Document 1862 : Défense du défilé de Chillon
présenté par Antoine Schülé.
Plusieurs articles de mon blog (Léman et la guerre, Défense ouest de la Suisse, Neutralisation de la Savoie, Plan suisse et français de défense de la Savoie) ont suscité des demandes de mes lecteurs. Principalement, deux secteurs géographiques suscitent vos questions ou le désir d’en savoir plus : Chillon et Saint-Maurice. Ancien officier d’infanterie des troupes de forteresse, je souhaite vous répondre par un nouvel article sur ce blog, en me basant sur un document de 1862 qui révèle une analyse géographique et militaire du défilé de Chillon. Pour Saint-Maurice et Dailly, je vous réserve un autre article ultérieur.
Chillon est une modèle défensif sur le temps long, car depuis le Moyen Age jusqu'à la Seconde guerre mondiale, ce site a connu de multiples extensions, en raison de sa position stratégique.
Trop souvent, un château est apprécié uniquement pour sa beauté esthétique, ses caractéristiques architecturales, le prestige de ses possesseurs. Par contre, il s’oublie trop facilement que l’implantation d’un château-fort s’inscrit dans une défense territoriale qu’il convient d’apprécier. L’idéal serait de se rendre sur le terrain et constater par soi-même la pertinence ou la non-pertinence des conclusions tirées des observations établies par des hommes de guerre. Actuellement, nous avons l’avantage d’avoir des vidéos sur les zones concernées et je vous invite à les rechercher sur Internet. Ce type d’analyse militaire ne repose pas sur une croyance, mais sur un constat visuel précis. Un exemple pratique me paraît préférable à toute théorisation et c’est la raison pour laquelle je vous livre le document qui suit.
En 1862, E. Cuénod (Premier sous-lieutenant du Génie fédéral) a établi un rapport de reconnaissance, riche en informations aussi bien pour un officier de nos jours que pour un curieux de géographie militaire : analyse du terrain, choix de positions d’artillerie avec croisements des feux et travaux de génie pour l’implantation de batteries.
Une fois de plus, je vous invite à lire cet article avec une carte, pour ce sujet celle au 25 000 serait préférable. Il s’agit d’un document manuscrit (dont on remarque la beauté calligraphique) avec des plans fort précis (voir le cliché).
Archives fédérales (Berne), Fonds E27 N° vol : 12 775
Rapport spécial sur la défense du défilé de Chillon
Deux défilés sur la route du Simplon 1° Saint-Saphorin 2° Chillon.
Entre Lausanne et Villeneuve, la route du Simplon longeant le bord du lac Léman au pied de monts escarpés, forme deux défilés.
Le premier de ces défilés s’étend entre Cully et les Gonettes sur une longueur d’environ une lieue. Il est formé à gauche par les escarpements du Jorat, à droite par le lac, dont les eaux viennent battre en plus d’un endroit les murs de soutènement de la route. Le seconde défilé se trouve entre la colline des Bassets et Villeneuve. Il a une lieue et demie de longueur; les montagnes élevées qui le dominent ne permettent pas de le tourner aussi facilement que le premier. C’est aux abords du château de Chillon qu’il est le plus resserré; en cet endroit, comme on le verra plus loin, il n’y a place entre la montagne et le lac que pour la route et le chemin de fer.
Moyens de tourner le défilé de St. Saphorin
Le premier défilé, que j’appellerai défilé de St. Saphorin, du nom du village qui occupe à-peu-près le centre, peut être tourné de deux manières :
1° Par le chemin montueux, il est vrai, mais praticable à toutes les armes, qui de Cully conduit par Epesses à Chexbres où l’on rejoint la route cantonale de Moudon à Vevey.
2° En prenant dès Lausanne la route de 2eme classe qui se dirige sur Oron et rejoint aux Cornes-de-Cerf la susdite route cantonale, d’où l’on redescend sur Chexbres et Vevey.
Sa défense n’est pas nécessaire.
Par ces deux moyens on rejoint à une demi-lieue de Vevey la route du Simplon, le point de jonction de cette route avec celle de Moudon étant aux Gonettes, c.à.d. au débouché du défilé. Sa défense n’est donc pas nécessaire. Elle l’est d’autant moins que c’est le défilé de Chillon qui est le plus exposé à être attaqué et que dans ce cas il serait beaucoup plus probablement secouru, depuis l’intérieur de la Suisse, par Fribourg que par Lausanne. Or la route de Fribourg à Vevey atteint celle du Simplon à l’ouest de Vevey, à l’entrée de la ville et laisse par conséquent le défilé de St. Saphorin entièrement de côté.
Batteries aux Gonelles et à l’Arabie
Mais si le défilé lui-même n’est que d’une faible importance, son débouché, voisin de ceux des routes de Fribourg et de Moudon, en a beaucoup. Je proposerai donc d’user aux Gonelle des moyens de défense dont on peut se dispenser entre ce point et Cully, et d’assurer les communications entre les Gonelles et Vevey par l’établissement, dans ces deux localités, de deux batteries de côtes, armées chacune de 4 à 6 pièces de fort calibre. La première batterie serait placée aux Gonelles même, où l’on est à portée des chemins de retraite sur Chexbres et sur Corseaux. La seconde profiterait de la saillie que fait le rivage à l’embouchure de la Veveyse, au lieu dit en L’Arabie. Ces emplacements sont d’un accès facile et s’approprieraient aisément à notre but. Chaque batterie aurait deux faces, l’une tirant au large, l’autre croisant ses feux avec la face correspondante de la batterie voisine, serait à même de tenir l’ennemi à 2 kilomètres environ de la route.
Description des rives entre Vevey et Villeneuve Examinons maintenant la côte et les moyens de communication entre Vevey et Villeneuve :
Sur ce parcours le rivage présente une série de promontoires. D’abord ceux de la Pointe de Peilz et des Bassets, puis ceux que forment les cônes d’éboulement des quatre torrents suivants: la Baye de Clarens, la Baye de Montreux, la Veraye et la Tinière.
Communications entre Vevey et la Baye de Clarens
De Vevey à la Baie de Clarens, le pays quoique fort accidenté, est cependant assez ouvert pour offrir, dans la direction de Montreux et de Villeneuve, un certain nombre de chemins. Ce sont :
1° La route du Simplon, peu exposée jusqu’à Merlet, mais qui depuis cet endroit est en défilé jusqu’au-delà des Bassets, à quelques cent pas de la Baie de Clarens. Ce petit défilé des Bassets peut être aisément tourné par
2° le chemin qui de Merlet va traverser la Baie de Clarens sur le Pont de Tavel. Ce chemin complètement à couvert est praticable à toutes les armes.
3° le chemin de fer, assez éloigné et élevé au-dessus du lac pour n’avoir que peu à redouter d’une flottille ennemie.
4° le chemin de la Tour de Peilz à Tavel par Burier.
5° Celui de la Tour à Chailly par la Doge, qui rejoint le précédent non loin du sus-dit pont de Tavel.
Ces derniers chemins sont plus longs que la route mais complètement hors de la vue et d’un ennemi qui occuperait le lac et, de plus, capables de suppléer à la grande route. Enfin, ils sont rejoints, à ce même hameau de Tavel, par le chemin qui depuis Châtel-St-Denis passe sur la rive gauche de la Veveyse, longe le pied des Pleïades et se dirige depuis la Chiésaz (St Légier) par Chailly sur Clarens.
Pas de travaux de défense entre Vevey et la Baie de Clarens
Il résulte de là: que non seulement le défilé du Bassets, mais toute la portion de route entre Vevey et la Baie de Clarens peuvent être tournés, qu’il serait par conséquent inutile d’y faire des travaux pour la défense des côtes, qu’enfin ce n’est qu’aux abords du village de Clarens que commence le défilé de Chillon.
Communications entre Clarens (Tavel) et Villeneuve
Les voies de communication depuis cette localité dans la direction de Villeneuve deviennent de moins en moins nombreuses et faciles. Outre la grande route, assez exposée en certains points où elle s’abaisse jusqu’au niveau du lac, et le chemin de fer qui ne commence à l’être qu’au-dessous de Veytaux, il n’y a qu’un seul chemin par lequel on pourrait éviter le bord du lac. C’est celui qui depuis Tavel conduit à Montreux par le Haut de Vernex (Vuarennes). A Montreux il se bifurque: un rayon récemment construit va rejoindre la route du Simplon vers le Passage à niveau du cimetière de cette paroisse tandis que l’autre branche passant par Collonge va à Veytaux pour de là se confondre près de Chillon avec la route qui depuis ici, comme nous l’avons dit, est avec le chemin de fer le seul passage par terre qui conduise à Villeneuve. Le seul moyen de tourner ce défilé serait de prendre les sentiers longs et difficiles de Jaman, de l’Hongrin et du col de Chaux, moyen que nous ne discuterons pas.
Les mesures défensives s’étendront sur la partie de côtes comprise entre Clarens et les environs de Villeneuve.
C’est donc sur cette portion du défilé que nous concentrerons nos forces, non seulement parce que c’est le seul passage praticable, mais aussi parce que c’est là que la route et le chemin de fer sont le plus exposés, vu leur peu de hauteur au-dessus du lac. En outre, comme le chemin de Tavel à Veytaux, par la hauteur, est trop étroit pour satisfaire à tous les besoins de la circulation, il importe de nous le conserver dès le village de Clarens, par la grande route, en établissant une batterie à Clarens même, point d’ailleurs fort important comme débouché de tous les chemins qui depuis Vevey viennent aboutir au Pont de Tavel et de là rejoindre la grande route.
Conditions pour le choix d’emplacements de batteries de côtes.
Les lignes qui suivent donneront le résultat de l’examen que j’ai fait de cette portion de côtes au point de vue de l’établissement de batteries. J’ai choisi les emplacements les plus favorables tant par leur position avancée que par la configuration du sol, la facilité d’accès et leur position réciproque. Je me suis placé aussi bas que possible pour faciliter le tir à ricochet, tout en restant hors des atteintes des eaux du lac. Enfin j’ai compté pour déterminer les points de croisement de feux sur une protée de 1200 mètres au moins et de 2000 mètre au plus.
Positions proposées pour des batteries de côtes.
Les points saillants du rivage qui m’ont paru remplir le mieux toutes les conditions sont :
1° L’endroit appelé La Raisse, entre Clarens et l’embouchure de la baie de ce nom.
2° La pointe appelée Le Trait de Baye, formée par l’embouchure de la Baie de Montreux et située immédiatement au-dessus de ce village.
3° L’emplacement du château de Chillon (sauf la condition de hauteur).
4° La position des Grangettes, sur la seule partie non marécageuse des rives entre le bourg de Villeneuve et l’embouchure du Rhône.
Les trois autres points, des Bassets, de la Veraye et de la Tinière ou ne se prêtent pas à l’établissement de batteries ou ne sont pas nécessaires à la défense du défilé. Aux Bassets, en effet, le rivage est inabordable. A la Veraye, le terrain est trop escarpé au bord du lac et la position est plus reculée que Chillon. Enfin pur l’occupation des Grangettes, la Tinière perd beaucoup de ses avantages et est rendue inutile.
Examinons maintenant chacun des emplacements de batteries proposés.
Description des positions
Voir le levé N° 1 Batterie de Clarens (la Raisse)
L’emplacement le plus favorable est situé un peu à l’ouest du village à moitié distance entre celui-ci et l’embouchure du torrent, dans une propriété qui fait une légère saillie sur le rivage. On y arrive depuis la grande route par un chemin de 3.60 m de largeur, légèrement en pente, qui peut être considéré comme la continuation du chemin de Billardens (voir le plan) par lequel la retraite devra s’effectuer si elle se fait sur Tavel. Notre emplacement n’est qu’à 1500 mètres de distance directe de la pointe du trait de Baye et fort bien placé pour protéger tout le golfe de Vernex en croisant les feux de sa batterie avec ceux du Trait, ainsi que pour battre le lac au large. L’épaulement que l’on construirait ici devrait donc avoir deux faces, tirant dans ces deux directions et chacune d’elles devra avoir assez d’étendue pour permettre de placer en ligne les 4 pièces dont je propose d’armer cet ouvrage.
Voir le levé N° 2 Batterie du trait de Baye (Montreux)
La localité ainsi nommée est la pointe la plus prononcée de toute cette partie de la rive. Cette positon avancée offre un terrain presque horizontal, près du lac, où l’on arrive par deux bons chemins de 3 m à 3,60 m de largeur, aboutissant à la route du Simplon, éloignée du rivage environ de 150 m. Ces avantages, joints à la proximité de Chillon, c’est-à-dire de la partie la plus faible du défilé, feront d’une batterie établie en ce point l’ouvrage le plus important pour sa défense. Il devra être armé de 6 pièces au moins et avoir trois faces, l’une pour croiser devant Chillon, l’autre pour battre le large dans la direction de l’embouchure du Rhône; la troisième croiserait avec la face correspondant avec de la batterie de Clarens. L’emplacement choisi est indiqué sur le croquis; il est à peu-près à mi-distance de l’extrémité des 2 chemins d’accès, dans les vignes du bord du lac qui en sont séparées par un mur de soutènement de 1.50 m de hauteur au-dessus des eaux moyennes. On est donc à l’abri des eaux du lac et l’on a la vue découverte dans toutes les directions.
La premières des faces de la batterie du Trait tire dans la direction de celle des Grangettes. Le feu de ces deux ouvrages jouera vis-à-vis de la position de Chillon le même rôle que les flancs des deux bastions vis-à-vis de la courtine du front dont ils font partie. Mais comme les Grangettes sont à 4000 mètres du trait, les deux faces en question ne seront capables de fermer complètement l’entrée du golfe qu’à la condition que leur portée efficace atteigne 2000 mètres. Or cette distance étant le maximum de portée que j’ai admis, il est nécessaire de battre l’intervalle qui resterait libre et qui serait de 1000 mètres en supposant une portée moyenne de 1500 mètres. C’est à quoi je destine la
3° Batterie de Chillon
D’autres motifs militent encore en faveur de l’établissement d’une batterie en ce point. Comme il l’a déjà été dit, c’est là que la route et le chemin de fer sont le plus exposés, c’est là que, ce dernier surtout est le plus près du niveau du lac, par conséquent c’est aussi sur cette portion des rives que se dirigeront les coups de l’ennemi; enfin, par cette même raison, c’est de cette position que l’on pourra répondre le plus directement aux bordées de ses bateaux.
L’artillerie de Chillon occupant le fond du Golfe n’aura à tirer que dans une seule direction principale. La ligne de feu de l’épaulement sera donc simplement une ligne droite, normale au rayon qui passe à mi-distance entre le Trait et les Grangettes.
Le seul emplacement que j’ai trouvé propre à recevoir quelques pièces de canon consiste en cette plateforme située à l’ouest du château, au niveau du chemin de fer, entre celui-ci et le lac. Encore présente-t-il, outre l’inconvénient d’être à 5 m au-dessus du lac celui d’avoir le champ de tir restreint par la saillie que fait le château sur le rivage. Enfin l’on ne pourrait y mettre commodément que 4 pièces de canon en batterie. Quant à l’accès, il est facile depuis le château en suivant l’emplacement de la seconde voie du chemin de fer. Il conviendrait d’examiner s’il y aurait moyen de mettre le château lui-même en état de défense du côté du lac, en pratiquant dans ses murs des embrasures à fleur d’eau.
4° Batterie des Grangettes
Ce qui a été dit de cette position en parlant des deux précédentes, fait suffisamment ressortir son importance ainsi que le rôle qu’elle a à jouer comme second bastion de la partie de côtes comprise entre Montreux et Villeneuve. Le choix de cet emplacement a été déterminé par le fait que le terrain qui avoisine les fermes des Grangettes se trouve être le seul endroit non marécageux entre Villeneuve et les embouchures du Rhône. La batterie sera de même force que celle du trait, à laquelle elle fait pendant; elle sera donc armée de 6 pièces de canon. La longueur de chaque face sera comme à l’ouvrage de Trait de Baye, calculée de manière à ce que chacune d’elles puisse au besoin recevoir les 6 pièces. La face du milieu sera parallèle à celle du Trait qui lui correspond. A droite il y en aura une dirigée sur Chillon de manière à battre en-dedans de la ligne Trait-Grangettes et à prendre en revers toute embarcation qui aurait forcé le passage de cette ligne. Enfin en troisième face battre au large dans la direction de la pointe du Bassets.
Le feu sera très rasant, le terrain étant élevé de 1.20 m tout au plus, au-dessus des eaux moyennes. L’emplacement est à 200 m environ à l’est des deux premières maisons ou fermes, sur une saillie du rivage protégée par un reste de mur. Lorsque les eaux sont basses on y arrive directement depuis Villeneuve, à travers le marais, par un chemin qui pourrait à peu de frais être rendu praticable à l’artillerie. Dans le cas contraire il faut fire le détour par Noville. Le chemin sera en tout cas celui de la retraite sur Bex et Saint-Maurice. Aussi l’établissement d’une batterie aux Grangettes n’est-il admissible que dans la supposition où sa retraite sera assurée par un ouvrage fermé, indépendant, placé à proximité ou bien par une tête de pont à la Porte du Scex, destinés à s’opposer au passage de l’ennemi sur la rive droite du Rhône.
Il résulte de ce qui précède que l’armement des batteries de Clarens, du trait de Baye, de Chillon et des Grangettes exige un minimum de 20 pièces d’artillerie en y compreannt celles des posiitons des Gonelles et de l’Arabie (Vevey), d’une importance incontestable pour la défense de la contrée dont nous venons de nosu occuper.
Genève, le 20 mars 1862
E. Cuénod
Ier sous-lieutenant du Génie fédéral
Vu et approuvé
Genève 22 mars 1862
Le colonel fédéral Inspecteur du Génie
L. Aubert
Fin du document.
Conclusion
La stratégie est un art et la tactique un autre.
Pour tout officier, même de nos jours, l’importance d’une reconnaissance précise du terrain est soulignée par ce document. Evidemment, il me sera objecté que ce document date et, avec raison, qu’il n’est pas adapté aux armements actuels. Ce raisonnement est bon pour l’artillerie, mais pour un officier d’infanterie, il est encore utile: postes d’observation (en plus de ceux de la forteresse -même désarmée- ou du château de Chillon lui-même), positions d’armes anti-char engageables et dommageables pour des bateaux, axes à contrôler, points de barrage envisageables, axes de repli à ménager, zones à contrôler par des drones contre le sabotage des routes et du chemin de fer... tout en sachant que l’appui de l’armement nouveau existe à un niveau supérieur aussi pour la défense !
L’axe autoroutier actuel est fragile militairement avec ses piliers et ses tunnels, mais il est facile d’intégrer ce paramètre dans la réflexion.
J’y ajouterai deux éléments : les corrections actuelles des eaux du Léman à date régulière, ainsi que les variations des eaux de façon plus précise; les conditions climatiques (comme le brouillard favorable à l’attaquant), limitées cependant avec des nouveaux moyens de surveillance. En amont, la maîtrise des barrages alpins est capitale pour le Léman comme toute la vallée du Rhône.
De toute façon, il faudra toujours des hommes sur le terrain. N’oublions pas que la Suisse possède une configuration géographique très favorable à la défense pour qui sait l’utiliser judicieusement, hier comme aujourd’hui.
Antoine Schülé
La Tourette, le 31 mai 2026
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