de meubler la mémoire que d’ouvrir l’esprit. Au point de vue civique, les idées maîtresses étaient, je cite : “guerre aux communistes, aux socialo-démocrates et aux juifs qui sont leurs théoriciens”.

L’enseignement professionnel exaltera la valeur du travail, de tous les travaux, de travail manuel autant que de l’intellectuel. Il n’y aura plus de luttes de classes. Sont créés les camps de travail, le service civil, les échanges entre citadins et campagnard.

Des écoles normales préparent des maîtres destinés à la campagne. On institue partout la pratique des sports, les exercices militaires, le tir. Un Führer de la jeunesse (Baldur von Schirach) a été responsable de l’organisation de la jeunesse (en dehors de l’école). Sa devise d’origine fasciste était: «Mieux vaut vivre un jour comme un lion que cent ans comme un mouton.»

Stage à la campagne. Par un décret du 1er avril 1934, il a été institué l’ “année à passer à la campagne”. Les enfants qui sont obligés d’y prendre part sont désignés parmi les écoliers qui ont achevé les 8 années obligatoires de l’enseignement primaire. Les enfants des villes doivent apprendre à connaître les ressources de la campagne et être initiés au jardinage, au travail de la campagne et aux jeux en plein air. Un enseignement portant sur l’étude de la race, l’histoire, la Heimatkunde, l’étude du folklore complète ce travail. Les enfants sont élevés dans un esprit de camaraderie et de discipline.

Dans toutes les écoles, le chef de l’Etat a exigé que la sélection se fasse en tenant compte des qualités corporelles, des qualités de caractère et des qualités d’esprit. En conséquence, l’ordonnance exclut des écoles secondaires les enfants infirmes ou atteints de maladies héréditaires. Elle exclut les enfants qui refusent de tenir leur corps propre. Elle exclut également ceux qui sont faibles en gymnastique, cette faiblesse étant la preuve d’un manque de volonté ou d’amollissement corporel.

Au point de vue du caractère, seront exclus tous les enfants ayant une mauvaise conduite ou manquant d’esprit de camaraderie, de même les indisciplinés et les malhonnêtes. La sélection se fera non d’après la mémoire, mais d’après la maturité d’esprit.

Italie

Nous avons eu l’occasion de visiter des écoles italiennes et de discuter avec des maîtres (en 1952). Il semble que les ordonnances contenues dans la «Charte de l’Ecole» de Botaï (fasciste) sont encore en vigueur (loi Gentile).

Comme en Allemagne, les organisations de jeunesse (ballilas, avant-guardistes, etc.) ont été supprimées. Il faut reconnaître qu’elles inspiraient aux jeunes une foi et un enthousiasme merveilleux. Partout où l’Eglise n’intervient pas, il n’y a rien pour intéresser et occuper la jeunesse.

Selon le Duce, l’Etat seul peut assumer la tâche de l’Education. Mussolini voulait un type d’homme fort, dévoué à la chose publique. Il sut conserver au système scolaire tout ce qui avait fait ses preuves dans le passé. Il a introduit le latin dans le programme de toutes les écoles secondaires, accordé aux professeurs beaucoup de liberté dans le choix des méthodes d’enseignement, limité les admissions aux écoles supérieures pour éviter l’encombrement dans les professions libérales. Une place est accordée au folklore. Les fenêtres sur la vie sont ouvertes en orientant l’enfant vers une même doctrine de l’Etat, le fascisme.

À côté de l’école, on a créé une foule d’œuvres utiles : maternité et enfance, centres de triage, colonie de vacances.

Nous ne pousserons pas plus loin nos investigations dans les pays que nous avons étudiés. Nous en avons hâte d’en arriver à la Suisse. Nous remarquons que partout l’Ecole s’est actualisée d’extraordinaire façon, Elle est plongée dans la vie. Elle cherche à doter la jeunesse d’une foi ardente pour la conduire au même but : servir.  Servir à quoi ? telle est la question.

(suite en 2eme partie)


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire