jeudi 8 octobre 2026

La symbolique chrétienne, avec pour support l'église St. Jean Baptiste, 30200 Bagnols-sur-Cèze.

 La symbolique chrétienne

par Antoine Schülé

Ostensoir

De l’extérieur à l’intérieur d'une église, des symboles se présentent aux visiteurs qui n'en perçoivent pas toujours complètement les sens: plusieurs de ceux-là parlent encore,  mais d’autres ne sont plus compris. Il convient de découvrir la symbolique chrétienne à travers un édifice. Je vous propose ce parcours avec des images de l'église de Bagnols-sur-Cèze, dans le Gard, mais vous pouvez le faire dans n'importe quelle église catholique dans le monde. 

Pour la mise en valeur du patrimoine religieux local, j'ai contribué à de nombreuses actions : exposition d'art sacré, organisation d'un colloque sur le christianisme en Gard rhodanien, deux journées du patrimoine en faveur de l'église Saint Jean-Baptiste et une participation au copilotage de sa rénovation, à laquelle j'ai mis en terme en raison de pratiques qui m'étaient inacceptables. Un bénévole donne de son temps et se retire quand il l'estime nécessaire en son âme et conscience : du bon usage de la liberté !

Quelques personnes ayant apprécié mes travaux ont considéré comme regrettable que ce dossier, qui suit et qui fut rédigé en 2013, dorme dans un carton. Je réponds volontiers à leurs sollicitations, car la culture n'est néfaste qu'aux individus qui la refusent ou la craignent !  Entrons dans le vif du sujet !  

A travers quelques synonymes du mot symbole, ce nom devient plus familier : figure, image, emblème, signe, mot, lettre, nombre, chiffre, geste, indice, note musicale, symphonie et encore pour les Chrétiens : sacrement, Credo…

Introduction

Dans notre société occidentale excessivement rationaliste, le mot symbole fait penser aux mathématiques, à la chimie. Pour les linguistes, tout langage est symbolique : cela nous rapproche de notre sujet.

Le symbolisme chrétien exprime des réalités spirituelles : Jésus, le pain de vie, la lumière du monde. Cette symbolique est inspirée de la vie humaine : le meilleur exemple en est le Cantique des cantiques avec les images fortes de l’épouse, des noces, du jardin et des parfums. C’est un langage mystique qui passe par une sublimation christique des sens. 

Un symbole est un signe, une image, un reflet de quelque chose de plus grand ou de plus petit que l’homme ou de ce qui est d’un monde encore inconnu ou invisible à l’homme. Le symbole est une forme de langage : encore faut-il y prêter une attention particulière.

Symboliser, c’est donner un corps à ce qui est par nature incorporel, mais bel et bien existant. C’est un moyen de représenter une idée, un sentiment, une abstraction, de signifier l’invisible, le non perceptible par les sens.  

Si le symbolisme est une langue, un symbole ne devrait pas nécessiter d’explications, mais nous parler, c’est-à-dire nous signifier quelque chose de façon spontanée. Force est de reconnaître que le symbolisme chrétien n’est parfois plus compris des Chrétiens eux-mêmes ! 

Nous vivons dans des sociétés trop cartésiennes et, actuellement, lire les signes donnés dans nos édifices religieux est devenu difficile pour les fidèles eux-mêmes. Parfois, des guides, souvent de bonne foi, donnent des lectures non chrétiennes de symboles ayant un sens chrétien précis: ceci est tragique. Ils ont pour excuse que ceux-ci ont été récupérés, déchristianisés par des idéologues, des mouvements de pensée ou des partis politiques… 

Pour les personnes illettrées, un symbole pouvait être une forme de signature ou d’expression d’un vote: cela est encore le cas dans certains pays.

Les symboles ont existé dès l’origine de l’homme, bien avant le christianisme et hors du christianisme: leur sens a changé … Chine, Inde, Egypte, les Incas, les Indiens d’Amérique multiplient les symboles: parfois, ils ont le même sens, parfois ils sont contradictoires et, assez souvent, ils sont un sens bénéfique et maléfique, en fonction des associations qui sont faites… 

L’œuf est un symbole universel : l’abside de nos églises a la forme d’un œuf et nous avons les œufs de Pâques, la renaissance; la Lumière et les Ténèbres - et nous remarquons l’emploi du singulier pour la Lumière et le pluriel pour les Ténèbres,- sont connues dès la naissance  de l’humanité ; le serpent que nous retrouvons dans la lettre « s » a plusieurs sens… La flamme d’amour jaillissant du Cœur de Jésus n’a aucune relation avec les flammes de l’Enfer qui tourmentent: il y a le feu qui réchauffe et le feu qui détruit…

La symbolique chrétienne n’ignore pas les symboles qui ont existé avant sa naissance ; cependant, elle en a changé la lecture. Dieu est le Verbe et le Verbe de Dieu donne un sens nouveau à ces symboles qui deviennent ainsi des signes, des idées, des vérités, des enseignements comme des mystères que Dieu a révélés à l’humanité.

Le symbole est un lien entre l’humain et le divin. Nous rappelons que le mot religion qui provient du latin « religare » signifie aussi « lier ». Les symboles, ce langage universel, sont à la religion ce que les mathématiques sont à la science. A défaut de dévoiler le mystère de l’homme et de la création, ils permettent de dépasser les limites de la seule raison pour s’ouvrir à un mystère qui nous dépasse : le symbole s’adresse plus au cœur, car il ne se comprend bien qu’avec le cœur.

Le symbole est aussi un résumé de principes ou de vérités fondamentales d’une philosophie ou d’une religion. Cet abrégé doctrinal sert de signe de reconnaissance spirituelle à celles et ceux qui adhèrent à un message commun : les deux Credo sont les symboles des Apôtres et de Nicée - Constantinople. 

Le Credo se transmettait de façon orale lors des trois premiers siècles de la chrétienté et servait ainsi de signe d’identification entre les premiers chrétiens. « Da signum ! », « Da symbolum ! » : « Donne le signe », « Donne le symbole » et le symbole des Apôtres était la réponse attendue. Il se développe, se complète plus tardivement, lors de deux conciles à Nicée et à Constantinople, pour mettre fin à diverses hérésies : celle qui niait la divinité du Christ (arianisme) et celle qui ne reconnaissait pas l’Esprit Saint (les pneumatomaques : ennemis de l’esprit, en grec). 

Richesse des symboles chrétiens :

Tout dans une église est symbolique: vraiment tout, liturgie, cérémonies spécifiques dans le temps de l’année (cycle des saisons), les vêtements sacerdotaux, les objets liturgiques, l’architecture de l’église, les déplacements des fidèles comme du prêtre. Le christianisme parle à la fois au cœur, à l’esprit et aux sens: c’est ainsi qu’il est mystique. Ce qualificatif fait peur et pourtant le sens est simple: ce qui permet d’approcher les mystères de Dieu et de la Création. La vraie connaissance ne se possède qu’à la troisième naissance, c’est-à-dire à la mort terrestre (la première étant la naissance biologique; la deuxième au baptême). 

Avec l’Ancien Testament, nous découvrons les écritures d’une histoire du salut d’un peuple. Avec le Nouveau Testament, nous avons un plus : la Parole vivante qui étanche la soif, qui nourrit l’esprit et qui élève vers Dieu. Cette Parole s’adresse à tous les peuples.

Certains symboles relèvent plus de l’Ancien Testament: le départ d’Abraham est la réponse à l’appel divin ; l’Exode est l’image de la libération. Il y a ainsi un symbolisme historique qui est aussi celui du salut professé par le christianisme. La montagne est le symbole de l’effort spirituel aussi bien dans l’Ancien que le Nouveau Testament.

Symbole et allégorie

Ne pas confondre symbole et allégorie, mais qu’est-ce qu’une allégorie ? C’est  traduire de façon plastique un concept abstrait. Prenons, par exemple, la justice: elle est figurée par une déesse tenant une balance et une épée; et parfois, elle a les yeux bandés, non parce qu’elle est aveugle, comme le pensait si innocemment un enfant, mais parce qu’elle se veut impartiale… 

Parabole

La parabole est à la fois un symbole et une allégorie: chacun connaît la parabole du semeur. La semence est le symbole, alors que l’action du semeur forme l’allégorie. Cette parabole a pour intention de nous décrire les diverses étapes spirituelles vécues par celles et ceux qui accueillent la Parole de Dieu. 

Différence avec le mythe

Le symbole biblique n’est pas un récit mythique: il exprime une réalité en des termes figuratifs connus de l’homme et appartenant à la condition d’homme. Le mythe est quant à lui un long récit symbolique qui prête des caractères humains aux divers dieux. Le mythe humanise les dieux, alors que la Parole de Dieu rend sensible la présence de Dieu en l’homme. 

Symboles de base, quasiment universels : terre, eau air, feu, cercle, carré, centre, croix.


Aigle (lutrin détail) : Christ; St Jean et son Evangile

Oiseau royal, il peut regarder le soleil sans ciller : c’est ainsi qu’il est perçu dans de nombreuses civilisations.

Deux sens coexistent dans l’Ancien Testament : la puissance (comme force positive), mais aussi l’orgueil (force négative). 

Pour les Chrétiens, il symbolise, avant tout, l’âme ayant une vision mystique de Dieu. L’aigle est le symbole de l’évangéliste saint Jean et est encore celui de l’Ascension du Christ. Par sa proclamation de la Parole du Christ, Jean élève aux vérités éternelles; il témoigne tout particulièrement de l’Ascension et souligne le fait que la grâce de Dieu descend sur la terre par l’Esprit Saint (représenté par la colombe).

Ici, l’aigle symbolise le Christ, sauveur du monde qu’est la sphère, tenue dans ses serres et dans un mouvement vers le haut, alors que le serpent, l’œuvre du mal, tente de le retenir dans ses plis avec le fruit défendu de la connaissance qu’est la pomme qui gravite vers le bas. 


Alpha et l’Omega : (autel chapelle Jeanne d’Arc)

La première et la dernière lettre de l’alphabet grec. 

Dans le livre de l’Apocalypse, le Christ dit : « Je suis l’Alpha et l’Omega », signifiant qu’Il est le commencement et la fin, le premier (Il est né avant tous les siècles) et le dernier (dans la Gloire de Dieu où Il attend toutes les personnes ayant vécu la Foi). 

La croix (dite de saint André) traversée par un P signifie « pro Christo », c’est-à-dire mort pour le Christ. Autel consacré contenant des reliques.

La croix, l’instrument d’un supplice infamant, est devenue le signe du rachat de tous les hommes, de toutes les nations par Jésus qui est le chemin de la vérité et de la vie.

La croix en X est la croix de saint André : le frère de Simon devenu Pierre ; il répondit d’abord à l’appel de saint Jean Baptiste et il suivit ensuite Jésus; il a évangélisé la Russie avant de mourir sur une croix en X, à Patras (Grèce).

Ange (voûte du chœur, autel, baptistère)



Il symbolise soit l’Evangéliste Mathieu lorsqu’il tient un livre, soit la Parole de Dieu entendue par les hommes, soit cette voix intérieure qui parle au plus profond du cœur en des moments précis de la vie pour faire le bien. Ailes ouvertes pour s’élever vers Dieu, élévation; ailes fermées, en refus de tout ce qui est bas, qui colle à une vie uniquement matérielle. 
L’ange a le visage de l’éternelle jeunesse du cœur qui se place au regard de Dieu.

Les anges sont nombreux dans l’Ancien Testament: ils sont la voix de Dieu à tous les grands moments de la vie du peuple d’Israël; ils inspirent, ils condamnent, ils veillent, ils agissent, ils plaident le salut des hommes auprès de Dieu.

La seule façon de pouvoir représenter la Parole de Dieu ou le souffle divin était de faire paraître les anges, à la fois humains et divins. 

Trois anges sont connus et leurs noms signifient leurs missions : Raphaël, « Dieu qui guérit », car il prend soin de Tobie (Tobie, 3.17 ; 12.15) ; Gabriel, « Dieu est fort », en révélant les secrets de Dieu (Daniel, 8) ; Michel, « qui est comme Dieu », en protégeant Israël (Daniel, 10.13-21).

Arbre (clef de voûte)



Arbre de Jessé; Arbre qui a fourni le bois de la Croix; Fidèle.

Le paradis de la Genèse est ce jardin du bonheur parfait avec des arbres aux fruits savoureux. Les colonnes de nos églises avec des feuillages symbolisent ces arbres du Paradis à retrouver… 

Toutefois, il y a deux arbres: l’arbre de la connaissance du bien et du mal (au fruit défendu qui, consommé par Adam et Eve, a provoqué la chute originelle) et l’Arbre de Vie (qui a ses racines dans le profond de la terre, mais s’élève vers le ciel, vers la lumière) que nous retrouvons dans l’Apocalypse. 

A l’arbre du fruit défendu, ayant provoqué la chute de l’homme, s’oppose l’arbre de la Croix, parfois feuillue, qui relève l’homme vers Dieu. Il symbolise aussi l’arbre de Jessé : cet arbre généalogique qui relie David à Jésus. L’arbre est le symbole de la puissance, de la grandeur d’un homme, d’une ville, d’un pays dans la lumière de Dieu et du Royaume de Dieu. Tout homme ou peuple ne respectant pas la loi divine est un arbre qui sera abattu… 

L’arbre est dans toutes les civilisations, le symbole de la vie. L’arbre de vie peut devenir l’arbre de mort selon l’usage que l’homme en fait. Le seul arbre qui puisse s’épanouir est celui qui s’élève dans la lumière de Dieu.

Dans les Proverbes (3.18), la sagesse est l’arbre de vie. Le Christ est à la fois soleil et arbre dans la symbolique chrétienne: soleil, fils de Dieu, et arbre par la nature humaine qu’il a accepté de prendre... La croix, arbre de mort, est devenue l’arbre de vie par la rédemption. La beauté et la santé d’un arbre se jugent par son feuillage abondant et ses fruits généreux … 

Autel (chapelle Jeanne d’Arc, chœur)


Pierre : image de la terre, liée au carré; Pierre taillée : perfection divine; Tailler une pierre : le produit d’un acte à la fois spirituel et manuel. Table de la Sainte Cène, le rectangle.

Pierre : l’échelle de Jacob Genèse (28, 16-22) « Pierre, sur cette pierre je bâtirai mon Eglise. » et "La pierre rejetée... est devenue la pierre d'angle" (Psaume 117.22) et avec saint Matthieu (16.18) que confirme saint Jean (1.42) "Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon église".

4 faces aux 4 points cardinaux: universalité du Christ présent dans le monde. La Sainte Table (rectangle de marbre) figure aussi le tombeau de Jésus Christ : d'où le Tabernacle, où Il ressuscite à travers l'hostie). La Table est également le trône de Dieu: lors du dernier repas que le Christ a partagé avec ses disciples, Il rendit grâce à Dieu, («eucharistie» signifie « merci » en grec). Les Chrétiens commémorent rituellement cet acte du Christ en consacrant le pain et le vin sur l’autel et qui seront partagés avec l’assemblée des fidèles réunis.

Baptistère :

Eau, Ange, Pattes de lion. Carré : la terre et les 4 points cardinaux. Cercle de la vasque : le soleil de Dieu. Eau de la Foi, donnée au baptême. Eau de vie. Eau qui purifie. 

C’est de Dieu le Père que l’eau vive s’écoule, pour se donner à tous par l’humanité du Christ et par le don de l’Esprit Saint. L’eau a toujours été le symbole de vie et de pureté. Le don de l’eau est le don de la vie : qui a eu soif en comprend toute la force. L’eau est source de guérison, donc de purification.

Saint Jean Baptiste baptisait avec l’eau du Jourdain. La purification ne doit pas être seulement physique, mais aussi morale. A la Samaritaine, le Christ annonce qu’il donne de l’eau de vie éternelle…

Le blé (détail du vitrail central, la Passion du Christ) et le pain



Nourriture Vie Travail de l’homme

La mort donne la vie. Le blé doit être enfoui dans la terre pour donner la vie. A la mort apparente succède la vie. D’un  grain de blé naît un lourd épi. Le blé sert à fabriquer le pain: la nourriture essentielle, celui qui devient aussi le corps du Christ se partageant à l’Eucharistie. 

Pour faire lever la pâte, il faut du levain, l’Esprit saint : chaque Chrétien est un grain de blé que la vie moud suffisamment et qui, devenu farine, produit cette pâte humaine par la force de l’Esprit, pour être un pain de générosité pour ses proches. Le pain : Symbole de la vie et du corps du Christ. Vie active. Pour devenir pain, il y a eu la panification qui symbolise la transformation spirituelle; pour faire du pain, il a fallu du levain, la Parole de Dieu. 

Le grain de blé est aussi cette foi qui doit germer en nos cœurs avec la raison : l’intelligence de la foi respecte les mystères de la Foi. Les fruits en sont toutes ces beautés de la spiritualité chrétienne dans les Arts : la peinture, la sculpture, la musique, les écrits mais aussi et surtout dans les vies des saints connus et inconnus… Le pain et le poisson formaient la nourriture de base autour du lac de Tibériade. Pendant les persécutions des premiers chrétiens, le poisson est devenu un signe de reconnaissance car le mot grec « Ikhtus », signifiant « poisson », sont les initiales des mots : Iesous Khristos Théou Uios Soter, ce qui se traduit par : Jésus Christ Fils de Dieu Sauveur.

Carré (autel chapelle de Jeanne d’Arc)

Terre Homme Christ incarné

La terre avec les 4 points cardinaux. Le Christ avec les 4 Evangiles. 

Un homme, les bras étendus avec les pieds joints s’inscrit dans un carré (Sainte Hildegarde de Bingen développe cela dans ses écrits ; Léonard de Vinci a fait de même). Le carré s’inscrit dans un cercle : le ciel. Le carré, c’est le temps humain, alors que le cercle est le temps éternel de Dieu.

Cercle (clef de voûte en forme d’orbite)


Cosmos Ciel Temps

Le cercle exprime le souffle de Dieu : sans commencement, ni fin. Dieu a fait l’homme à son image : ainsi la tête humaine est sphérique. L’incarnation du Christ lie Dieu à l’homme, le ciel à la terre : Jésus inscrit le carré (son humanité) dans le cercle (Dieu) que nous retrouvons dans l’hostie.

La  mort du Christ sur la Croix : c’est le carré qui éclate en forme de croix pour se fondre dans le cercle (ostensoir).

Chandelier (chapelle de la Vierge)



Lumière Leur nombre change le sens (voir nombres)

Trois chandeliers : le Père, le Fils et le Saint Esprit. Trois pieds sur chaque chandelier : tout repose sur la Trinité, l’un n’existe pas sans l’autre. Formes triangulaires, visibles à la verticale comme à l’horizontale, disent la même chose, de façon insistante.

Son pied comporte parfois des visages, celui de : Marie : femme qui, par son « oui » volontaire à Dieu, a permis la naissance de Jésus, le Christ, le Sauveur; Joseph (avec un lys représentant le Christ): homme qui, à l’écoute de Dieu, a permis à un enfant, Jésus, de devenir homme et d’accomplir sa mission; Pierre : premier apôtre désigné par le Christ et dont le Pape est le successeur; Christ (avec sa couronne d’épines), Sauveur; et bien d’autres…

Ciel, cieux (voûtes)


Désigne ce qui n’est pas du monde terrestre, ce qui est au-dessus de tout : la demeure de Dieu. 

Le ciel ne doit pas être vu ici selon un esprit cartésien: il symbolise une hauteur inaccessible à l’homme, la transcendance divine. Le ciel est le séjour des Elus selon le jugement de Dieu, c’est le Paradis, le jardin des origines de l’homme où tout est harmonie, à l’image de la voûte céleste que les étoiles parcourent selon des lois qui échappent encore pour une grande partie à l’homme qui veut percer ce mystère…

Cierge (cierge pascal et cierge ordinaire)

xxx

Lumière : Signe de joie intérieure, de la flamme intérieure qui illumine le cœur.

Image de la Trinité : la cire est le Père ; la mèche le Fils et la flamme l’Esprit Saint. Plus tardivement au XVIe siècle, le sens s’élargit : le corps, l’âme et l’esprit.

Pour les moines, l’emploi de la cire d’abeilles, utilisée à  la fabrication du cierge, a un sens encore plus particulier : l’abeille est le symbole du travail, de la justice, de l’activité et de l’espérance. Observer un rucher (image du monastère) permet de comprendre la force de ce symbole. Dans les monastères, la flamme ne doit pas être soufflée, mais éteinte au moyen d’un éteignoir qui coiffe la flamme…

Vierges folles, vierges sages: les folles sont les imprévoyantes qui n’ont pas pris la réserve d’huile pour leur lampe afin d’attendre leur époux dans la nuit et ne peuvent entrer dans la salle des noces alors que les sages, c’est-à-dire les âmes dans l’attente de Dieu, ont veillé et prié (la prière : l’huile de la lampe qui éclaire) car nul ne sait ni l’heure, ni le jour où il faudra comparaître devant Dieu. 

Le clocher 


Il est conique et finit en aiguille haut dans les airs : vers le ciel. Il rend visible le Saint Sacrifice qui se renouvelle dans l’édifice, il rend visible les vœux, les prières qui montent vers Dieu. Les cloches ouvrent l’ouïe des fidèles pour qu’ils viennent entendre la Parole de Dieu ou pour qu’ils entrent en prière (Angélus, glas, heures de fêtes). Les cloches sont suspendues entre ciel et terre : il faut un battant pour la faire sonner... 

La coupe (un calice)


Sang du Christ Vraie nourriture

Avant le christianisme, la coupe représentait le croissant lunaire symbolisant le lait de vie, le lait maternel. 

La coupe a servi à recueillir le sang du Christ – l'Agneau immolé – versé sur la croix pour sauver touts les hommes, du moins ceux qui veulent être sauvés ou qui ont œuvré dans le sens des "Commandements" de l'Ancien Testament, et donnés par Dieu, comme ceux qui vivent les "Béatitudes" du Nouveau Testament, proclamées par le Christ. 

Le symbole de nourriture essentielle subsiste encore, mais il prend une accentuation plus forte. Le sang du Christ recueilli devient le breuvage d'immortalité. Le chrétien voit la coupe sous deux aspects: la coupe eucharistique, la coupe de bénédiction.

Croix (autel principal)


La croix : ciel, trait vertical ; terre, trait horizontal. 

La Croix symbolise le Crucifié, le Christ, le Sauveur, le Verbe. Elle rappelle à la fois le supplice et la présence du Christ.

La croix grecque possède quatre branches égales et s’inscrit dans un carré. La croix latine s’inscrit dans un rectangle: elle a les dimensions de l’homme debout, les bras écartés. Les quatre branches désignent l’ensemble de l’humanité. La croix est fichée dans le sol, enracinée dans cette terre, pour s’élancer vers le ciel.

Colonnes (tribune sud, portique d’entrée)


Les arbres du jardin d’Eden, image du Paradis à retrouver. Abraham et la forêt de Mambré.

Bois : matière vivante comme l’homme. Il peut souffrir comme l’homme: pourrir et être blessé, infesté de vers. Chair de l’homme, chair de l’arbre.

Il contraste avec la pierre qui est un symbole d’éternité dans une église de pierres, renfermant la pierre de l’autel figurant le Christ, mort sur l’arbre de la Croix, par les fautes des hommes mais ressuscité pour l’éternité….

Une colonne soutient le haut et relie le bas vers le haut: en cela la colonne est un signe cosmique. La colonne ronde est un cercle, le soleil. La colonne carrée, c’est l’homme qui doit s’élever à la lumière de Dieu. Deux associations: le cercle et l’arbre, arbre de vie et arbre de la croix.

Quatre colonnes (entrée de l’église): c’est l’univers habité et l’Apocalypse insiste sur l’ensemble des vivants dans la lumière de Dieu: la communauté qui se recueille dans l’église préfigure ainsi ce Royaume où se réuniront tous les Elus.

Les couleurs (étoles, chasubles aux couleurs correspondantes)

Elles alternent tout au long de l’année dans la liturgie et ont un sens précis : chaque fête, jour a sa couleur !

Blanc : fêtes de Pâques et grandes fêtes de l’Eglise (des anges, des vierges et des confesseurs), Noël, Epiphanie, Jeudi Saint, Pâques, Ascension, Toussaint ; symbole de pureté. 

Or : le plus blanc que blanc.

Rouge : le sang versé par le Christ, il symbolise l’obéissance de Jésus jusqu’à la mort : fête des apôtres, des martyrs, de la Croix et Pentecôte, l’Esprit Saint.

Vert : il est employé quand les autres couleurs ne sont pas retenues : c’est la vie, l’espérance. Au moyen Age, le vert est considéré comme une couleur intermédiaire entre le blanc, le noir et le rouge. 

Violet : avant le XVe s., le violet est perçu comme une couleur proche du noir (couleur de l’humilité). Plus tard, on a souligné le fait que c’est un mélange de rouge et de bleu : le sens en a alors changé ! Obéissance du Christ jusqu’à la mort et obéissance de Marie pour la salut des hommes. Il a remplacé le Noir.

Noir : deuil, pénitence ; messes des défunts, temps de l’Avent, fête des Saints Innocents, de la Septuagésime à Pâques. 

Noir monastique : humilité et tempérance.

L’église 

Un lieu clos d’où doit germer l’homme spirituel. Chacun peut y entrer pour y découvrir deux éléments: la lumière du Christ ; l’eau du baptême qui purifie tout.

Se rendre à l’église est l’expression corporelle d’un chemin intérieur spirituel: se mettre en chemin, se reconnaître petit devant Dieu, se mettre à l’écoute et méditer la Parole, monter à l’autel pour communier au corps du Christ. Prier en pensée, mais encore avec le corps: le fidèle qui prie symbolise une âme voulant s’élever à Dieu, se confiant à Dieu … les fidèles deviennent symboles dans un lieu symbolique qu’est l’église. L’église, un miroir du fidèle…

Dès que les Chrétiens n’ont plus eu besoin de se cacher en raison des persécutions, ils ont construit des églises monumentales, adoptant des formes symboliques. Ces architectures furent diverses : églises rondes, quadrilatères et en forme de croix (finalement celle-ci a prédominé en Europe occidentale). La cathédrale, lieu de résidence spirituelle de l’évêque, possède généralement une  triple entrée, la Trinité. 

Par son architecture et sa décoration intérieure, une église est une invitation à l’élévation, à une ascension spirituelle : escalier, tour, clocher, autel surélevé comme une montagne, voûte peinte avec étoiles, anges. Les symboles ascensionnels ne manquent pas. 

Encens (encensoir avec encens)


Purification Prière

Jean, Apocalypse (8, 3-4)

Chasser les mauvaises odeurs d’un lieu clos est sa première fonction, mais, dans un lieu sacré, il a un sens spirituel. L’encens est une résine : la sève est le sang de l’arbre; cela correspond au sang versé de Jésus, en raison de l’amour de Dieu (feu de l’amour) voulant libérer tous les hommes, tous les peuples. L’encens exprime l’humanité du Christ ; le feu, sa divinité ; le parfum qu’il diffuse, le parfum de sa grâce.

Encensement de l’autel : symbole de nos prières ; l’autel c’est Jésus Christ, la pierre d’angle rejetée par certains… Encensement du célébrant et des fidèles, nos cœurs doivent devenir la demeure de Dieu…

A la chaleur, l’encens fond et alors s’élève une fumée répandant un parfum: la prière du fidèle veut s’élever à Dieu comme cette fumée et le parfum de la prière dissipe les ténèbres du cœur ou apaise les agitations  intérieures… Psaume 40 : « Que ma prière devant Toi Seigneur s'élève comme un encens.».

Esprit saint (carrés rouge pour vitrail bleu, baptistère)


Eau Pluie Vent Feu Rouge de l’Esprit saint.

Les 7 dons de l’Esprit Saint sont : Crainte de Dieu, force, science, sagesse, intelligence, conseil, piété. Les 9 fruits de l’Esprit sont : Charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance, douceur, maîtrise de soi. La longanimité est la patience en toute circonstance, même désagréable.

La crainte de Dieu est la crainte de la perte de l’amour de Dieu par refus de Sa miséricorde ou par violation délibérée de Sa loi d’Amour.

7 œuvres de miséricorde corporelle : donner à manger à ceux qui ont faim ; donner à boire à ceux qui ont soif ; vêtir ceux qui sont nus ; loger les pèlerins ; visiter les malades ; visiter les prisonniers ; ensevelir les morts.

7 œuvres de miséricorde spirituelle : conseiller ceux qui doutent ; enseigner ceux qui sont ignorants ; réprimander les pécheurs ; consoler les affligés; pardonner les offenses ; supporter patiemment les personnes importunes ; prier Dieu pour les vivants et les morts.

En face, le Sacré Cœur de Jésus signifie exactement la même chose, cœur d’amour, la Charité !

Etoile


Lumière

En orient, l’étoile est signe de Dieu. Il y a plusieurs types d’étoile, ayant chacun des sens bien différents.

L’étoile de David à 6 branches est composée de deux triangles équilatéraux opposés, alors que l’étoile chrétienne et héraldique, à 6 branches aussi, n’est surtout pas de la même composition : confusion fréquente. Le sens est cependant identique, le bouclier du défenseur de la Foi : soit au temps de David (Ancien Testament), soit au moment la naissance du Christ (Nouveau Testament), soit au temps des Croisades (initialement pour protéger les pèlerins chrétiens à l’accès aux Lieux Saints) avant que celles-ci soient détournées de leur but par l’esprit de cupidité, soit encore tout instant où se livre une lutte contre la mal.

A la naissance du Christ, les Mages ont vu apparaître une nouvelle étoile inconnue dans le ciel. 

L’étoile à 8 branches symbolise l’étoile de la Résurrection (les sources de lumière de la chapelle saint Joseph, les fenêtres, sont en forme d’étoiles ou de fleurs à huit branches ou huit pétales, symbole identique). L’étoile à 5 branches symbolise Marie. 

Le fidèle dans l’église : (photo l’église pleine ; fidèles assis, debout, à genou, marchant pour la communion)


A divers moment de la cérémonie, il est debout : une ascension. Par moments il est assis : il reçoit une nourriture spirituelle et il est assis comme un enfant sur les genoux de sa mère qui le nourrit.  

Il se lève et marche en procession vers l’autel : après s’être purifié en reconnaissant ses fautes, après avoir écouté la Parole de Dieu, après avoir prié pour lui et les autres, après avoir commémoré le Christ mort pour nous sauver et après avoir rendu grâce à Dieu qui veut sauver tous les hommes en respectant leur liberté. C’est un Dieu qui ne s’impose pas mais qui se donne. Tout est symbole. 

Au sortir de la messe, de l’église, le fidèle devrait rayonner de la joie du Christ … 

Les fleurs, les végétaux (ornement statue Vierge extérieur ; chapiteau tribune sud)


Vie

Certaines fleurs comme le lys et la rose ont des sens particuliers. Le lys symbolise le Christ et c’est pourquoi il est entouré d’épines : la couronne qu’il porte lors de la montée au calvaire. La rose symbolise Marie. 

De façon générale, le végétal a une grande place dans l’église (colonne, chapiteau, motifs d’autel). Le végétal ne vit que par la lumière et l’eau : lumière de Dieu, source de toute vie et l’eau de baptême de l’Esprit Saint. Une fleur : c’est l’homme qui s’épanouit à la lumière de Dieu. Le vert en exprime la vigueur et la verdeur. C’est un symbole aussi du cycle de la vie : la racine de la plante est dans la terre, elle naît, se développe grâce à la sève qui la nourrit, fleurit, donne du fruit et meurt mais pour renaître ensuite…

Lion : (base de la colonne du baptistère, des chandeliers)


Dans l’Ancien Testament, Dieu apparaît sous les traits d’un lion rugissant (Amos 1.2 ; 3.8 ; Genèse, 49.9).

Cet animal du désert est l’emblème de Marc, car l’évangile de Marc commence par la prédication de Jean-Baptiste au désert qui est traditionnellement le lieu de rencontre avec Dieu.

Il est aussi le symbole de la Résurrection. 

La patte de lion (pieds de chandelier, du lutrin ou base de la colonne du baptistère): le lion était réputé au Moyen Age de dormir les yeux ouverts. Il souligne la vigilance et la vigueur de l’homme de Foi pour lutter contre les forces du mal qui rôdent autour du fidèle, attendant ses moments de faiblesse où il succomberait à la tentation par défaut de vigilance. 

Lis ou lys : (autel de la chapelle de la Vierge)


Blancheur Pureté L’innocence Christ Marie Trinité

Le lis stylisé donne la valeur du nombre trois : la Trinité. C’est ainsi qu’il est lu de nos jours.

Avant le XIIIe s., il symbolisait trois vertus : Foi, Sapience, Chevalerie et, au XVIe s., il signifiait aussi : Foi, charité et espérance (cependant le symbole de la croix pour la Foi, l’ancre pour l’espérance et le cœur pour la charité a prédominé : la croix dite de Camargue).

Au début de l’art sculptural chrétien, le visage du Christ figurait au centre du lis et plus tard, le lis seul figure le Christ.

Dès le XIe s., il est aussi un symbole marial et paraît dans les nombreuses chapelles, églises ou cathédrales dédiées à Notre Dame. Au milieu du XIIe s., le lis est porté sur les armes royales de France. Le lis, symbolisant exclusivement la Trinité vers le XVe s., sera remplacé par la Rose, aux cinq pétales blancs, pour figurer Marie.

La Lumière 


Dans l’Ancien Testament, la lumière symbolise la vie ; son contraire, les Ténèbres, la mort. La Loi de Moïse est la lumière du peuple d’Israël. La connaissance de la sagesse, ainsi que celui ou celle qui la dispense, est aussi lumière.

Avec le Nouveau Testament, saint Paul lui donne un sens qui traduit son vécu: Dieu arrache le non croyant des Ténèbres, de la mort, par la Lumière du Christ, reflet incarné de la lumière de Dieu. 

Pour saint Jean, Dieu est la lumière et le Christ s’identifie à cette Lumière. Le Chrétien doit vivre en enfant de Lumière. La lumière est tout ce qui éclaire le chemin vers Dieu : la lumière est symbole de vie, de joie, de bonheur la lumière du salut accordé par grâce à l’homme arraché des ténèbres qu’est l’ignorance de Dieu.

Maurice Zundel souhaite que chaque Chrétien soit tel un vitrail qui laisse transparaître la lumière de Dieu.

Les nombres 

Un : Dieu

Deux : Vierge Marie

Trois : Trinité ; Foi, l’Espérance et la Charité. Plénitude.

Quatre : le monde, les 4 points cardinaux

Cinq : l’amour, l’harmonie. L’homme inscrit dans un pentagramme, étoile à cinq branches. Union : la rose à cinq pétales. Marie.

Six : stabilité, le cosmos mais aussi l’inachèvement…

Sept : Esprit Saint. Plénitude.

Huit : la loi, la justice, la terre ; forme de certains baptistères géométriques mérovingiens à huit côtés.

Neuf : l’étoile à 8 rayons et le centre, la neuvième place, c’est Dieu ; signe solaire : le cercle, l’univers, la Création de Dieu.

Dix : nombre parfait, le divin

Onze : violence (celle de Judas, celui des 12 qui a trahi). 

Douze : douze signes zodiacaux gravitant autour du soleil ; douze apôtres entourent le Christ. L’univers, l’Eglise.

Orient (chœur dans son ensemble)

Une église : le symbole réunissant tous les symboles 

Le chœur est l’Est, au Levant, là où se lève la lumière. La nef est ainsi orientée est - ouest. 

La nef intérieure, formée des voûtes qui la coiffent, est comme une quille de navire, immergée dans le ciel, se dirigeant vers la lumière: Christ. Le navire est un grand symbole de l’Eglise catholique: le navire conduit par Jésus navigue sur les vagues, les tribulations de la vie…

Pendant les cérémonies religieuses, les fidèles sont tournés vers l’orient, vers la lumière du Christ, vers l’autel où a lieu l’Eucharistie.

Rose


Marie Jésus

Symbole de la Vierge dès que le lys a été réservé au Christ, puis à la Trinité.

La rose est une coupe, un calice : le réceptacle des influences célestes, de l’Esprit Saint (représenté par la rosée dans certains tableaux jusqu’à la fin de la Renaissance). 

La rose blanche exprime le miracle de l’Esprit Saint engendrant Marie. Elle reçoit le Verbe divin ou le Saint-Esprit et rend ainsi possible l’épanouissement du Verbe incarné qu’est Jésus.

La rose rouge est liée au sang versé par Jésus qui, se répandant au sol, a donné naissance à une fleur, l’Eglise. 

Plusieurs vitraux médiévaux présentent le sang de Christ tombant en gouttelettes et se transformant en 5 roses. Ainsi les cinq roses rouges, descendant sur la terre, représentent les cinq plaies du Christ sur la Croix.  

Les pétales figurent aussi les créatures divines que chaque chrétien devrait être…

Les sacrements (général ; chrêmier, eau, statue de Jean Baptiste) 

Les signes sensibles manifestent la présence agissante et salutaire de Dieu à tous les peuples. Deux sens : sens naturel du signe et sens donné par l’existence du salut donné par Dieu.

Sept sacrements majeurs :

Baptême : signe de l’appartenance à l’Eglise

Eucharistie : signe de l’action de grâce des Chrétiens pour Jésus mort et ressuscité

Pénitence : signe de la miséricorde de Dieu envers l’homme pécheur

Confirmation : signe de l’effusion de l’Esprit Saint

Ordination :     signe de la mission confiée à l’Eglise, représentée par les évêques, prêtres, diacres. 

Mariage : signe de l’union d’un homme et d’une femme, à l’image de l’union de Dieu et de Son Eglise. 

Sacrement des malades ou Extrême-onction : signe de la présence de Dieu auprès de celles et ceux qui souffrent.

Les sacrements chrétiens symbolisent les grands thèmes de la vie spirituelle de l’homme : la naissance, la croissance, la renaissance spirituelle, l’alimentation, la communion avec Dieu, la purification, la sanctification des divers états possibles de vie.

Le serpent (lutrin détail)


En Egypte, le serpent qui se mord la queue forme un cercle et à ce titre figure la vie, l’éternité. « Il se nourrit de son propre corps.» : lecture égyptienne qui y voyait le cycle de la vie terrestre où rien ne meurt vraiment, tout renaît et la mort est, déjà pour les Egyptiens, une renaissance…

En Inde, le serpent symbolise la cause première du Mal : les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans retrouvent cette figure maléfique du serpent dans la Genèse. 

Dans le Nouveau Testament, le Messie écrase la tête du serpent ; Marie en donnant la vie au Christ écrase le serpent : cette scène figure sur de nombreuses représentations de la Vierge.

La sphère (lutrin détail, clef de voûte)



Le monde terrestre, élément de l'univers se fondant dans l'Univers.

Soleil : fréquent : cercle de la clef de voûte, vitrail, centre des fenêtres de la chapelle st Joseph.

La vie, cercle : Centre de l’univers, Dieu. L’éternité : le soleil ne meurt jamais.

Attente de Dieu : aurore, soleil, Midi.

Des animaux siègent dans le soleil : le lion de saint Marc, l’aigle de saint Jean, le pélican, l’agneau…

Le laurier, celui des Rameaux, est dédié au soleil et couronne, récompense celui qui œuvre pour  l’humanité….

Saints

Un saint : image du Christ sur la terre, un reflet de Dieu dans les œuvres humaines.

Un saint est à lui seul un symbole, le sein de Dieu où coulent Ses bienfaits : un sain bol où s’abreuver spirituellement pour faire le bien dans notre condition humaine avec l’aide de Dieu.

Le Chrétien n’idolâtre pas les saints : il admire les vertus divines que ce(tte) saint(e) a fait fleurir dans sa vie, devenue ainsi exemplaire et qui peuvent aussi fleurir nos vies et même donner des fruits.

Les saint(e)s, connu(e)s ou inconnu(e)s, sont celles et ceux qui ont vécu l’une ou l’autre, plusieurs ou, parfois, toutes ces béatitudes.

Les béatitudes

Du mot latin « beatitudo » : signifiant le bonheur, aussi bien donné aux autres que vécu par soi-même.

Evangile selon saint Matthieu : chap. 5, versets 3 à 12 (Nouveau Testament de la TOB)

3 « Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux.

4 Heureux les doux : ils auront la terre en partage.

5 Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés.

6 Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés.

7 Heureux les miséricordieux : il leur sera fait miséricorde.

8 Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu.

9 Heureux ceux qui font œuvre de paix : ils seront appelés fils de Dieu.

10 Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le royaume des cieux est à   eux.

11 Heureux êtes-vous lorsque l’on vous insulte, que l’on vous persécute et que l’on dit faussement contre vous, toute sorte de mal à cause de moi. 

12 Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ; c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés. »

Saint Jean Baptiste : (statue du baptistère)



Jean de l’hébreu « Yohanân », « don de Dieu ». Dernier prophète et premier apôtre. Fêté le 24 juin.

L'ange Gabriel dit à Marie au jour de l’Annonciation : « Voici qu'Élisabeth, ta parente, en est à son sixième mois.». Le 24 juin, l'Église fête la naissance de Jean-Baptiste, son fils qui est le précurseur du Messie. 

Parce qu'un doute l'avait saisi, lors de l'annonce de l'ange, sur la fécondité tardive de sa femme Élisabeth, Zacharie, son époux, avait perdu l'usage de la parole. La naissance de Jean lui délie sa langue afin qu'elle proclame « Son nom est Jean. ». Nom qui signifie : Dieu fait grâce. A Jean, Jésus a rendu ce témoignage : « Parmi les enfants des femmes, il n'en est pas un de plus grand que Jean-Baptiste. ». 

Dès avant sa naissance, Jean avait reconnu le Christ et tressailli d'allégresse en Sa présence, au sein de la Vierge Marie. Plus tard, il Le baptisera et guidera vers Lui ses meilleurs disciples. 

S'effaçant pour laisser la place au Christ, il dira de Lui : « Voilà ma joie, elle est maintenant parfaite. Il faut qu'Il grandisse et que je diminue. ».

Sainte Jeanne d’Arc :


Fêtée le 30 mai. Vierge morte en 1431. En France, fêtée le deuxième dimanche de mai.

Fille de paysans de Lorraine, elle entendit des voix mystérieuses, alors qu'elle n'avait que 13 ans. Saint Michel, Sainte Catherine et Sainte Marguerite, pendant trois ans, lui demandèrent de libérer la France et de faire sacrer le roi à Reims. 

A Chinon, premier prodige, le roi donne une armée à cette bergère de 16 ans, ignorante de l'art de la guerre. En huit jours, au début du mois de mai, elle délivre Orléans assiégée depuis sept mois. En juillet, Charles VII est sacré roi à Reims. 

Après les réussites difficiles, vint le temps des épreuves. Le roi abandonne Jeanne : un an après Orléans, elle est faite prisonnière à Compiègne. 

Livrée aux Anglais, elle passe un an en prison. Elle reste courageuse et héroïque dans sa pureté devant les tentatives des soldats. Sous prétexte qu'elle s'habille en homme, elle est condamnée comme hérétique. Seule, il lui reste la Foi et l'encouragement de ses voix intérieures. Elle meurt brûlée vive à 19 ans, à Rouen le 30 mai 1431.

Saint Curé d’Ars :


Fêté le 4 août. Depuis 1905, saint patron de tous les prêtres.

Jean-Marie Vianney a grandi en pleine période de troubles révolutionnaires, temps de persécution religieuse. Ainsi, Jean-Marie recevra sa première communion dans la clandestinité. Le jeune campagnard, qui n'a jamais fréquenté l'école, voulait devenir prêtre mais son père était réticent. A vingt ans, il commença ses premières études, mais il était si peu doué pour les études que le séminaire de Lyon qui l’a reçu, décida de le renvoyer. 

Il parvint quand même à se présenter à l'ordination sacerdotale à Grenoble. Après un premier ministère à Ecully, il a été nommé curé dans une petite paroisse de 230 habitants: Ars, à 40 km de Lyon. Il y fut jusqu'à sa mort. 

Sa bonté, la joie dont il rayonne, ses longues heures de prière devant le Saint-Sacrement, impressionnent peu à peu ses paroissiens. Pour écouter, réconforter et apaiser chacun, il reste jusqu'à seize ou dix-huit heures par jour au confessionnal. Pendant les dernières années de sa vie, jusqu'à 100.000 pèlerins viendront chaque année pour entendre une parole de réconfort et de paix de la part de ce curé. Par un don de Dieu, il a été un fin connaisseur du cœur des hommes. 

Entièrement voué à sa tâche pastorale, épuisé, il a dit vers la fin de sa vie: «Qu'il fait bon de mourir quand on a vécu sur la croix». Il meurt à l'âge de 74 ans le 4 août 1859.

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus:


Fêtée le 1er octobre. Proclamée patronne des missions de l'Église universelle et docteur de l'Église en 1997. 

Thérèse Martin est la cinquième et dernière fille d'une famille chrétienne où elle grandit entourée d'amour. Elle a 4 ans quand la mort de sa mère introduit une brisure dans sa vie. Le père et ses filles s'installent alors à Lisieux pour se rapprocher d'une partie de sa famille. Deuxième drame qui ébranle Thérèse enfant : sa sœur Pauline puis sa sœur Marie, qu'elle avait choisies successivement comme «petite mère» entrent au Carmel. 

La nuit de Noël, par une grâce puissante, elle retrouve le joyeux équilibre de son enfance et répond à cette voix intérieure qu’il lui dit de rechercher le Dieu-Amour auquel elle se consacre. Non sans démarche difficile, elle se rendit à Rome pour obtenir du pape l’autorisation d'entrer au Carmel à l’âge de quinze ans, le 9 avril 1888. Avec une fidélité constante malgré des doutes, elle y poursuit sa route vers la sainteté. Le Seigneur lui découvre peu à peu sa petite voie d'abandon et de confiance audacieuse. Le 9 juin 1895, elle s'offre à l'amour miséricordieux de Dieu. 

Durant sa longue maladie, la tuberculose, elle s'est conformée au Christ, dans le mystère de son agonie pour le salut des pécheurs qui n'ont pas la foi. Elle meurt à 24 ans, promettant de faire tomber sur la terre une pluie de roses et de passer son ciel à faire du bien sur la terre. 

Quelques années plus tard, le récit de sa vie, écrit par obéissance, connaît un succès populaire considérable et les  témoignages de grâces, obtenues par son intercession, affluent au monastère où elle a vécu. 

Vitraux 


Lumière

Les vitraux jouent avec la lumière du soleil : les couleurs s’animent, vivent, meurent et renaissent selon la saison, l’heure ou le climat du jour. Un vitrail est vivant, changeant. Les couleurs ont du sens : voir couleurs.

Le vitrail est né de l’enluminure médiévale qui est l’ancêtre de la bande dessinée, exprimant le plus simplement possible la Parole de Dieu. Les vitraux ainsi que les sculptures ou peintures ont été des moyens pédagogiques pour instruire les fidèles ne sachant pas lire. Un vitrail ne vit que par le talent du maître verrier à jouer avec la lumière et les couleurs selon le thème retenu.

Vitrail de Saint Jean Baptiste (chœur de l’église, à gauche) :


Jean Baptiste blâme Hérode Antipas en raison de son second mariage : il a épousé Hérodiade, déjà femme de son frère Philippe encore vivant. 

Hérode Antipas est le fils d’Hérode, dit le Grand, car il avait été un grand bâtisseur mais, encore et surtout, celui qui avait ordonné le massacre des enfants mâles de Bethléem (les Saint Innocents), suite à l’annonce de la naissance d’un nouveau Roi, Jésus en fait, par les mages. 

Hérode Antipas craignait Jean Baptiste mais Hérodiade, qui avait pour fille Salomé, désirait la mort de Jean. Salomé dansa si bien qu’Hérode Antipas promit de lui donner tout ce qu’elle voudrait en récompense. Hérodiade lui suggéra de demander la décapitation de Jean et que sa tête soit apportée sur un plateau et Salomé en fit la demande. Antipas ne pouvait pas revenir sur sa promesse : Jean fut exécuté.

Une forme de résistance est le courage de dire la vérité à un détenteur du pouvoir même au risque de perdre la vie. La réprimande faite à celui qui ne respecte pas la Parole de Dieu est un acte de charité. 

Evangile selon saint Marc, chap. 6, versets 17-29 :

« 17 En effet, Hérode avait fait arrêter Jean et l’avait enchaîné en prison, à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe, qu’il avait épousée. 18 Car Jean disait à Hérode : « Il ne t’est pas permis de garder la femme de ton frère. » 19 Aussi Hérodiade le haïssait et voulait le faire mourir, mais elle ne le pouvait pas, 20 car Hérode craignait Jean, sachant que c’était un homme juste et saint, et il le protégeait. Quand il l’avait entendu, il restait fort perplexe ; cependant il l’écoutait volontiers.

 21 Mais un jour propice arriva lorsque Hérode, pour son anniversaire, donna un banquet à ses dignitaires, à ses officiers et aux notables de Galilée. 22 La fille de cette Hérodiade vint exécuter une danse et elle plut à Hérode et à ses convives. 

Le roi dit à la jeune fille ; « Demande moi ce que tu veux et je te le donnerai. » 23 Et il lui fit ce serment : « Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, serait-ce la moitié de mon royaume. » 24 Elle sortit et dit à sa mère : « Que vais-je lui demander ? » Celle-ci lui répondit : « La tête de Jean le Baptiste. » 25 En toute hâte, elle rentra auprès du roi et lui demanda : « Je veux que tu me donnes tout de suite sur un plat la tête de Jean le Baptiste. »

 26 Le roi devint triste, mais à cause de son serment et de ses convives, il ne voulut pas lui refuser. 27 Aussitôt le roi envoya un garde avec l’ordre d’apporter la tête de Jean. Le garde alla le décapiter dans sa prison, 28 il apporta la tête sur un plat, il la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère.

 29 Quand ils l’eurent appris, les disciples de Jean vinrent prendre son cadavre et le déposèrent dans un tombeau. ».

Enterré à Damas dans la cathédrale portant son nom, mais qui est devenue la Mosquée des Omeyades.

Vitrail de Saint Jean Baptiste (chœur de l’église, à droite) :


La circoncision de Jean le Baptiste


Evangile selon saint Luc, chap. 1, versets 59-64 :

«  59 Or, le huitième jour [après sa naissance], [les voisins et les proches] vinrent pour la circoncision de l’enfant et ils voulaient l’appeler comme son père, Zacharie. 60 Alors sa mère prit la parole : « Non, dit-elle, il s’appellera Jean. » 61 Ils lui dirent : « Il n’y a personne dans ta parenté qui porte ce nom. ». 62 Et ils faisaient de signes au père pour savoir comment il voulait qu’on l’appelle. 63 Il demanda une tablette et écrivit ces mots : « Son nom est Jean » ; et tous furent étonnés. 64 A l’ instant sa bouche et sa langue furent libérées et il parlait, bénissant Dieu. »  

A propos de son fils Jean, Zacharie prophétise de la façon suivante (Luc, chap. 1, v. 76) :

« 76 Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très Haut, car tu marcheras par devant sous le regard du Seigneur, pour préparer ses routes, pour donner à son peuple la connaissance du salut par le pardon des péchés. »

Le grand-orgue


Ecoute Harmonie

La beauté musicale est une forme d’expression de la beauté de Dieu: la musique a une place importante dans les cérémonies de l’Eglise. Plus d’un compositeur a conçu des chefs d’œuvre pour exprimer la Foi: la musique exprime ce que les mots ne peuvent pas dire et elle s’adresse au cœur ! Toutefois la raison veut que des notes et une partition -des symboles- soutiennent le message : l’œuvre ne réside pas dans la note mais dans l’ensemble que constituent la composition et l’interprétation. Le compositeur est le créateur inspiré et l’interprète est le messager du créateur….

Une interprétation au grand-orgue est écoutée par toute l’assemblée réunie qui se met à l’écoute : toutefois si le public entend la même musique, chacun la reçoit différemment en son cœur. Nous sommes en communion par l’écoute, mais chacun goûte, de façon personnelle et individuelle, ces signes sonores. Il en va de même de la Parole de Dieu qui s’adresse à tout homme désireux de l’entendre: Elle est donnée à tous et chacun la possède en son cœur. 

La musique sacrée possède une harmonie qui élève l’âme et apaise l’esprit: c’est déjà là un miracle. Elle unit dans l’expression de la joie comme de la souffrance et les transforme toutes les deux en une paix intérieure qui permet de s’ouvrir aux autres… 

Pietà


Représentation, peinte ou, ici, sculptée, de la Vierge portant sur ses genoux le corps de Jésus qui a été descendu de la Croix. Parfois, elle est accompagnée de saint Jean.



A Villeneuve-lès-Avignon, se trouve une très belle Pietà d’Enguerrand Charonton.

De nombreux artistes ont voulu saisir cet instant précis où s’exprime toute la douleur d’une mère devant le corps sans vie biologique de son enfant.

Ce tableau est très proche de celui de Carrache (1600) ci-dessous et  qui comporte des anges, les messagers de Dieu accompagnant la Vierge accablée par la douleur.




Sacrifice d’Isaac (chasuble)


Abraham Isaac Ange Autel Buisson ardent Encensoir

Né d’Abraham, centenaire, et de Sara, nonagénaire, Isaac est la descendance promise et l’hériter de l’Alliance de Dieu avec son peuple choisi.

Abraham accepte d’offrir en sacrifice son fils, tant désiré et aimé, pour obéir à Dieu mais l’ange du Seigneur, la voix de Dieu, l’arrête au dernier moment et lui désigne un  bélier pris par les cornes dans un buisson et qui sera sacrifié à la place d’Isaac. Aimer Dieu plus que tout et Lui obéir : voici le symbole. 

Dieu ne veut pas des sacrifices d’enfant : voilà le signe fort donné à une époque où cela se pratiquait de façon ordinaire.

Encensoir symbolise la prière qui monte vers Dieu. Le bois du feu annonce le bois de la Croix : le Christ est sacrifié par le refus des hommes et pour sauver l’humanité qui écoute la Parole de Dieu.  

La samaritaine





La Samarie était un Etat hostile à la Judée encore au temps de Jésus : le Christ s’adresse à une Samaritaine, à côté du puits de Jacob. L’amour du prochain s’exerce même envers ceux qui sont réputés hostiles alors qu’ils sont prêts entendre la Parole de Dieu. Il y a eu des non juifs parmi les premiers Chrétiens.

Sainte Famille


En personnes centrales, se trouvent Marie avec Jésus et, dans le fond, Joseph. Sur le côté, figure Zacharie tenant Jean le Baptiste avec, à ses côtés, Elisabeth. Un ange porte une couronne de fleurs, les grâces reçues par Marie. 

Et ce tableau a été  inspiré par la toile de Raphaël :


Mariage mystique de Catherine de Sienne


Catherine de Sienne (1347-1380) fut canonisée en 1461, proclamée patronne secondaire de Rome en 1866, patronne de l'Italie en 1939 et docteur de l'Église en 1970. Sa fête est fixée au 29 avril.

Religieuse italienne, célèbre par son action durant le Grand Schisme et par ses expériences mystiques.

Avant-dernière de vingt-cinq enfants, Catherine Benincasa naquit à Sienne probablement le 25 mars 1347 : d’un père, teinturier et d’une mère, fille d'un poète. Catherine avait six ou sept ans quand le Christ lui apparut. Depuis son plus jeune âge, elle menait une vie de mortification et de prière. 

A vingt ans, elle fut admise parmi les tertiaires dominicaines. Sa renommé s’étendit fort loin et elle groupa ses disciples dans une « famiglia » réunissant des Dominicains, des Franciscains, des religieux d'autres ordres et des laïcs, pour la plupart des nobles qu'elle avait convertis. 

Catherine reçut les stigmates de la Passion. Elle se mit à prêcher une croisade contre l'Islam, mais la querelle quant au statut des États pontificaux la détourna de cette entreprise. Elle se rendit à Avignon pour convaincre le pape Grégoire XI à rentrer à Rome à la fin de 1376. La mort du pape (27 mars 1378) fut suivie successivement de l'élection tumultueuse d'Urbain VI et du Grand Schisme d'Occident.

Catherine  a pris fermement parti pour le pape de Rome, mais son action ne mit pas fin aux divisions. Elle mourut peu de temps après.

Son influence en tant que mystique a marqué son temps. Ne sachant pas écrire, elle a dicté de nombreuses lettres ainsi que son célèbre Dialogue  entre le Père éternel et la sainte qui comporte de sévères réprimandes contre les mœurs du XIVe siècle. Ses propos sont ponctués d’élans d'amour passionné pour l'Église et le salut des âmes. Catherine y expose une théologie très développée sur les vertus, le péché et son châtiment, la pénitence et le Verbe incarné. 

Au Musée du Louvre, il existe un mariage mystique de sainte Catherine de Sienne de Fra Bartolomeo della Porta. Le Christ sur les genoux de la Vierge passe l’anneau d’alliance au doigt de sainte Catherine la mystique.

Un(e) mystique chrétien(ne) est une personne vivant sa Foi de façon intérieure et dans la plénitude : elle se met à l’écoute et se nourrit  de la Parole de Dieu en vivant les sacrements dans cette communauté que forme l’Eglise. Extases, lévitation, stigmates, visions sont pour quelques-un (e)s des manifestations extérieures de cette vie mystique, mais qui ne sont pas essentielles : ce sont des signes pour l’Eglise. Pour résumer, un mystique chrétien vit en communion ou union perpétuelle avec le Christ : c’est une rencontre immédiate et intérieure avec Jésus.

Saint Antoine de Padoue 


Fêté le 13 juin, il a été un grand prédicateur.

Né à Lisbonne en 1195, il est un contemporain de saint François d’Assise. A la naissance, il se prénommait Fernando. De famille noble aux traditions militaires, il entra tout jeune chez les Chanoines Réguliers de Saint Augustin, à Coïmbra où il fut ordonné prêtre. En 1220, quand les restes des premiers martyrs franciscains furent ramenés du Maroc au Portugal, il entra chez les Frères Mineurs et prit le prénom d'Antoine. Il désirait lui aussi aller au Maroc afin d'y mourir martyr. Tombé malade pendant le voyage, il dut rentrer en Europe. 

En 1221, il est à Assise au chapitre de l'Ordre et ses frères découvrent alors ses talents de prédicateur et de théologien. Ayant remplacé au pied levé un prédicateur empêché, il étonne ses frères qui, désormais, l'envoient prêcher alors qu’il s’occupait à balayer. Avec la permission de saint François, il enseigne à Bologne, Toulouse, Montpellier et Limoges. A Brive-la-Gaillarde, le souvenir des grottes - où il se retira quelque temps dans la prière solitaire - demeure. C'est aussi dans cette ville qu'il retrouva miraculeusement un manuscrit dérobé, y gagnant du même coup sa spécialité posthume à faire retrouver les objets perdus. 

La fin de sa vie est dominée par la prédication où il excelle. Il se trouve à Padoue pour prêcher le Carême en 1231. C'est là qu'il meurt d'épuisement à 36 ans, dans cette ville qui le vénère et qui lui donne son deuxième nom, saint Antoine de Padoue. 

Il est Docteur de l'Église, mais la piété populaire préfère en lui l'intercesseur efficace pour retrouver les objets perdus.

Sainte Bernadette 


Bernadette Soubirous naquit au moulin de Boly, au pied du château fort de Lourdes, le 7 janvier 1844, de François Soubirous, meunier, et de Louise Castérot. 

Elle avait 14 ans lorsque la vierge Marie lui parla et lui demanda d’être sa messagère, en février 1858. 

En 1854, le Pape Pie IX avait promulgué le dogme de l’Immaculée conception, c’est-à-dire que dès sa naissance, Marie a été préservée de tout péché. Or Bernadette, ne comprenant pas ce qu’est et ce que signifie l’Immaculée conception, rapporte les propos de Marie qui confirme le dogme. Voici comment cela se produisit :

Elle rentrait alors de Bartrès, où elle avait passé quatre mois chez sa nourrice. Elle habitait alors avec ses parents, ses frères et sœur dans une profonde misère au Cachot. Elle était simple et de santé fragile, mais pleine de bon sens et de joie de vivre. Elle désirait plus que tout faire sa première communion. 

Le 11 février 1858, alors qu’elle était partie chercher du bois avec sa sœur et une voisine près du rocher de Massabielle, dans la partie supérieure de la grotte, lui apparaît une belle Dame vêtue de blanc. Jusqu’au 16 juillet, elle eut 18 apparitions. La plus importante de toutes fut le jeudi 25 mars, fête de l’Annonciation où la Vierge Marie se présenta à elle comme étant « L’Immaculée Conception ».

Sainte Bernadette devint célèbre. Des miracles se produisirent devant la grotte de Massabielle. Encore de nos jours, des malades y trouvent la paix du cœur (guérison spirituelle) et quelques-uns, en plus, la guérison physique... Mais la petite bigourdane choisit de se retirer du monde. Elle partit pour Nevers où elle vivra avec ses sœurs dans l’humilité et la prière, la souffrance aussi car loin de Lourdes et de la grotte de Massabielle, devenu depuis lors un lieu de pèlerinage mondial. 

Elle mourut le 16 avril 1879 et fut canonisée en 1933.


La Vierge telle qu’elle est apparue à Bernadette.

Saint Joseph 


Il est fêté le 19 mars. Modèle de paternité, il est le protecteur de la famille.

« C'était un juste » selon l'évangile de saint Matthieu, chapitre 1, verset 19. Les évangélistes ne nous ont conservé aucune parole de ce « juste », le charpentier de Nazareth en Galilée, fiancé de Marie, la Mère de Dieu, époux aussi discret que fidèle et chaste de cœur (union harmonieuse du corps et de l’esprit, libérant le cœur pour mettre en œuvre la Parole de Dieu, en toute confiance). Père nourricier et éducateur de Dieu le Fils, Jésus devenu homme parmi les hommes de ce village, il exerce tout simplement sa paternité. 

L'ange lui avait dit: « Ne crains pas de prendre chez toi, Marie, ton épouse. » et Joseph prit chez lui Marie son épouse. L'ange lui avait dit : « Lève-toi, prends l'enfant et sa mère » et Joseph se leva, prit l'enfant et sa mère et s'enfuit en Égypte : ainsi Jésus échappa au massacre des Innocents. Joseph, en vrai fils d'Abraham, croit et fait ce que Dieu lui dit. 

Lorsque Jésus disparaît pendant trois jours lors du pèlerinage à Jérusalem, Joseph accompagne la quête de Marie: « Ton père et moi nous te cherchions. ». Dieu savait à qui il confiait son Fils unique et sa Mère, à l'homme le plus capable au monde d'être la parfaite image du Père.  

La paternité est une des réponses à la loi d’Amour, donnée par Dieu.

Marie


Mère du Sauveur qu’est Jésus, Fils de Dieu, elle est présente dans toutes les églises catholiques et orthodoxes.

Sculptures, peintures, poésies, compositions musicales, grands textes littéraires illustrent les grands moments de sa vie et aussi les différentes façons avec lesquelles Elle est apparue à certaines personnes. C’est la raison de la richesse de ses diverses représentations : Vierge à l’enfant, Vierge couronnée, Sainte Famille, Pietà, Vierge de Lourdes, Vierge des Douleurs, Vierge de l’Assomption, etc.

Marie est un modèle de foi, d’humilité et de vie spirituelle. Dans les Evangiles, Elle a une fonction distincte et complémentaire avec les disciples du Christ: c’est pourquoi Elle est la Mère de l’Eglise. Marie est vénérée, car Elle nous fait mieux comprendre ce qu’est la Trinité, en tant qu'enfant de Dieu, mère du Christ et épouse de l'Esprit Saint.

Sacré Cœur de Jésus


Cette statue symbolise l’amour de Jésus pour tous les hommes : il ouvre et donne son cœur jusqu’à donner sa vie. Il est fêté le vendredi qui suit la fête du Saint Sacrement.

La dévotion au Sacré Cœur  s’est développée au XIIIe et XIVe siècle sous l’impulsion des mystiques. Les Jésuites lui ont donné une plus grande importance au  XVIIe siècle. Une visitandine Marguerite-Marie Alacoque a eu plusieurs visions de 1673 à 1675 : cette dévotion a pris un nouvel essor et a donné lieu à des dévotions particulières.

En 1856, cette fête a été officiellement instituée. En 1899, le Pape Léon XIII a consacré le monde au Sacré Cœur. Le Pape Pie XI a placé cette fête au même rang que la solennité de Noël. 

Les dévotions au Sacré Cœur se pratiquent plus particulièrement le vendredi. Une tradition populaire bien implantée voulait qu’une communion lors de neuf vendredis consécutifs fut une source de grâces spéciales. Il est d’usage dans certains foyers chrétiens d’allumer une bougie devant une reproduction du Sacré Cœur de Jésus chaque vendredi. 

Antoine Schülé

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