samedi 7 février 2026

Art militaire médiéval : pour une première approche.

 Quelques perspectives sur l’art militaire au Moyen Âge

par Antoine Schülé

(Conférence donnée le 1er avril 1993, au CHPM)

Empire byzantin: évolutions dans le temps.

Introduction

Sans vouloir déflorer le sujet dès le début, je tiens, en quelques mots, à vous orienter sur l’approche que vous propose. L’art militaire médiéval est le résultat de la synthèse du choc de trois cultures : la mongole, l’islamique et la franque. La stratégie a atteint une complexité rare au sein de l’Empire byzantin qui a été confronté aux pratiques guerrières des Mongols, des Arabes et aussi de l’Occident européen, ce-dernier avec ses deux tendances, l’une de tradition franque prédominante et l’autre de tradition gréco-romaine décadente.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il est utile de délimiter dans le temps, cette période étiquetée “Moyen-Age” qui ne signifie pas grand-chose. Je n’aborderai pas les vaines querelles de spécialistes, pour savoir quand elle commence et quand elle s’achève. Retenons qu’en principe, le Moyen Âge s’étend de 476 apr. J.-C., chute de l’Empire romain d’Occident, à 1492, la découverte de l’Amérique. Dans une perspective propre à l’historien militaire, cette délimitation temporelle n’a pas grand sens. Il est préférable de débuter celle-ci avec la bataille d’Andrinople, en 378 apr. J.-C., et lui donner un terme avec le siège de Constantinople, en 1453. Pour cette étude, je respecterai ces deux dernières bornes temporelles. Pour ma part, je considère inutiles ces délimitations : sur la longue durée, il y a des ruptures et des continuités, des disparitions temporaires et des résurgences, des lignes fondamentales sous des transformations d’apparence et c’est cela qu’il importe d’analyser dans les évolutions de l’art de la guerre sur le temps long.

Évidemment en quelques minutes, parler de l’art militaire sur une période de dix siècles est une gageure. L’étude en est complexe, les écrits qui existent, oui, il y en a!, sont peu connus. Pendant de longues années et jusqu’en 1980, les batailles de cet espace-temps ont été délaissées. Le chercheur est habitué à travailler avec un schéma ou une norme: or, le charme des études médiévales est justement l’inutilité des grilles de lecture si faciles pour d’autres temps. La tâche est ardue, car la morphologie du combat médiéval a trouvé une multiplicité d’expressions.

Les raisons de cette difficulté d’approche sont nombreuses. Les traités militaires, ainsi qu’ils sont attendus de nos jours, sont rares. Les chefs de guerre cultivaient une tradition orale. Il s’agit d’une transmission d’expériences vécues dont quelques-unes nous sont révélées par des chroniqueurs  qui sont des clercs et des moines.

Les documents écrits ont dû être révisés selon les découvertes archéologiques et leurs moyens performants d’analyse: le médecin légiste réussit à faire parler des squelettes; des sites de fouille ont conservé une histoire réelle et abondante en informations qui ne se retrouvent pas dans les manuscrits. Remercions les archéologues qui ont sorti les hommes de plume des illusions de la pensée dite savante. Par habitude, la majorité des historiens militaires ont privilégié une étude comparative systématique entre l’Antiquité et les Temps modernes, en ignorant cette phase intermédiaire qui nous intéresse en ce jour. Ils sont désorientés lorsqu’ils ne sont pas face à un savoir réfléchi, organisé et constitué selon un encadrement hiérarchique soigneusement structuré. L’esprit médiéval pense autrement, il privilégie les réalités de la guerre et la souplesse du chef de troupes en une situation concrète. La forme importe peu dans le combat, contrairement à ce qui est attendu dans les joutes.

L’art militaire était réservé à une élite dont la spécialité était l’emploi des armes pour la défense. Au début du Moyen Âge, bien souvent, elle ne savait ni lire, ni écrire (prenez Charlemagne) : par contre, elle cultivait le don d’observation et les capacités de réflexion comme d’écoute, pour développer un esprit de décision, conforté par une foi religieuse très forte (chrétienne ou païenne), parfois non véritablement réfléchie, mais certainement vécue à travers des traditions. Quelques exemples qui seraient à développer : croire en Dieu, sans tenter d’expliquer ou de prouver son existence; pratiquer un rite religieux, sans en percevoir tout le sens profond; conserver une religion en raison de puissance unificatrice.

L’élite guerrière se reconnaissait soit par les hasards de la naissance au sein de la noblesse militaire (l’aîné prenait les armes avec plus ou moins de succès; le cadet entrait en religion, parfois par vocation et parfois par seul devoir familial), soit aux hasards des batailles (le combat révèle un homme de guerre; la promotion au mérite était là certaine). De façon générale, l’esprit guerrier se formait de deux façons complémentaires : d’une part, aux jeux d’adresse et de lutte, à la conduite et à la pratique de la chasse , aux concours équestres; d’autre part, à l’écoute des récits des anciens transmettant leurs expériences, des récits de l’antiquité, des sagas ou de la mythologie et, pour une minorité, des débats sur les négociations entre souverains. Il est à signaler que des hommes d’Église ou d’ordres monastiques sont assez régulièrement impliqués dans ces négociations (saint Bernard, sainte Hildegarde de Bingen, sainte Catherine de Sienne…).

Il conviendrait d’analyser d’un œil plus militaire l’abondante littérature de cette période : vous seriez étonné de la richesse d’enseignements militaires qu’elle renferme. L’aspect uniquement littéraire ou linguistique a trop prédominé dans les universités actuelles (années 1980). L’esprit guerrier était nourri de façon régulière et intense. Oui, il y a un nombre limité de traités de tactique, par contre se transmettait une meilleure connaissance du vécu guerrier. De nos jours, nous vivons le phénomène inverse, nous ployons sous l’abondance de traités et d’études militaires, mais trouver une âme de guerrier dans nos troupes est une tâche difficile!

Quelle est la spécificité de l’art militaire au Moyen Âge ?

En ce millénaire médiéval, l’utilisation du cheval à des fins guerrières est à son apogée, jusqu’à l’apparition des armes à feu. Il se remarque que de nombreuses innovations techniques et tactiques sont apparues au Moyen Âge et ont été attribuées, bien à tort, à la Renaissance.

L’Occident bénéficiera de trois inventions des Avars (ce nom signifie « exilés », car les Turcs les ont vaincus) dans l’art équestre : emploi de selles plus hautes, pour assurer une meilleure assiette au cavalier; des équipements apportant une meilleure maîtrise du cheval et l’emploi d’étriers. Des Mongols, une nouvelle formation de cavalerie sera promue en Occident : engagement de la masse de cavalerie en triangle. Gengis Khan a mis au point une stratégie redoutable qui privilégiait la manœuvre rapide et les qualités offensives, sans être obsédé par la supériorité numérique.

La poudre à canon qui marque la séparation entre les guerres modernes et anciennes est une invention chinoise qui nous a été transmise par les Mongols qui ont expérimenté différents types d’explosifs contre les forteresses. Vers 1330, les « artilleurs » chinois se servaient d’armes déchargeant des projectiles propulsés par la poudre à canon. Il est curieux que l’esprit conservateur des souverains chinois a interdit le développement de ces armes à feu. Le perfectionnement de l’usage du canon s’est réalisé en Occident. Ainsi au XVIe siècle, les Portugais vendent à la Chine, aux empereurs Ming, les premiers canons mobiles et des armes à feu. Luther avait été troublé par la mise en œuvre de l’artillerie qu’il a considérée comme une invention diabolique.

De leurs expériences de guerre en Chine, les Mongols ont transmis à l’Occident l’emploi de char au combat (déjà bien connu en Égypte) : le char conduit par trois soldats est accompagné par dix fantassins, où sont incorporés probablement trois à quatre archers. À la lecture d’une chronique, Léonard de Vinci s’en inspirera pour imaginer un char de combat. Le XXe siècle concrétisera cette idée dite « révolutionnaire » qui n’est qu’une reprise, certes bien améliorée, d’un legs du passé qui ne finit pas d’évoluer au gré des découvertes scientifiques ! Mais revenons à notre sujet.

L’histoire romaine est la mieux connue au Moyen Âge et je vous signale quelques éléments qui y ont été retenus.

Sans beaucoup d’imagination, les Romains ont configuré la légion romaine à la phalange grecque. Au IIIe et au IIe siècle avant Jésus-Christ, les expériences de diverses batailles aboutissent à une articulation et une souplesse, propres à la manœuvre : la tactique manipulaire. Scipion l’Africain modifia son dispositif en cours d’engagement pour mieux placer sa cavalerie : il obtint ainsi la victoire décisive de Zama, en 202 av. J.-C.. L’Empire romain a subsisté aussi longtemps qu’ont été cultivés l’esprit d’offensive et la mobilité de la légion. L’esprit d’offensive était dû à une force morale, alors que la mobilité dépendait d’un réseau très vaste de communication (routes, ponts, ports, villes étapes pour la logistique). À partir du moment où les légions se sont identifiées aux provinces où elles tenaient garnison, l’esprit d’offensive s’était rapidement émoussé, en même temps qu’elles perdaient le sens de la mobilité. Lorsque l’Empire ne se préoccupa que de placer des postes aux frontières, il s’était cru suffisamment protégé par ce mur défensif. Un jour, il y eut des brèches dont ses ennemis surent tirer tous les profits : les légions n’assuraient qu’une défense en cordon et l’État ne disposait plus de réserves. Les grandes invasions pouvaient commencer. Le Bas-Empire avait perdu toute pensée stratégique, alors que leurs adversaires cultivaient la mobilité et privilégiaient une importante réserve en chevaux. Pour l’Empire romain, sa défaite d’Andrinople, en 378 apr. J.-C., devant la cavalerie wisigothique reste l’exemple le plus typique. Sans oublier qu’au même moment, les escadrons parthes et perses menaçaient les frontières romaines.

Ce bref rappel de la chute militaire romaine était important pour notre sujet, car les empereurs de Constantinople sauront analyser les raisons de cette défaite et, surtout, en tirer des leçons. Ils privilégieront aussi la mobilité : l’armée romaine n’avait que 10 % de cavalerie, alors qu’à Byzance, le pourcentage était de 40 %. La situation géographique de Byzance était une position idéale pour observer les réalités des champs de bataille et pour adapter sa défense en fonction de celles-ci. Sa force est dans la manœuvrabilité de sa cavalerie et de l’efficacité de ses cavaliers-archers, mais la cavalerie seule ne sert à rien, sans l’infanterie qui est le soutien et le prolongement indispensables de son action. Ses expériences de guerre sont remarquablement transmises dans le « Strategikon », attribué à l’Empereur Maurice qui a vécu de 539 à 602 et qui est devenu empereur en 582. Cet ouvrage connaîtra un succès retentissant puisqu’il sera constamment révisé jusqu’au Xe siècle. Là, j’attire votre attention sur cette particularité médiévale: un texte ne se transmet pas de façon figée, il s’enrichit des expériences qui sont survenues depuis sa première diffusion écrite et sans que, bien souvent, l’on sache qui en sont les auteurs. La fierté d’un rédacteur est dans son texte et le message qu’il entend transmettre, non dans son nom. J’en veux pour preuve, la masse d’écrits anonymes de valeur que le Moyen Âge nous a légués.

Maintenant que nous avons vu l’origine de la prééminence de la cavalerie qui subsistera durant tout le Moyen Âge, sous des formes très diverses, observons ses évolutions. Une diminution de la guerre de masse (pour cette époque qui ne peut être comparée au XXe siècle) se fera en faveur du chevalier armé : il est évident que la stratégie militaire subira des changements, non dans ses principes fondamentaux, mais dans sa pratique qui s’adapte aux innovations techniques; ce changement entraînera en corollaire un affaiblissement de l’esprit de défense. La conséquence la plus importante à retenir est que survient alors la fragmentation de l’autorité militaire qui correspond d’ailleurs à une fragmentation politique se traduisant dans les faits par une fragmentation territoriale.

De l’Europe orientale, une pensée militaire d’inspiration mandchoue se propagera en Europe occidentale : oui, vous avez bien entendu de Mandchourie ! Le représentant le plus typique est une personnalité comme celle de Gengis Khan (1162 à 1227). Son armée est devenue un modèle classique, basé sur une cavalerie légère, très mobile et rapide. Il lui accorde une grande autonomie en privilégiant le commandement décentralisé.

Gengis Khan et son sens de la manoeuvre

J’ouvre une parenthèse : de nos jours et dans nos pays européens, nous devrions nous en inspirer, avant que nous soyons complètement étouffés pratiquement et intellectuellement par un système législatif, hiérarchique et réglementaire complètement démesuré. Emploi excessif de l’ordinateur et production de tonnes de papier semblent être les critères décisifs de sélection des chefs de nos jours ! Je ferme cette parenthèse.

Gengis Khan adopte une pensée stratégique lucide et efficace : raids sur de grands fronts; colonnes très espacées, mais gardant une faculté de concentration lorsque nécessaire; larges manœuvres de débordement sur les arrières; engagement de la cavalerie dans une masse triangulaire; emplois de feintes et de ruses pour déstabiliser l’adversaire. La puissance des forces mongoles s’est construite aux moyens d’une organisation sûre, d’une discipline ferme et de la loyauté en toute circonstance. L’organisation dépendait de chefs véritables (le titre d’une fonction ne suffit pas, seule la qualité de son exercice prime).

Gengis Khan

La pensée militaire eurasiatique n’a pas attendu le XXe  siècle pour attirer notre attention. Cet espace qui s’étend de la Caspienne à la Mandchourie est le véritable berceau de la pensée militaire médiévale. Il est curieux que cet aspect ait été si longtemps occulté par des historiens, trop emprisonnés dans leurs schémas culturels enseignés.

Quelle caractéristique retenir de cette période pour établir une prospective ? Fondamentalement, il n’y a pas véritablement une lutte pour la possession d’un pouvoir politique : il y a une lutte entre les foyers sédentaires contre les irruptions nomades, motivées pour des raisons diverses. Nous sommes face à des causes de guerre qui sont encore d’actualité: migrations dues à des famines ou des conditions climatiques défavorables, des précarités financières ou des épidémies, frontières artificielles, non-respect des peuples autochtones, oppositions entre bergers et agriculteurs…

Avec le Moyen Âge, nous découvrons les mille et une manières d’employer la violence armée pour des raisons offensives comme défensives. Nous retrouvons les textes fondateurs de stratégies, encore employées de nos jours. Pour ma part, je perçois comment des civilisations ont pu se créer, vivre et mourir pour laisser la place à d’autres lorsqu’elles étaient atteintes dans leur substance en raison de causes aussi bien internes qu’externes.

Un aspect essentiel marque le Haut Moyen Âge : une bataille est considérée comme le recours ultime au jugement de Dieu. Jacques Duby, dans son livre « La bataille de Bouvines » l’exprime fort clairement : « Son rôle est de forcer le ciel à se déclarer, à manifester ses desseins, à montrer une fois pour toutes et de manière éclatante, incontestable, de quel côté se situe le bon droit. La bataille, comme l’oracle, appartient au sacré. » De même, Dieu rend son verdict dans le duel où les deux adversaires combattent jusqu’à ce que l’un d’eux soit s’avoue vaincu, soit trouve la mort. Si les deux meurent, le premier mort a perdu sa cause.

Évidement, le Moyen Âge a connu ses batailles décisives, comme notre XXe  siècle ses deux guerres mondiales. La première se constitue, en 636, des victoires arabes par encerclements à Yarmouk contre Byzance (Syrie) ainsi que leur victoire de Qadesiya contre les Perses (Irak, à la frontière iranienne). La deuxième est la conquête de Constantinople en 1453 par les Turcs et qui, finalement, profitera aux Vénitiens et aux Génois : une domination commerciale maritime succède à une domination militaire ! Ceci est une autre histoire.

Nous retrouvons des guerres usuelles en Europe :

Les guerres ritualisées, les conflits se limitent à des querelles entre seigneurs; les guerres à objectifs limités, des luttes pour le pouvoir sur un ou des États, avec une prétention religieuse ou antireligieuse (pensons à Frédéric II de Hohenstaufen); les classiques guerres de conquête, les hordes barbares venant de Mandchourie en Europe actuelle, avec volonté d’anéantissement de l’adversaire (pensons à Vienne et à sa défense); les guerres sans ménagement de l’ennemi, comme les guerres de religion où les actes violents appellent d’autres actes tout aussi violents (Bohême, Espagne, France en formation, Angleterre...). Par contre, pour les grandes guerres de masses populaires (de Napoléon à Mao), il a fallu attendre la révolution philosophique, augmentée ensuite par la révolution industrielle, en invoquant des principes mal assimilés de démocratie : quels progrès et quels massacres !

Les peuples nomades eurasiatiques

Empire mongol


Le cliché classique du Moyen Âge est celui du chevalier avec son armure, présenté tantôt comme le défenseur de la foi, tantôt comme l’oppresseur du paysan. Or le phénomène le plus important est l’irruption des Mongols au XIIIe siècle. Mettons nous des lunettes, à double foyer, pour observer un large espace sur la longue durée. L’Europe s’est fondée sur plusieurs héritages : le gréco-latin pour commencer; le judéo-chrétien dans un milieu de culture franque. Jusqu’au XVIe siècle, son adversaire a été le mone arabe puis l’Islam.

Du côté Europe, nous avons la France de l’Est, Byzance, la Russie, l’Ukraine, la Pologne, face à une masse eurasiatique avec les Huns , les Avars, les Magyars, les Turcs et les Mongols, avec en arrière-fond la Chine, la Perse, l’Asie Mineure et le Croissant fertile. Cette masse accorde une excellente formation à l’individu, spécialement l’archer à cheval. Lors de raids, elle allie le feu et le choc. Ainsi du IVe siècle au XIVe siècle, cette masse eurasiatique est le foyer perturbateur. Cet aspect joue un rôle sur l’existence des Croisades. Nous sommes face à des nomades de tradition essentiellement mongole et arabe.

Ils ont lutté contre la Chine des Hang. Jusqu’au Ming, la dynastie Yuan est mongole : il est bon de signaler que les Mongols ayant dominé la Chine se sont sinisés (de même, les Romains ont vaincu les Grecs, mais la culture grecque a prédominé). L’action la plus dévastatrice des Mongols est du XIIe siècle, à la périphérie de la Chine : au Vietnam, en Birmanie et en Corée. Deux actions de débarquement au Japon ont échoué en raison de conditions atmosphériques défavorables. La Perse est leur principale zone d’action : les invasions turques et mongols se succèdent.

Les tribus huns ont été la menace la plus durable dans le temps. Dès le VIe siècle, avec les Huns et les Avars, Byzance a été menacée par les vagues nomades; il y eut ensuite les Magyars, les Turcs seldjoukides (de l’Anatolie à l’Asie centrale) et Turcs ottomans (Turquie actuelle jusqu’aux confins de l’Autriche, avec le Nord de l’Afrique par moments), jusqu’à la chute de Constantinople en 1453. À la veille de la chute de l’Empire romain, les Huns arrivent, avec Attila, après avoir ravagé la Russie, la Pologne et l’Allemagne, jusqu’en France de l’Est (en Champagne, en 451, défaite d’Attila, le Hun aux Champs Catalauniques). Au IXe siècle, les Hongrois forment avec les Bulgares (VIIe au IXe siècle) et les Finnois, l’avancée la plus occidentale du monde de la steppe. Ainsi le plus vaste empire du monde a été constitué par les Mongols. Leur accroissement s’est achevé au milieu du XIIIe siècle, avec la mort du Grand Khan.

Un autre foyer perturbateur est créé encore par des nomades : les Bédouins d’Arabie. Il est curieux de constater qu’il s’écoule moins d’un siècle entre la mort de Mahomet en 632 et leur arrivée en Espagne en 722. Nier le rôle de la foi musulmane dans leur volonté de conquête serait une erreur. Considérons leurs succès : 1. Ils défont Byzance en Syrie et l’Iran; 2. Ils s’emparent de l’Égypte, puis du Maghreb; 3. Ils pénètrent le continent européen par le Sud-Ouest; 4. Ils atteignent l’Indus et les contreforts himalayens.

L’Islam se propage du VIe siècle au XVIIe  siècle en Asie, en Afrique et chez les tribus nomades des steppes.

Une autre expansion nomade de première importance pour l’Europe du VIIIe siècle au XIe siècle : les Vikings qui s’attaqueront à la France, à l’Angleterre et à la Sicile.

Et encore, n’oublions pas les Varègues qui investissent les fleuves russes.

De la pratique à la théorie

La théorisation de la guerre en Europe doit beaucoup à Végèce, mais encore à la Chine et à Byzance, avec Sun Zi et l’empereur Maurice.

Deux façons de combattre prédominent : 1. Attaque, retraite, enveloppement : c’est la technique des nomades de l’Asie centrale avec les archers à cheval; celle aussi des Arabes lors de leurs premiers assauts du VIIe siècle. 2. Charge en ligne pour créer le choc afin de provoquer une rupture : principe de la phalange des légions, des armées franques et des Croisés.

Trois traitements possibles et réservés aux vaincus : 1. Soit destruction quasi totale : terrorisme intégral (à la façon d’Attila); 2. Soit destruction partielle avec esclavage (besoin d’une main-d’œuvre à bas prix); 3. Soit destruction partielle avec une cohabitation, le conquérant se juxtaposant à la société vaincue (avec influences réciproques sur la durée).

Byzance

Empire byzantin

Portons maintenant notre regard sur cette partie orientale de l’Empire romain à l’origine. Après la chute de Rome, cet Empire byzantin a duré un millénaire, jusqu’en 1453. Mis à part Rome, Byzance fait partie des grandes cités avec Constantinople, Alexandrie et Tarse.

En prenant du recul, je suis étonné de percevoir des parallèles entre la stratégie de Byzance et la défense qui s’est élaborée en Suisse. En lisant la suite de cette conférence, je vous invite à garder cette remarque à l’esprit. Les mêmes circonstances (toute proportion gardée) suscitent des solutions semblables. En ce sens-là, leur étude est utile pour une prospective.

Cet empire a résisté aux assauts des Huns, des Avars, des Arabes, des Bulgares, des Russes de Kiev et, finalement, des Croisés. Les expériences acquises ont donné naissance à des ouvrages d’art militaire, très riches en informations. Trois noms prédominent : Maurice, Onosander et Léon VI.

Justinien (né en 482, empereur de 527à 567)

Formé au droit, à la rhétorique et à la théologie, il a exercé des fonctions officielles avant de devenir empereur. Ses forces : un grand savoir, une puissance de travail, une vie presque ascétique, puisqu’il est dit végétarien et buveur d’eau. Son épouse Théodora, ancienne actrice, sera son meilleur soutien lors de ses moments d’indécision et de ses crises de soupçon. Sa capacité se révèle dans le choix de ses collaborateurs, recrutés pour leurs compétences : Tribonien, le juriste; Jean de Cappadoce, préfet du prétoire et de deux hommes qui seront à la tête de ses troupes : Bélisaire et Narsès. Narsès est un eunuque, ancien trésorier impérial et il sera mis à la tête de l’armée en Italie pour la reconquérir en 553-554, mais en la ruinant complètement.

Justinien gère d’abord une crise interne de nature religieuse : l’antagonisme entre les catholique et les monophysites. Défendant la seule nature divine du Christ, les monophysites rejettent le Concile de Chalcédoine (451) qui affirme la nature humaine et divine du Christ (consubstantiel au Père). Ils ont le soutien de Théodora.

Militairement, pour défendre ses communications maritimes (notamment pour le ravitaillement en blé d’Egypte), il engage des troupes peu nombreuses, les Bélisaire où le 40 % sont à cheval (les fameux archers qui ont cette capacité de conduire leur monture et de tirer avec un arc) contre les Vandales, en Afrique du Nord.

Au moyen d’actions offensives, il a défait les Sassanides en Iran. En 540, le roi de Perse, Chosroês Ier s’était attaqué à la Syrie et au Caucase.

Plus tard, les Goths chassent les Grecs de l’Italie. Narsès conquiert l’Italie centrale et méridionale en battant les Ostrogoths. Sa combinaison gagnante : 1. les cavaliers-archers; 2. la cavalerie lourde (les cataphractes), héritage des Avars avec des lances; 3. l’infanterie et 4. en profitant d’une domination maritime qui facilite les déplacements de troupes.

Byzance a dû affronter des menaces sur plusieurs fronts lorsque les Berbères se soulèvent et que les Barbares, les Huns, les Slaves et les Avars franchisent régulièrement les frontières. Il dispose bien de forteresses, mais il manque d’hommes pour les occuper et il manque d’argent pour les entretenir. Hausses fiscales, crise financière et crise religieuse : ceci n’est rien de nouveau !

L’Empereur Maurice (empereur de 582-602)

Sa politique défensive marquera des siècles après lui. Face aux périls, Byzance adopte une politique dite offensive-défensive, c’est-à-dire en prenant l’offensive pour des motifs défensifs. La finalité de l’emploi de la force est davantage en faveur du maintien d’un statu quo ou dans le but d’écarter un danger que d’étendre une domination.

Intéressons-nous aux façons dont Maurice assure sa politique de défense. En distribuant des terres aux soldats des limes, en zones frontières, il assura la sécurité de celles-ci. Il constitue le système des thèmes qui se fonde sur une force armée locale, afin de contenir toute intervention étrangère, en attendant l’arrivée des renforts. Il crée une réserve stratégique. Il établit un réseau de points fortifiés dans les zones sensibles : c’est ainsi qu’une chaîne de plus de 50 forteresses défend le Danube. D’un point de vue tactique, Maurice s’inspire de l’expérience des nomades des steppes : il recherche l’enveloppement de l’adversaire et, par conséquent, il rejette le système linéaire avec pénétration par le choc. Ce modèle sera à la base de multiples développements qui causeront bien des difficultés à la féodalité occidentale qui, d’ailleurs et au final, adoptera cette tactique.

Soulignons que Byzance compte avant tout sur la diplomatie pour protéger ses intérêts. Pour elle, la guerre n’est qu’un dernier recours.

L’Empereur Héraclius (610-641) gagne contre les Sassanides en Iran en menant une campagne d’enveloppement et des prises à revers, facilitées par ses renforts qui arrivent par voie maritime. Leurs navires sont des dromons. Une arme redécouverte et aux effets fulgurants (c’est le moins que l’on puisse dire) apparaît : les feux grégeois. Ils seront utilisés avec succès contre la flotte musulmane en 677 et surtout lors du siège de Constantinople par les Arabes en 717-718, de même contre les Russes de Kiev en 941 et en 1043. Le livre de Madame Hélène Ahrweiler, intitulé « Byzance et la mer. La marine de guerre, la politique et les instituions maritimes de Byzance au VIIe- XVe s. » (Paris. 1966) mérite d’être lu, si vous souhaitez approfondir ce sujet.

Chez Maurice et Léon VI, l’ennemi n’est pas une abstraction : il est décrit, analysé dans ses comportements pour identifier ses forces et ses faiblesses, sa façon usuelle de combattre (sa « routine » comme nous dirions de nos jours). Le principe de base est « Connais bien ton adversaire pour le contrer. » Ils ont bien conscience de ce qui est valable pour tous les temps : face à des ennemis différents, ils n’y a pas une seule solution universelle applicable, il n’y a que des solutions adaptées à chaque configuration précise, ayant ses particularités. L’objectif est rarement d’anéantir son ennemi et plus souvent pour garder sa zone d’influence qui préserve ses frontières. L’Empereur Léon VI, dans son « Taktika », paraphrase Onosander et Maurice en les complétant.

Nicéphore Phocas (empereur de 963-969)

De noblesse terrienne, Nicéphore Phocas assure le commandement de l’armée byzantine d’Orient en 955. En reprenant Chypre et la Crète aux Arabes, il sécurise la Méditerranée pour le monde chrétien. En 963 , il est proclamé empereur. Il épouse Théophano, aussi belle qu’intrigante, la veuve de Romain II dont il a pris la succession à la tête de l’Empire. Il poursuit sa lutte contre les Arabes et prend le contrôle de la Cilicie et de la Syrie. Toutefois, il ne parvient pas à s’emparer de la Sicile. Le budget militaire le contraint à lever de lourds impôts. Il meurt assassiné par son neveu Jean Tzimiskès, à l’instigation de son épouse Théophano qui était devenue sa maîtresse.

Nicéphore Phocas a rédigé un traité sur la guérilla « De velitatione » qui surprend par sa modernité ! Il résume deux siècles d’expériences et une forme de combat très spécifique : celui des cavaliers byzantins protégeant la frontière cilicienne contre l’Islam. Ils ont nourri un esprit de corps particulier, en faveur d’un seul mode de combat, celui du harcèlement qui perdurera : par exemple dans l’empire des Habsbourg face aux Ottomans, avec les hussards hongrois, les pandours croates et les stradiots albanais. Ils formeront cette garde spécifique des frontières (Militärgrenze), créée dès le XVIe siècle et que l’on retrouvera jusqu’en 1869.

Récapitulons les méthodes de Byzance : une diplomatie forte; le recours aux stratagèmes; une très bonne connaissance de l’adversaire; l’usage parfois de la terreur (par exemple, Basileus II au Xe siècle contre les Bulgares). Retenons que la guerre est considérée comme un phénomène précis, se prêtant à une analyse rationnelle, que la stratégie d’usure et de démoralisation de l’adversaire est une composante majeure. Raisons fondamentales de son échec final : des intrigues au sein de la gouvernance; une noblesse militaire ayant réduit la paysannerie libre en servage, alors qu’elle était la meilleure source de recrutement d’hommes aptes au combat.

Que cela plaise ou pas, si l’Europe occidentale n’est point devenue musulmane au Moyen Âge, nous le devons à Byzance et à sa résistance couronnées de succès contre les Arabes. Quittons l’Europe orientale pour revenir dans nos pays.

Europe occidentale.

Au début du Moyen Âge et en Europe occidentale, l’esprit de manœuvre n’est pas aussi développé que dans sa partie orientale. Selon une tradition franque, l’entraînement aux armes se pratiquait intensivement. La valeur du combattant individuel prédominait. Nous en avons des témoignages dans les sagas. La noblesse (au sens originel de « notabilité ») s’obtenait par les armes. Tardivement, elle devint héréditaire et, pour certains, elle s’est corrompue en une noblesse de courtisans ou de fonctionnaires. Même la papauté a connu des périodes où un chapeau de cardinal s’achetait, un évêché devenait un bien de famille à transmettre aux héritiers ou à vendre…

Intéressons-nous à la noblesse des armes, la vraie car due à la pratique. Nous sommes bien loin de ces examens militaires de nos jours où le candidat à un grade est confronté à un questionnaire où 100 réponses sont demandées, mais n’est que trop rarement apprécié sur sa qualité de décision en des situations concrètes et précises : or, là est le seul critère de sélection utile. Les ordres de chevalerie et la noblesse naissante sont attachés à cultiver les forces morales. La rage du combat n’efface pas le respect dû à son adversaire quand lui aussi respecte les usages (traitement des blessés et des prisonniers). Les prêtres contribuent à une forme de civilisation de la guerre. Les rapines sont condamnées. Les populations civiles sont généralement ménagées. Des trêves sont obligatoires. L’emploi de la violence armée répond à des règles. Certes tout n’est pas idyllique. Jusqu’à la fin du Moyen Âge, des querelles entre pouvoir spirituel et temporel (entre seigneurs, rois ou empereurs et clergé ou papauté) entacheront cette forme de déontologie qui s’était installée.

L’opinion communément admise veut que jusqu’au XVe siècle, le choc de l’infanterie et de la cavalerie a prévalu sur le feu, mais, dans les faits, il s’agit de nuancer. Prenons la bataille de Nicopolis en 1396. Les chevaliers chrétiens sont confrontés à la masse ottomane qui utilise les armes à feu. Pourtant, celles-ci sont connues en Europe occidentale, mais la chrétienté ne les utilise pas au combat. La chronique d’un médecin de Franconie, Conrad Kieser, fournit des renseignements précis quant à ces armes. La cour de Bourgogne a une parfaite connaissance de cette nouveauté, car Jean Sans Peur avait été fait prisonnier à Nicopolis.

Cette percée technologique largement exploitée par les forces ottomanes les a rendus maîtres des Balkans, avec la conquête finale de Constantinople. Quelques années plus tard, la découverte de l’Amérique n’était qu’une action bien secondaire par rapport au choc de ce succès guerrier. Deux opposants s’engagent face aux périls turcs : les Habsbourg et la cour de Bourgogne.

Charles de Bourgogne est un génie militaire méconnu, à qui n’a manqué que la victoire. Comme l’Empereur Maurice, il a effectué des choix judicieux, selon des observations réalistes, sur les manières de conduire la guerre. Il a mis sur pied le prototype d’une armée nouvelle où le feu prend la supériorité. Il est curieux que des historiens, ayant contribué aux articles de l’Encyclopedia Universalis, affirment que l’Occident n’a pas compris la synthèse ottomane qui privilégie et le choc et le feu. Charles de Bourgogne a débouché sur la plaine de l’Orbe (Helvétie) avec 200 pièces d’artillerie : que faudrait-il de plus pour les convaincre de leur erreur ? Il a subi un échec en raison du manque de mobilité de ses troupes. Mal formées à la manœuvre et envahies par la panique, elles ont succombé au choc de la masse des Suisses qui les ont surprises. À Marignan, en 1515, les Suisses subiront la force du feu qui provoqua leur défaite.

En 1409, Jean Huss(ou Jan Hus) initie une nouvelle tactique, alliée à une puissante force morale, aux effets redoutables. Confronté aux Ottomans, un tacticien hussite, Jean Ziska, a mis en ouvre le « Wagenburg » ou “ Tabor hussite”: une muraille circulaire est formée avec une centaine de chars entourée d’armes à feu et contre laquelle la cavalerie adverse se trouvait bloquée.

Tábor se trouve en Bohême du Sud. Il est devenu un camp retranché depuis 1420 pour des radicaux millénaristes (pauvres des cités et des campagnes) qui proclament la communauté des biens, l'égalité absolue, la souveraineté du peuple et le sacerdoce universel. Le seigneur de Trocnov, Jean Ziska ou écrit plus justement Jan Žižka, unifie les “taborites”, troupes populaires, en une armée. Celle-ci se distingue par sa rigueur morale, sa discipline, son fanatisme, ses chants de combat et de prière. Jusqu'à sa mort en 1424, ce chef borgne puis aveugle, terrifie les Croisés par les manœuvres de ses célèbres chars et le tir des canons et des arquebuses que son infanterie manie aussi habilement que les fléaux et les piques. Les victoires remportées à Vitkov (devenue Žižkov, 1420), à Pankrác (1420), à Kutná Hora (1422) leur permettent de dominer toute la Bohême. À partir de 1426, Procope le Grand poursuit les chevauchées hussites en Allemagne, en Autriche et en Hongrie, au nom de leur foi.

Ces manœuvres se retrouveront non seulement lors de la Conquête de l’Ouest, en Amérique (plus d’un western en fait état), mais encore au XXe siècle. Comment ? me demandez-vous. C’est devenu un classique opérationnel. Les aérodromes sont conquis par des troupes héliportées, puis renforcées par des chars d’assaut, amenés par un pont aérien. Ainsi, l’aérodrome devient une citadelle difficile à réduire, au cœur du pays conquis.

Le sujet n’est pas épuisé, mais il est temps de conclure.

Conclusion

Pour cette présentation orale, je n’ai pas voulu vous surcharger de notes et de références. Mes propos sont sourcés. Voici les pistes à suivre selon vos intérêts avec les auteurs qui suivent :

Caton (234-149), Récits homériques, Anabase et Cyropédie de Xénophon, Commentaires de la Guerre des Gaules de Jules César. Végèce. Les livres de chasse. Les Sagas. Les chansons de geste. Les Chroniques. Les prestations de serment dans les ordres de chevalerie ou lors des anoblissements ou des couronnements. Le « Strategikon » de Maurice en 580 apr. J.-C.. Onosander, fortement influencé par Xénophon, dont la traduction sera mise à l’Index par les Jésuites, car il était utilisé par les opposants armés à l’Inquisition. Procope « Les guerres » est un témoignage passionnant sur les campagnes menés contre les Persans, les Vandales et les Ostrogoths, en 562 apr. J.-C. Léon IV, le « Tacticien » en 900 apr. J.-C. et il est apparenté au « Strategikon » de Maurice. Nicéphore Phocas (912-969) et son traité remarquable sur la guérilla. Liutprand, ambassadeur et évêque de Crémone (920-972) livre les mesures prises contre la flotte slave venant de Kiev par le Dniepr et la Mer Noir. Kristovoulos (1410) et la chute de Constantinople.

Le monde arabe a délivré une abondance d’écrits qui parviendront en Occident, de façon fragmentaire le plus souvent et à quelques particuliers (sans bénéficier de la diffusion de ceux qui précèdent). Le plus remarquable est sans aucun doute « Le livre des Ruses », datant du XIVe siècle.

À la lecture de ce qui a alimenté cette communication, j’arrive à une conclusion simple : L’efficacité du choc militaire dépend étroitement de la volonté politique susceptible de la mettre en œuvre, pour atteindre un objectif stratégique précis. Rome, ayant oublié cela, a vécu. Byzance, en ne l’oubliant pas, a résisté pendant un millénaire et son adversaire principal a pris 500 ans pour trouver le défaut de sa cuirasse et profiter d’une faiblesse du pouvoir.

Antoine Schülé

La Tourette, mars 1993

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Thèmes traités : Histoire médiévale et contemporaine; Histoire de la guerre et de la sécurité (de l’antiquité à nos jours); Géopolitique; Histoire de la vallée de la Cèze (Gard, France); Littérature; Poésie; Spiritualité (chrétienne et autres); Maurice Zundel.

Pays traités plus spécialement : Suisse, France, Allemagne, Europe.

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