mardi 7 janvier 2025

" Collection Rabelais" de Jacques Bonnaud, Médiathèque de Bagnols-sur-Cèze.

 “ Collection Rabelais “

de

Jacques Bonnaud.

Antoine Schülé


Bruno Michel directeur Médiathèque), Antoine Schülé (historien)


La Médiathèque de Bagnols-sur-Cèze dispose d’une riche collection Rabelais, donnée par la famille d’un passionné de cet auteur, Jacques Bonnaud. Depuis son adolescence, livres, objets, affiches, programmes, étiquettes, ouvrages d’art, médailles, études critiques et revues spécialisées se sont accumulés pendant des décennies pour former une mine d’informations, mise à la disposition du public. Elle a déjà profité à de nombreuses expositions au moyen de prêts et contribue ainsi au rayonnement de la ville de Rivarol qui devient aussi celle de Rabelais.

La culture européenne existe bel et bien. À travers cette personnalité - à la fois, moine, médecin, amoureux des mots, satiriste, épicurien, sociologue et philosophe -, nous pouvons en découvrir ou redécouvrir les multiples facettes.

En 2021, j’ai rédigé plusieurs panneaux pour une exposition de la Médiathèque qui rendait hommage à Jacques Bonnaud et qui a ouvert au public sa collection pendant quelques jours. A votre lecture, je propose certains textes qui vous inviteront, je l’espère, à découvrir ce fonds littéraire d’exception et à lire les écrits d’un auteur prolifique qui prône une sagesse souriante, parfois avec finesse et parfois avec des mots crus.

Jacques Bonnaud, entouré de présidents de confréries bachiques 

Le développement de cet article est le suivant : Rabelais médecin; Epitaphe de François Rabelais par Pierre de Ronsard; les matières à instruire à un jeune; la sagesse de Rabelais à travers quelques citations; ses inventions verbales; son éloge de la fouace pour réfléchir sur la guerre; la chanson de la Dive bouteille; les compagnies bachiques; notices biographiques des illustrateurs de l’œuvre de Rabelais que vous pouvez consulter à la médiathèque de Bagnols-sur-Cèze.





Rabelais médecin

Lyon

La Cité internationale de la gastronomie a emménagé dans l’Hôtel-Dieu, là où l’auteur exerça le métier de médecin. Parce qu’au XVIe siècle, Lyon était réputée pour ses imprimeurs, François Rabelais s’y installa en 1532 pour y écrire une bonne partie de son œuvre, dont Pantagruel et Gargantua. Il commença comme correcteur de grec, chez l’imprimeur Sébastien Gryphe. Suite à un concours et à ses conférences anatomiques, il succéda à maître Pierre Rolland, au grand hôpital du Pont-du-Rhône.

Médecin, Rabelais exerça au Grand Hôtel-Dieu, édifice imposant sur les rives du Rhône. Certes peu longtemps, trois années en tout, car l’homme fut plus souvent à l’écoute de la respiration de sa prose que de celle de ses patients. De plus, il prit trop de liberté avec les règlements administratifs en vigueur.

Montpellier

Dès le XIIIe siècle, l’Université de Montpellier a été longtemps en contact avec l’École de Salerne, héritière des enseignements d’Hippocrate. En 1530, Rabelais s’inscrit à la faculté de médecine de Montpellier. Il est chargé d’un cours où il commente, dans le texte, Hippocrate (v. 460 - v. 377 av. J.-C. ; médecin grec ; physiologie sur la théorie des humeurs) et Galien (131 -201 apr. J.-C. ; médecin grec ; importantes découvertes en anatomie ; théorie des quatre humeurs). Il y est reçu au doctorat de médecine le 22 mai 1537. Il exécute des démonstrations d’anatomie devant de grands auditoires à Montpellier, Narbonne et Lyon.


Épitaphe de François Rabelais,

par Pierre de Ronsard (Le Bocage, 1554)


Si d’un mort qui, pourri, repose,

nature engendre quelque chose,

et si la génération

se fait de la corruption,

Une vigne prendra naissance

de l’estomac et de la panse

du bon Rabelais, qui buvait

toujours ce pendant qu’il vivait.

La fosse de sa grande gueule 

eût plus bu de vin toute seule

(l’épuisant du nez en deux coups)

qu’un porc ne hume de lait doux.


[…]


Jamais le Soleil ne l’a vu

tant fut-il matin, qu’il n’eut bu.

Et, jamais au soir, la nuit noire,

tant fut tard, ne l’a vu sans boire.

Car, altéré, sans nul séjour

le galant buvait nuit et jour.


[…]


Mais la mort qui ne buvait pas

tira le buveur de ce monde,

Et ores le fit boire en l’onde

qui fuit, trouble, dans le giron

du large fleuve d’Acheron.


Or toi, qui que tu sois, qui passes,

sur sa fosse, répands des tasses,

répands du brie et des flacons,

des cervelas et des jambons,

Car, si encor dessous la lame,

quelque sentiment a son âme,

Il les aime mieux que les Lis,

tant soient-ils fraîchement cueillis.


Les matières à instruire

« Très cher fils,

[…] Mon fils, je t’admoneste que tu emploies ta jeunesse à bien profiter en études et en vertus. […]

J’entends et je veux que tu apprennes les langues parfaitement : premièrement la Grecque, comme le veut Quintilien, secondement la Latine, et puis l’Hébraïque pour les Saintes Lettres, et la Chaldaïque et Arabique pareillement ; et que tu formes ton style, quant à la Grecque, à l’imitation de Platon, quant à la Latine, à Cicéron. Qu’il n’y ait histoire que tu ne tiennes en mémoire présente, à quoi t’aidera la Cosmographie de ceux qui en ont écrit.

Des arts libéraux : géométrie, arithmétique et musique, je t’en donnai quelque goût quand tu étais encore petit, en l’âge de cinq à six ans ; poursuis le reste, et d’astronomie saches-en toutes les règles. Laisse-moi l’astrologie divinatrice et l’art de Lullius (l’alchimie), comme abus et vanités.

Du droit civil, je veux que tu saches par cœur les beaux textes et que tu me les compares avec philosophie.

Et, quant à la connaissance des faits de nature, je veux que tu t’y adonnes avec soin ; qu’il n’y ait mer, rivière, ni fontaine, dont tu ne connaisses les poissons, tous les oiseaux de l’air, tous les arbres, arbustes et buissons des forêts, toutes les herbes de la terre, tous les métaux cachés au ventre des abîmes, les pierreries de tout Orient et Midi : rien ne te soit inconnu.

Puis, soigneusement pratique les livres des médecins grecs, arabes et latins, sans mépriser les Talmudistes et Cabalistes, et par fréquentes anatomies acquiers-toi parfaite connaissance de l’autre monde, qui est l’homme. Et par quelques heures du jour commence à visiter les Saintes Lettres, premièrement en grec le Nouveau Testament et Épîtres des Apôtres, et puis en Hébreu le Vieux Testament.

Somme, que je voie un abîme de science ; car dorénavant que tu deviens homme et te fais grand, il te faudra sortir de cette tranquillité et repos d’étude et apprendre la chevalerie et les armes pour défendre ma maison et nos amis secourir en toutes leurs affaires contre les assauts des malfaisants. […]

Mais - parce que, selon le sage Salomon, sapience n’entre point en âme méchante et science sans conscience n’est que ruine de l’âme -, il te convient servir, aimer et craindre Dieu, et en Lui mettre toutes tes pensées et tout ton espoir, et par foi formée de charité être à Lui adjoint, en sorte que jamais n’en sois désemparé par péché. Aie suspects les abus du monde. Ne mets ton cœur à vanité, car cette vie est transitoire, mais la parole de Dieu demeure éternellement. Sois serviable à tout ton prochain et l’aime comme toi-même. Révère tes précepteurs. Fuis les compagnies des gens auxquels tu ne veux point ressembler. […]


Mon fils, la paix et grâce de Notre-Seigneur soit avec toi, amen.

D’Utopie, ce dix-septième jour du mois de mars.


Ton père, Gargantua.”


Sagesse de Rabelais


Absence de Dieu et de Raison

Rien n’est ni saint ni sacré à ceux qui se sont émancipés de Dieu et Raison pour suivre leurs affections perverses. 

Gargantua

Argent

Faute d’argent, c’est douleur sans pareille. 

Pantagruel 16

Bonheur du cocu

Il n’est cocu qui veut. Si tu es cocu, donc ta femme sera belle, donc tu auras beaucoup d’amis. Pantagruel

Constat

Amis, vous noterez que par le monde y a beaucoup plus de couillons que d’hommes, et de ce vous souvienne. 

Cinquième livre 8

Coûteux procès

Misère est compagne de Procès. 

Gargantua

Craintifs

Vous ressemblez aux anguilles de Melun : vous criez avant qu’on vous écorche. 

Gargantua. Propos de Picrochole

Danger des études

Je n’étudie point, pour ma part. En notre abbaye, nous n’étudions jamais, de peur des oreillons. Gargantua 39

Défaut d’endurance

Telle est la nature et complexion des Français qu’ils ne valent qu’à la première pointe. Alors ils sont pires que diables, mais, s’ils séjournent, ils sont moins que femmes. 

Gargantua 48

Dernière parole

Tirez le rideau, la farce est terminée ! Rabelais

Devise de l’abbaye de Thélème

En leur règle n’était que cette clause : Fais ce que tu voudras. *

Gargantua 57

Efficacité des lois (selon Grippeminaud)

Or çà, les lois sont comme toiles d’araignées : or çà, les simples moucherons et petits papillons y sont pris ; or çà, les gros taons malfaisants les rompent et passent à travers. 

Cinquième livre 12

Excès d’épargne

Thésauriser est fait de vilain. 

Gargantua 33

Face au vilain ou pervers

Oignez vilain, il vous poindra ; poignez vilain, il vous oindra. 

Gargantua

Guerre

Guerre faite sans bonne provision d’argent n’a qu’un soupirail de vigueur. Les nerfs des batailles sont pécunes. 

Gargantua 46

Hommes, pierres vivantes

Je ne bâtis que pierres vives, ce sont hommes. 

Tiers livre 6

Ignorance

L’ignorance est la mère de tous les maux. 

Cinquième livre

La moitié du monde ne sait pas comment l’autre vit. 

Pantagruel

Irrésolution

Or ça, de par Dieu, j’aimerais, par le fardeau de saint Christophe, autant entreprendre tirer un pet d’un âne mort que de vous une résolution. 

Tiers livre 36

Logique

Toutes choses se meuvent à leur fin. 

Cinquième livre. Prologue.

Maîtrise de soi : un chef

Comment pourrait-on gouverner autrui quand on ne sait pas se gouverner soi-même ? 

Gargantua

Maîtrise du temps

Jamais je ne m’assujettis aux heures : les heures sont faites pour l’homme, et non l’homme pour les heures. 

Gargantua 41

Nature

Nature n’endure mutations sans grande violence. 

Gargantua 23

Petit colérique

Ces petits bouts d’hommes […] sont volontiers colériques. La raison physique est qu’ils ont le cœur près de la merde. 

Pantagruel 27

Philosophie et république

Ce que dit Platon… les républiques seraient heureuses quand les rois philosopheraient ou que les philosophes régneraient. 

Gargantua

Prophétie annuelle et perpétuelle

Cette année les aveugles ne verront que bien peu, les sourds ouïront assez mal, les muets ne parleront guère, les riches se porteront un peu mieux que les pauvres, et les sains mieux que les malades. 

Pantagrueline prognostication

Rechercher l’essentiel

Rompre l’os et sucer la substantifique moelle. 

Gargantua Prologue

Rire Gargantua Aux lecteurs

Mieux est de ris que de larmes écrire,

parce que rire est le propre de l’homme.

Science

Parce que, selon le sage Salomon, sagesse n’entre point en âme de mauvaise volonté et science sans conscience n’est que ruine de l’âme. 

Pantagruel 8

Touraine : jardin de France

Car je suis né et ai été nourri jeune au jardin de France : c’est Touraine. 

Pantagruel 9


Le verbe au service de la verve : Inventions verbales


Patronymes

Gargantua : que grand tu as, gosier.

Gargamelle : gorge, gosier

Grandgousier : grand mangeur

Pantagruel : tout altéré

Panurge : homme à tout faire (polyvalent)


Noms de lieux ou de pays

Pays du Lanternois : î. des discussions idéologiques

Royaume de la Quinte-Essence : Rome

Île des Frères Fredon : î. des Jésuites

Île des Papefigues : î. des protestants

Île des Papimanes : î. des catholiques

Île des Macraeons : î. des personnes qui vivent longtemps


Les mots pour le dire :

un croque lardon : un pique-assiette

métagrabaliser : examiner avec soin des choses saines

un agélaste : une personne qui ne rit pas


Jeu de mots

Le service divin, le service du vin.

Science sans conscience n'est que ruine de l'âme.

Il disait qu’il n’y avait qu’une antistrophe entre femme folle à la messe et femme molle de la fesse.

Le grand Dieu fit les planètes, et nous faisons les plats nets.


Redondance Pour décrire Frère Jean des Entommeures

Vrai moine si onques en fut depuis que le monde moinant moina de moinerie.


Comparaison insolite

Gargantua pleurait comme une vache,

mais tout soudain riait comme un veau.


Éloge de la fouace

(une galette de fleur de froment, non levée, cuite au four ou sous la cendre)

La fouace ou fougasse (la fouée, en Touraine ; le taillé, en Suisse ; la Focaccia, en Italie) se décline selon diverses recettes, depuis le Moyen Âge. Cette préparation culinaire pouvant être salée, sucrée ou épicée, était réservée aux fêtes de l’Épiphanie, de Pâques et de village, aussi dans les Cévennes, l’Auvergne et le Rouergue.

Dans Gargantua, au chapitre 25 :

« En ce temps, qui fut la saison des vendanges, au commencement de l’automne, les bergers de la contrée étaient à garder les vignes et empêcher que les étourneaux ne mangeassent le raisin.

Auquel temps les fouaciers de Lerné passaient le grand carrefour menant dix à douze charges de fouaces à la ville.

Lesdits bergers les requirent courtoisement leur en bailler pour leur argent, au prix du marché. Car notez que c’est aliment céleste que manger à déjeuner raisins avec fouace fraîche, mêmement de raisins pineaux, des fiers*, des muscadeaux, de la bicane, et des foirards.... »

* fiers : raisins au goût de figues.

Du désir à l'incident et de l'incident à la guerre :

En réponse à leur aimable demande, les bergers de Gargantua reçoivent une pluie d’injures. Une bagarre éclate et les fouaciers sont étrillés, après avoir subi une grêle de pierres. Quatre à cinq douzaines de fouaces sont saisies et, malgré tout, leur sont payées bien au-dessus du prix normal.

Et ce refus grossier des fouaciers à vendre leur marchandise fut la cause de la guerre conduite par Picrochole, ignorant tout du comportement initial de ses hommes, mais désireux de défendre son « honneur »…

Ce récit permet à Rabelais, en de nombreux chapitres, de porter de multiples considérations ironiques sur la guerre : ses causes et ses pratiques !

La leçon de Gargantua :

« Je n’entreprendrai guerre

que je n’aie essayé tous les arts et moyens de la paix. »


Médaille de la Dive bouteille

Chanson de la dive bouteille

O bouteille pleine toute de mystères,

d'une oreille je t'écoute : ne diffères,

et le mot profères auquel pend mon cœur.

En la tant divine liqueur,

qui est dedans tes flancs reclose,

Bacchus, qui fut d'Inde vainqueur,

tient toute vérité enclose.

Vin tant divin, loin de toi est forclose

toute mente* et toute tromperie.

En joie soit l'ère de Noé close,

lequel de toi nous fit la temperie.

Sonne le beau mot**, je t'en prie,

qui me doit ôter de misère.

Ainsi ne se perde une goutte

de toi, soit blanche, ou soit vermeille,

o bouteille pleine toute de mystères,

d'une oreille je t'écoute : ne diffères.

* mensonge ** Ce sera : "Trink", "Bois".

Cinquième livre, chap. 45.


" Vous en telle ou meilleure pensée réconfortez votre malheur,

et buvez frais si faire se peut."

" Je bois éternellement. Ce m’est une éternité de beuverie,

et beuverie d’éternité."

"Lever matin n’est point bonheur

Boire matin est le meilleur."

Propos des biens ivres

- Fouette-moi ce verre galantemment !

- Nous autres innocents ne buvons que trop sans soif.

- Buvez toujours, vous ne mourrez jamais.

- Petite pluie abat grand vent. Longues buvettes rompent le tonnerre.

- L’appétit vient en mangeant, la soif s’en va en buvant.

Invitation à boire aux personnes qui le désirent

« À mon tonneau, je retourne. Sus à ce vin, copains. Enfants, buvez à pleins godets. Si bon ne vous semble, laissez-le. Je ne suis de ces importuns engouffreurs, qui, par force, par outrage et violence, contraignant les gars et compagnons à trinquer, voire à s’empiffrer, qui pis est. Tout Buveur de bien, tout Goutteux de bien, altérés, venant à ce mien tonneau, s’ils ne veulent ne boivent ; s’ils veulent, et le vin plaît au goût de la seigneurie de leurs seigneuries, boivent franchement, librement, hardiment, sans rien payer, et ne l’épargnent. Tel est mon décret. Et peur n’ayez que le vin manque comme fit aux noces de Canna en Galilée. Autant que vous tirerez par le fausset, autant j’entonnerai par le bondon. Ainsi demeurera le tonneau inépuisable. »

Dans le Prologue du Tiers-livre.

« L’odeur du vin, ô combien plus est friand, riant, priant,

plus céleste et délicieux que l’huile. »

Dans Prologue de Gargantua.

« Jamais homme noble ne hait le bon vin. »

Dans Gargantua, au chapitre 27.

Compagnies bachiques

Parmi les confréries de métier, créées dès le XIVsiècle, les confréries de vignerons ont traversé le temps et même retrouvé une nouvelle vigueur à partir des années 1960. À l’origine, elles défendaient un art de travailler la terre et de vinifier le jus de raisin, pour traduire en bouche un terroir avec toutes ses particularités.

Les confréries bachiques rendent visible le labeur du vigneron. Elles témoignent ostensiblement de sa conscience professionnelle et de son habileté. Le viticulteur est une personne dévouée à sa vigne. Cet amoureux de la nature dépend d’un sol fécond et de l’eau fertilisante et vit donc avec le ciel et la terre, créateurs de tous les miracles qui enchanteront le contenu d’un verre.

Oui, une bonne bouteille est une marque de reconnaissance à la beauté, à la grandeur de la nature, et, aussi, un hommage au travail et à la peine de l’homme qui accomplit son devoir, dans la discrétion et dans le dur labeur de tous les jours.

Louer le vin n’est point chanter l’ivresse comme le dit un disciple de Rabelais, en 1955, le Dr Messerli, amoureux de la Rhodanie, des Alpes à la mer :

« On peut de deux façons mépriser le bon vin :

en ne buvant jamais ce liquide divin

et lorsqu’on s’enivre en se montrant indigne ;

pas boire ou boire trop portent tort à la vigne. »


Illustrateurs de la collection Rabelais

(avec les cotes de référence de la Médiathèque)

* Dino Battaglia (1923 - 1983) : BON 294

Milanais reconnu comme un des maîtres de la BD italienne ; dessins pour de nombreux journaux ; illustrateurs d’auteurs : Melville, Maupassant, Lovecraft, Saint-Exupéry… ; auteur d’hagiographies religieuses catholiques ; participation à des ouvrages didactiques de nature historique (Histoire de France en bandes dessinées).

* Jean André Chièze (1898 - 1975) : BON 271

Initié à la xylographie par Henri Focillon ; professeur de dessin ; peintre, écrivain et lithographe ; amoureux des régions de France : Corse, Provence, Bretagne et Vivarais. Graveur sur bois ayant une grande maîtrise technique.

* Salvador Dali (1904 - 1989) : BON 265

Peintre, sculpteur, graveur, scénariste et écrivain catalan ; études artistiques à Madrid ; jeune, il a commencé par des dessins au crayon, la gravure et la peinture impressionniste, jusqu’en 1919 ; après ses études où ses œuvres sont marquées par le cubisme, il rejoint les surréalistes à Paris ; il vit huit ans à New York où il fait fortune ; passionné par l’art de la Renaissance lors de son retour en Catalogne en 1949 ; il privilégie divers thèmes : le rêve, la sexualité, le comestible, sa femme Gala et la religion ; illustrateur de Don Quichotte, des Essais de Montaigne ; abandonnant le freudisme et l’anarchisme, il effectue un retour au catholicisme ; personnage fantasque aux éclairs de génie comme de folie.

* Ludovic Debeurme (1971 - ) : JA RAB Conte

Auteur de nombreuses bandes dessinées ; aime illustrer un monde poétique et onirique ; le monde de l’enfance avec ses fantasmes l’inspire ; il allie technique graphique et talent narratif.

* André Derain (1880 - 1954) : BON 281

Un des peintres fondateurs du fauvisme (couleurs vives et dessin simplifié) ; il a connu Maurice de Vlaminck et Henri Matisse ; formé à l’Académie Julian ; au début, influence de Paul Gauguin ; passionné par les arts "primitifs" ; participe avec Braque et Picasso à l’invention du cubisme (cézano-cubisme) ; mobilisé dans l’artillerie il sert en Champagne, dans la Somme, à Verdun, au chemin des Dames jusqu’en 1917 puis dans l’Aisne et les Vosges ; illustrateur de : André Breton, Oscar Wilde, Rabelais ( pour Albert Skira éditeur de Pantagruel : 79 bois gravés en couleur), Ovide, Antonin Artaud, Pétrone ; créateur de marionnettes mécaniques ; sculpteur et auteur d’affiches ; dessine des décors et crée des costumes pour 13 ballets, 2 opéras 1 opérette et 2 pièces de théâtre ; il a eu pour élèves Constantin Nepo et Balthus.

* Hervé Dirosa (1959 - ) : BON 296

Sétois, grand voyageur, divers pays inspirent son œuvre ; fondateur du Musée des Arts modestes à Sète ; il a travaillé avec Richard Dirosa ; aime les arts de la rue (graffiti).

* Paul Gustave Louis Christophe Doré (1832 - 1883) : BON 282, 283 et 147

Grand sens de l’observation ; très jeune, auteur de caricatures ayant ses proches pour sujets ; s’inspire de Cham et de Rodolphe Töpfer ; se spécialise dans les histoires à estampes ; illustre très tôt de journaux satiriques ; auteur d’album ; lance les premières bandes dessinées en France ; aime surtout le crayon lithographique, le dessin direct sur la pierre ; sculpteur religieux ; illustre Dante, Rabelais (99 vignettes, 14 planches hors texte gravées sur bois), Perrault, Virgile, Milton, Shakespeare et Balzac ; en 1854, il réalise près de 500 vignettes contre la Russie (guerre de Crimée) où il utilise des astuces graphiques ; plus tard, il renonce à la gravure sur cuivre pour adopter la technique du bois de teinte pour obtenir des effets picturaux (dessin direct au lavis et à la gouache sur du bois dont la surface dure a été travaillée au burin) ; illustrateur de la Bible en deux volumes ; engagé dans la Garde nationale de Paris, il est l’auteur de toiles patriotiques (1870) ; il meurt d’une crise cardiaque à 51 ans.

* Albert Dubout (1905 - 1976) : BON 264, 235

École des Beaux-Arts de Montpellier ; peintre (70 tableaux peu connus) ; illustrateur de Boileau, Beaumarchais, Mérimée, Rabelais, Villon, Cervantès, Balzac, Racine, Voltaire, Rostand, Poe, Courteline, Frédéric Dard ; auteur d’affiches de cinéma et de théâtre ; publicitaire (couvertures de livres et des pochettes de disques) ; dessins humoristiques et pornographiques ; auteur de courts métrages d’animation ; il aime Palavas-les-Flots (célèbres caricatures du "Petit train de Palavas").

* Ferdinand Dubreuil (1891 - 1970) : BON 286

Il a travaillé dans l’atelier de Henri Matisse ; il a étudié la peinture (env. 900 toiles) et la sculpture ; peintre de natures mortes ; ensuite, il se fait connaître pour ses portraits ; plus tard encore, il s’initie à la gravure (env. 600) ; illustrateur de : Bernardin de Saint-Pierre, Henri de Régnier, Marcel Prévost, Hugues Rebell, Pierre de Ronsard ; il réalise des cartons de tapisserie (env. 20 pour Aubusson).

* Jules Arsène Garnier (1847-1889) BON 303

Peintre, graveur et illustrateur français ; connu pour ses scènes de genre médiévales et anecdotiques ; auteur de 160 compositions pour illustrer l’œuvre de Rabelais, exposées en Angleterre, en 1890, où elles furent saisies, car jugées "attentatoires à la morale".

* Joseph Hémard (1880 - 1961) : BON 275

Dessins humoristiques ; auteur de bandes dessinées pour des journaux illustrés et d’histoires en images ; illustrateur d’auteurs classiques : Balzac, Molière, Rabelais, Rostand, La Fontaine, Voltaire, Courteline, Pergaud ; emploi de la technique du pochoir. Décorateur pour : costumes de revues et opérettes, assiettes, bars et restaurants. Il a publié une autobiographie en 1928.

* René Georges Hermann Paul (1864 - 1940) : BON 276

Étudie les arts décoratifs à l’Académie Julian ; adhérent aux thèses révolutionnaires et anarchistes et illustrateur de périodiques libertaires ; amoureux de la Camargue, il termine sa vie aux Saintes-Maries-de-la-Mer.

* Marcel Joseph Jeanjean (1893 - 1973) : BON 236 1-5

Dessinateur dans un journal de guerre (Le Canard poilu) ; peintre officiel de l’Armée de l’Air ; illustrateur de livres pour la jeunesse (dont les Aventures de Fricasson) et des œuvres de : Raoul Mortier, de François Villon, Léopold Sedar Senghor, Alphonse Daudet, Rabelais ; dessin publicitaire pour les usines d’aviation Amiot.

* Jean-Yves Mitton, dit John Milton (1945 - ) : BON 438

Retouche des bandes étrangères pour répondre à la censure ; créateur de planches humoristiques et réalistes ; il imagine des séries de science-fiction en BD ; auteur d’un album érotique ; il a mis en BD des auteurs à succès (pour le Ben-Hur par exemple). Intronisé à la Compagnie de la Côte du Rhône gardoise.

* Louis Morin (1855 - 1938) : BON 255

Peintre, dessinateur et écrivain parisien ; au "Chat noir", spectacle d’ombres ; fondateur du salon des Humoristes ; collabore à de nombreux journaux humoristiques ; apprécié aussi pour ses décorations murales.

* Albert Jules Alexis Robida (1848 - 1926) : BON 284

Devant devenir notaire, il préfère sa vocation de caricaturiste ; illustrateur de guides touristiques et d’ouvrages de vulgarisation historiques ; illustrateurs d’auteurs : Villon, Rabelais, Cervantès, Swift, Shakespeare, Balzac ; peintre de maisons closes ; passionné de science-fiction ; auteur de 60 ouvrages et 60 000 dessins, participation à 200 livres illustrés, 70 revues de presse.

* Samivel, pseudonyme de Paul Gayet-Tancrède (1907 - 1992) : BON 299

Lecteur de Charles Dickens (Les aventures de Mr Pickwick), il adopte ce pseudonyme ; écrivain (nouvelles, pièces de théâtre), réalisateur de films documentaires et peintre ; dessins, aquarelles et illustrations pour des revues, livres et albums sur l’alpinisme, sa passion (un amoureux de la Savoie) ; auteur d’affiches, de publicités, de cartes postales illustrateur de : Villon, Rabelais, Ramuz, La Fontaine, Swift ; auteur d’albums pour enfants ; très engagé pour la protection de la nature et de la vie.

* Pierre Gustave Eugène Staal, dit Gustave Staal (1817 - 1882) : BON 280

Peintre et graveur ; emploi de nombreuses techniques : burin, eau-forte, taille-douce, lithographie ; illustrateur de : Eugène Sue, Balzac, Germaine de Staël et livres pour enfants de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont ; réalise de nombreux portraits d’auteurs ; illustrateur de plusieurs périodiques.

* Claude Verlinde (1927 - 2020) BON 447

Influencé par la Renaissance et les œuvres de Jérôme Bosch ; artiste-peintre et sculpteur ; auteur de gravures ; créateur de masques et costumes pour pièce de théâtre ("Jafabule", au Festival d’Avignon) ; expositions aux titres révélateurs : "Du Fantastique au Visionnaire" et "Le Réel et l’Imaginaire".

* Ignasi ou Ignace Vidal (1903-1941) BON 308

Originaire de Barcelone ; peintre de figures, portraits, graveur, illustrateur ; très actif dans la Principauté de Monaco depuis 1941 ; reste connu pour la qualité de ses estampes.

Antoine Schülé

Août 2021

Contact : antoine.schule@free.fr

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Thèmes traités : Histoire médiévale et contemporaine; Histoire de la guerre et de la sécurité (de l’antiquité à nos jours); Géopolitique; Histoire de la vallée de la Cèze (Gard, France); Littérature; Poésie; Spiritualité (chrétienne et autres); Maurice Zundel.

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lundi 23 décembre 2024

Document 1885-6 : Journal agricole (1885-1886) en basse vallée de Cèze.

 Journal agricole en basse vallée de Cèze.

Auguste Gilles, signature.

janvier 1885 - octobre 1886.


Auguste Gilles est né à Saint-Gervais en 1860. Agé de 25 ans, il tient un journal de ses activités. Son témoignage permet de reconstituer la vie d’un agriculteur, à Saint-Gervais et à la fin du XIXe siècle, soit de janvier 85 à octobre 86. Ce document est un complément utile à la présentation sur ce blog de mon article sur Henri Lombard.


Aucune correction orthographique n’a été faite au texte d’origine. Nous remarquons une belle écriture. La graphie de certains noms de lieu ou de famille diffère de celle de nos jours, tous en étant bien reconnaissables en grande majorité. Afin de faciliter la lecture, j’ai complété la ponctuation du texte, uniquement en plaçant des points pour distinguer les activités évoquées : notre auteur se contente le plus souvent de placer une lettre majuscule pour une nouvelle action, sans la séparer par un point. Au lieu de “avoir planté”, il rédige “planté” par exemple.


Le document original ici retranscrit m’a été remis en 1999 par Jeanne Larnac qui habitait la maison Gilles, à la place de la Croix Rouge. Auguste Gilles est l’ oncle de la personne qui en fait une mention manuscrite, d’une autre main, en note et en marge au début du cahier. L’original est actuellement aux mains de la famille.


Toponymes (en respectant la graphie de Gilles) : Saint Gervais, Saint Michel; Amandiers, Piron, Coudelous (Haut Ht- et Bas), Baine, Canabaries (Cie), Pigeonnier, Pointe, Jardin.


Noms : Lucien Robert (maçon), Buisson (maçon), Bonhomme et son fils, M. Rouvière, Vire, Vire Xavier, Lapière (écrit aussi Lapierre), M. Dufès, M. Therme, M. Soulier, David, fils David, les fils David, le Grélat, Linçolas Hypolite, Fabre Adrien, Proté Fabre et son fils Gustave, la femme de Fabre, Eliza Fabre, Eugène Fabre, Blanc Fabre, Beaume, M. Pradier, Jean de la Guêtre, Raoux, Bertrand, Tinel, Martin, Durand aîné, Joséphine Durand, Cotton, Jean de Mars, M. Comps, M. Fabrigoule, Justamond, Marïeul, le père, Charavel Lebre, M. Rouvière, Boissette Auguste .


Cépages (graphie Gilles) : aramons, grenache, petits bouchats, clairette morastels, plandus, racinés jaquès (jacquez), alicans bouchets, planders.

Maladies de la vigne : phylloxéra, pourriture, insectes nommés boucquarus.

Fumure : fumier de mouton, de cheval (d’écurie), petoules ou débris de vers à soie.

Pommes de terre : violettes, jaunes, rouges d’Angleterre, reine-blanche.

Champs : millet, vesce, luzerne, blé blanc, blé saissette dit roumanelle, avoine, luzerne-vesce, avoine-vesce, sainfoin, mil à balais.

Légumes : salades, endives, pastèques, melons, melons de poche, tranchets, cantaloups, oignions, haricots, haricots nains, betteraves, radis, courge, cornet, choux pointus, cabus, choux verts, céleris, aulx, cardes, tomates, aubergines, raves, épinards, rougettes, panets.

Fruitiers : pommiers, poiriers.

Arbres : oliviers, mûriers (gros, nains, sauvages),

Jardin : fleurs en plus des légumes.

Production de miel : 100 kg de presque miel pour une trentaine de ruches.

Cochon : le mal rouge, tué en janvier.

Moyens de traction : cheval, mule, bœufs.

Mesures, prix : eyminée, fait , F., kg, tombereau, charretée, once, DL, salmée, prix-fait, cornue, sac, récolte à demi, sceau, fagots, garbirons, fût, quintal (quint), voyage.

Expressions originales : espéligué, regon, dissamage, diminage, punache, grippet, , trouillée, empaligottage, triaul, embottée, fourcoule, petoules.

Parfois, il y a une rubrique : Travaux et industrie pour achats, payements, chasse.


Pour mieux comprendre



Un araire est une charrue simple, primitive; avec avant-train, tiré par chevaux ou bœufs ou, sans avant-train, charrue à mains. Le coutrier est employé pour labourer la terre en profondeur.

Le mil ou millet est cultivé pour nourrir généralement les animaux domestiques, les volailles. Il est semé en ligne pour la récolte en grains, à la volée pour le fourrage.

Si vous désirez connaître les outils  agricoles de ce temps, je vous recommande le livre de Jean-Noël Marchandiau : "Outillage agricole de la Provence d'autrefois". Edisud. Aix-en-Provence. 1984. 224 p. Il est muni d'un précieux lexique et pourvu d'illustrations qui répondent à bien des questions qui se posent quant à l'usage de ceux-ci.


Page de garde du Journal agricole d'Auguste Gilles.

Retranscription

Dictionnaire fils

Gilles Auguste

Travaux d’agriculture 1885

Agriculture

Résumé de chaque mois


Mention d’une autre main en marge :

Ce cahier a appartenu à mon oncle

Auguste Gilles né à St Gervais en l’année 1860

1885 -1860 = 25 ans

Janvier et février

Amandiers. Avoir fait brûler les calos de mil. Charriage de sable et pierres pour construire le mur.

Piron. Labour des oliviers. Trillé le chiendent.

Coudelous. Labour des muriers

Baine. Fumures Levé les cailloux de dedans la vigne

Cie idm.

Pigeonnier. Labour des muriers

Pointe. Labour des oliviers.

Mars

Amandiers. Taille des pierres pour les ouvertures du mur par Lucien Robert maçon : avoir fait une partie de la batisse avec 2 maçons dont Lucien et Bouisson. Bêchage sur fumure les treilles et poiriers. Semence de fèves [t]raies. charriage de pierres poudrières. Creusé les fondements du portail pour la rentrée de l’aire Taille des pierres pour cette entrée (suspension de la bâtisse jusqu’au mois de mai). Labourage et béchage des muriers autour de la terre. Taille des treilles. Fumure pour betteraves.

Canabaries. Labour pour déchaussement et fauchage de la vieille vigne. Même labour et fauchage de la jeune vigne. Taille de cette jeune vigne. Fait les sarments et les fagots.

Baine. Grands travaux à la défoncerelle de 6 bêtes dont 2 boeufs et le cheval à nous, Bonhomme et son fils nous avoir aidé avec ses bêtes. Applanage de ce travail à la herse en fer. Avoir tracé ce travail avec le regon à 2 hommes de M. Rouvière. le 14 mars avoir planté cette vigne. Environ 800 pieds la 3e plantation de la vigne en espèces suivantes Aramons et petits bouchats la plus grande partie ensuite clairettes morastels et plandus. Taille sur la fin courant de ces ceps. Labour par déchaussement des autres parties de la vigne. Taille de cette vigne. lié et chargé les sarments en tout 48 fagots Labour avec les boeufs le cheval et le mulet de Vire et lui de la luzerne restante au couchant de la terre pour mil à balais.

Piron. Béchage des muriers nains, ainsi qu’à Coudelous et à Pigeonnier

St Michel Labour pour déchaussement de la vigne. Ramené les sarments 15 fagots

Jardin. Semence de pommes de terre. Salades carottes persils melon choux

Avril

Amandiers. Semence de pommes de terre long des treilles. placé 3 rangs de fil de fer galvanisé au treilles. y avoir attaché les ceps avec des cordes. Semence de betteraves et radis. Labour avec 4 bêtes dont Vire Xavier pour un nouveau millet. fauchage des fèves et pommes de terre

Canabaries. Semence de 4 éminées environ de luzerne vesce sous Martin sur une bonne fumure et labour de 4 bêtes par Vire. fumure au pied des cepts de la jeune vigne avec 3 tombereaux de fumier de l’écurie du Pigeonnier et un de petoules de vers à soie. planté des piquets pour soutenir les cepts courbés.

Baine. Fauchage par Lapière de la vigne. fumure des cepts de la première avec du fumier de l’écurie du Pigeonnier et de la raie de la jeune vigne plantée l’an dernier avec des petoules de vers à soie. Piquetage des cepts courbés de toute la vigne.

Cadinières. Applanage du labour d’été avec le cheval. Le 23 semence de mil à ballais avec coutrier et 2 bêtes par Vire Xavier.

St Michel. fauchage de la vigne. Espéligué les cailloux du couchant de la terre sur labour d’été. Charriage des roseaux et sarments.

Pointe Labour sur fumure des oliviers. Semé haricots nains 5 raies

Ht Coudelous. Défoncement avec charrue et 4 bêtes pour millet par Vire . dont les bœufs le cheval et sa mule.

Travaux industriels. Acheté à M. Dufès 4 faits de luzerne et 2 de foin à 8f les 100 kg en avoir aussi acheté 194 kg à Lapière embottée. Avoir vendu les bœufs le 27 à M. Therme de Vagnas 855 francs que nous avions acheté au mois de février 735 francs à M. Soulier de St Laurent de Carnols. Charié encore 3 tonne de sable des pins et 5 ou 6 voyages de pierres de la carrière.

Mai

Amandiers. La 1ere semence à 2 arraires du mil à ballais. semé aussi les melons. Raclage de betteraves jeunes. Taille de muriers. le 7 2eme reprise des maçons pour le mur transversal (posage de la rampe en fer et du grappier. Surmontage du mur long le chemin en pierres sèches. Tailles des pierres pour le portail de l’aire par Buisson et dressage de ce portail Crépissage du mur ancien long le chemin (fin)

Canabaries. Labourage avec arraire de la vigne jeune. Souffrage avec du fungivore de la vigne entière

Baine. Semence de millet avec arraire au couchant de la terre Labour avec petit coutrier pour enterrer le fumier de la vigne de 6 ans. Souffrage avec du fungivore de la vigne entière Labour avec petit coutrier et par déchaussement du jeune plantier planté cette année 1er labour.

Piron 2e labour des oliviers avec petit coutrier. fauche des muriers. Enfagottage du bois d’olivier 45 fagots après les avoir taillés par David. Coupe de sainfoin des 2 plus hautes pièces par le Grélat. avoir changé le travail pour un essaim abeilles. Rendement du sainfoin une charretée avec les 2 pièces.

St Michel Semence du mil à ballais dans la pièce du couchent par Linolas Hypolyte à 1/2 pour la récolte. lui avoir prêté le cheval pour l’ensemencer. Fabre Adrien avoir ramené la feuille ne faisant 4 onces de vers à soie à 1/2 de la récolte. Deuxième labour à la vigne en la chaussant.

Gourbezon Coupe de la luzerne par le gendre de Jean de la Guêtre au rendement de 6 bons faits

Ht Coudelous Taille de tous les gros muriers les trois raies sauf les nains

Pigeonnier Taille des muriers.

Jardin fauchage des pommes de terre et plantation d’aubergines tomates et salades pris chez les jardiniers.

Travaux d’industrie. Avoir été chercher un tombereau 1/2 de sable aux rocas de Raoux de St Michel. Avoir réglé les maçons à 3 f par jour tout le temps de la maçonnerie.

Juin Juillet août

Amandiers. Taille des amandiers du tour de la terre sauf les plus gros sauvages. Taillé aussi la raie de nains long Bertrand sauf aussi les quelques uns du côté (S-O). Enfagottage du bois 79 fagots. Labourage avec petit coutrier de ces muriers, fauchage du mil à ballais par le fils David tout entier à la pioche à prix faits de 3 F l’éminée. Labourage à l’arraire de ce millet. dissamage et rattelage fauchage à 2 reprises de la raie de melons sous les poiriers. Récolte des pommes de terre sous les treilles rendement mauvais. Récolte des fèves restantes et mures pour graine 1 quart de DL. Labour long des treilles avec petit coutrier. Planté 8 plants de cornets et 5 de courges. Bouché les portails de l’enclos avec des barrières dont une en bois et l’autre en roseaux.

Baine. 2e labour et 3e labour de la vigne de 3 ans et de celle de 6. Fauchage immédiat des raies de ces vignes en juin et fauchage à la fin juillet de toute la vigne en entier. Fauchage aussi du mil à ballais à journées par Lapière. labouré les 2/3 du côté du levant avec coutrier sans ailes pour faciliter le fauchage. Labour plus tard de ce millet avec arraire pour le chausser. Diminage et rattelage. Coupe de foin des fossés 3 faits. Taille des muriers enfagottage et chariage du bois 45 fagots. Avoir choisi en même temps des piquets de baguettes pour les vignes.

Semence de pommes de terre en juillet fumier avec petoules de vers à soie une poignée par pieds et en espèces suivantes (violettes jaunes et quelques rouges d’Angleterre). Avoir fauché les raies de ce jeune plantier pour la 2e fois et l’avoir chaussé en même temps avec le petit coutrier. 2e soufrage des vignes en juillet.

Canabaries. Moissonage des blés par Proté Fabre et son fils aîné. ramassé les gerbes 5 bons garbirons tout roumanelle. Avoir foulé ces blés à l’aire de Tinel et à l’aide de Vire et sa mule rendement en grain 6 salmées en paille et pour bon rendement. 3e labour aux vignes pour les déchausser vieille et jeune. fauchage des raies en même temps, 3e fauchage encore à la fin juillet de la vigne jeune en entier pour abattre les herbes. piquetage de cette vigne. Taille des muriers savoir : celui près du bassin, un gros du fond et la raie long Martin. enfagottage des bois et fauchage. Coupe de la vesce luzerne vers le 10 juillet au rendement de 2 moyennes charretées. Arrosage à 2 reprises de la partie philoxerré de la jeune vigne et nouveau raclage des herbes. Soufrage en juillet de ces vignes.

Cadinières. Fauchage du mil à ballais à prix-fait par les fils David. lui avoir aidé en le labourant avec coutrier sans aile plus tard labourage à l’arraire et chaussage au rateau par Lapière.

Ht Coudelous fauchage du mil à ballais par Lapière à journée lui avoir aidé avec coutrier sans aile. Labourage et rattelage plus tard.

Bas Coudelous Enfagottage du bois de muriers 60 fagots environ. Labour de ces muriers et fauchage de la raie de nains.

Piron Chariage du bois d’olivers et de muriers.

Gourbezon. Coupe de la luzerne 4 faits.

Jardin Récolte de pommes de terre. planté salades et semé carottes

Travaux d’industrie. Acheté 3 voyages de luzerne de Beaume rentier à Beauchamps commune de Pont St Esprit sans les avoir apportés acheté à raison de ....

Avoir affermé la remise de M. Pradier de Pont St Esprit pour la fête votive 66 francs.

Août Septembre Octobre et Novembre

Amandiers. Récolte du mil à ballais le grain roti en partie par la sécheresse la punache assez belle. Arrachement des calos, labour des muriers et fumure de cette terre à la fin octobre et semence de blé blanc vers le 10 novembre avec coutrier de 2 bêtes par Vire Xavier à la dose de 3 DL 1/2. Avoir adouci le grippet de l’aire pour faciliter la montée. Récolte des melons en août et 7 bre tous bons mais petits. Récolte des raisins excellents et des betteraves moyenne grosseur bonne qualité. Semence de raves et sur fumure en 7bre autour de l’aire. Récoltées excellentes en novembre.

Canabaries. En août avoir levé les raisins des vignes au moyen de crocs pour les empêcher de pourrir. Coupe du foin des fossés 5 bons faits et charriage en même temps du bois de murier. Labour d’été aux trois plus bases pièces. récoltes de blé avec 2 bêtes par Vire. La rivière être venue forte en 7bre être entrée jusqu’au commencement de la nouvelle luzerne y être même entrée du côté de l’ouest. Labour d’été aussi à 2 bêtes sous la vigne. Récolte des raisins en 7bre dont 5 cornues à la vieille et 22 à la jeune. Durand aîné nous avoir aidé vendangé. Coupe de la luzerne en novembre 5 bons faits bien apprêtée. Labour à 2 bêtes et courtier aussi en novembre du labour d’été suivant et sans fumier 1° la pièce sous la vigne et les 2 plus basses. Semence de blé blanc à la pièce sous la vigne à la dose de 1 décalitre 1/4 et de blé Roumanelle semence de l’an dernier aux 2 plus basses pièces à la dose de 2DL en tout.

Baine. Avoir levé les raisins des vignes à l’aide de crocs pour les empêcher de pourrir. Récolte des raisins en 7 bre cueillis par un temps brumeux et froid, qu’il faudrait éviter une autre fois pour cette opération parce que le froid empêche en partie la fermentation dans les cuves. Rendement 55 à 60 cornues, trouillées en grande partie à l’aide de la presse cylindrique Cotton. Récolte du mil à ballais bon rendement cueillis en 8bre. fauchage des pommes de terre à la fin 7bre. Récoltées en novembre. Bon rendement environ 10 sacs.

Cadinières. Récolte du mil à ballais les panaches claires mais longues et fortes grain quelque peu brûlé par l’août. 5 moyennes charretées chargées par poignées sans enfagotter.

HT Coudelous. Récolte de mil à balais en 7bre panaches assez belles et très mures.

Bas Coudelous. Semence en 7bre à la fin. 1° de la pièce du noyer en avoine-vesce par Vire après avoir subi 2 labours à 2 bêtes un en juillet à la sécheresse à 2 bêtes et l’autre en 7bre à l’arraire de 2 bêtes à la dose de 1DL vesce 1DL avoine.

2° De la basse pièce en avoine simple, après avoir subi 2 labours dont un en juillet à la sécheresse à 2 bêtes par Vire et un par moi en 7bre à l’arraire et le cheval à la dose de 2DL1/4. Avoir ramassé les feuilles des muriers en 8bre par Fabre à 1/2.

Piron. Récolte du miel à la fin août à l’aide de Jean de Mars. Récolte bonne miel excellent et très clair. Rendement une pleine cornue bien remplie et un plein sceau. à peu près 100 kilog de presque miel. Nombre de pieds curés 25.

Labour à la fin octobre des 2 pièces de sainfoin à partir de la grange aux cyprès à 2 bêtes et par Vire Xavier à la dose de 2 DL de blé blanc acheté au marché.

Gourbezon. La rivière avoir inondé toute la terre à la fin août et fumée passablement. Coupe de la luzerne au commencement 9bre au rendement de 6 bons faits. bien apprêtée.

St Michel. Récolte des raisins en 7bre bonne et jolie vendangeurs à part au rendement de 4 bonnes cornues bien pleines. Récolte du mil à ballais en 8bre par Linçolas Hypolite à 1/2 mauvaise récolte en tout 25 petits fagots de panaches sur 8 doubles DL grain dont 4 chaumes.

Pigeonnier. Labour des muriers au commencement de 7bre avec petit coutrier.

Jardin. Plantation en août de choux verts et choux fleurs, séleris et andives. Fauchage et arrosage en 7bre Récolte excellente de melons 3 raies seulement. Semence de haricots cocos et carottes et salades. Empaligottage de haricots et melons. Semence de quelques raves trop en retard. Curé l’oria en août mais l’inondation étant immédiatement survenue l’avoir de nouveau embourbée.

Travaux d’industrie. Avoir soutiré le vin à la fin octobre. 10 fûts de vin , acheté pour cela 4 fûts neufs à 18 f la pièce à M. Comps de Bagnols. vin de destret aigre. -Acheté de 2e main à M. Fabrigoule md de copue 26 quint de foin à 6 F les 100 kg très sec pris à Remoulins. -Foire de 9bre assez bonne avoir tout rempli de poulins ou boeufs et une 20e ou 30e de pratique. -En août : avoir enterré 2 de nos cochons morts du mal rouge avoir changé le 3e à Pigeonnier. Ouverture de la chasse le 15 août - tué 2 lièvres, 3 perdreaux, un roi de caille, 30 cailles et 50 grassés bien gras et 6 à 7 lapins.Charié un gros tomb. de sable pris au rocher de Justamond de St Michel. Peignage du mil à balai en 8bre et 9bre par la femme de Fabre.

Pointe. Récolte des olives au rendement de 2 cornues.

Décembre

Amandiers. Fumure long des treilles et semence d’ails, ognons, pois, fèves et épinards. Labourage avec coutrier de la place des betteraves.

Baine. Avoir préparé la terre pour la dernière plantation en vigne savoir : arraché les calos de mil, trillé tout le chiendent au bêchage.

Piron. Avoir monté le fumier aux oliviers avec le cheval seulement. Labour avec petit coutrier et fauchage au pied de ces oliviers. avoir bien trillé le chiendent.

Pointe. Fumure des oliviers au pied et labour avec petit coutrier

Jardin. Planté salades choux pointus et cabus. enterré séleris et andives.


Page du manuscrit Auguste Gilles

Agriculture 1886

Janvier et février

Amandiers. Labour d’un sillon de muriers au bout de la terre. arraché un murier mort près du balcon. Bêchage long le mur de la rampe. Placé des fils de fer galvanisé et des poteaux long ce mur. Chariage de 4 tombereaux de fumier place des betteraves.

Piron. Labour des muriers et des pomiers. Levé et déblayé 2 éboulements de mur. levé les abeilles mortes.

Baine. Avoir défriché les bords de la terre à la bêche. Défoncement de cette terre Bonhomme nous avoir aidé 2 journées avec 5 bêtes et son valet au prix de 20 francs par jour moi lui avoir aidé une journée 5 francs avec le cheval à Marïeul. Applanage de cette terre à la herse en fer. Labour avec petit court. du jeune plantier de 1885.

Cie Applané le labour d’été pour luzerne. Charié 3 voyages de terre-basse à la vigne.

Jardin. Défoncements au bas -jardin. Taille des treilles

Travaux industriels. - tué le cochon en janvier 150 kg Acheté 250 kg de foin aux sœurs à 7 f les 100 kg; regardé les abeilles 7 de morts. Avoir commencé de prendre les journaliers à la fin février lapière et Blanc à 2 f 50 par jour. Le cousin Eugène Fabre être venu vendre ses terres en février.

Mars

Amandiés. Béchage pour melons. Labour et béchage des muriers. Taille des treilles le 27. Fauchage des pois, fèves, ails et ognons. Planté treilles

Baine. Défrichement long la route pour vigne. Plantation de la dernière pièce de vigne à la bêche savoir : aramons, petits bouchés alicans bouchés et planders. Taille d’une partie de la vigne au commencement de mars et taille vers la fin de la vigne entière. Taille des quatre pièces de vigne. Labour avec petit coutrier et le cheval et par déchaussement savoir : au commencement de mars du plantier d’un an fauché le 26. Le 30 labour de la partie la plus vieille.

Cabanerie. Plantation de racinés jaquès aux ceps morts de la jeune vigne. Bechage près du bassin du cerisier. fumure de ces cepts avec de la terre boue. Taille en entier de la vieille vigne. Labour par déchaussement et fauchage de cette vielle vigne. Taille de la jeune vigne par mon père. Labour avec petit coutrier et le cheval (du labour d’été avec 2 bêtes) pour luzerne. Taille en entier de la jeune vigne. Le 29 et 30 mars labour par déchaussement de cette jeune vigne avec le cheval et petit coutrier. Fauchage en même temps de cette vigne par Lapierre.

Pigeonier. Labour avec petit coutrier par déchaussement des muriers et bêchage de ces muriers par Lapière et Blanc.

Piron : Bêchage par moi des muriers du piron sous les murailles. Taille des vignes vieilles.

Coudelous. Fauchage au béchard des muriers nains.

Jardin. Semence de betteraves, carottes, panets, cardes, radis, salades, céleris. Plantation des cepts américains jacquez entre autres alicans bouchets.

Travaux d’industrie.

Avril

Baïne. 1er avril : labour de la vigne après avoir fait les sarments avec petit coutrier et le cheval. Fauchage de cette vigne ainsi que de la plus vieille par Lapière et Blanc journaliers. Le 3 la taille des cepts plantés cette année. Griffonage avec le cheval de toute la terre vignoble. Labour avec petit coutrier et cheval par déchaussement du jeune plantier planté cette année. Fauchage par Blanc journalier. Piquetage avec des roseaux de la vigne plantée l’an dernier et de celle plantée cette année. Avoir tué à plusieurs reprises les insectes appelés (boucquarrus).

Cabannerie. Labourage avec petit coutrier et le cheval du labour d’été en-dessous de la luzerne également pour luzerne. Applanage de cette terre et fumure dont 30 à 40 tas de fumier d’écurie et 3 charretées de 4 tas de fumier de moutons pris chez Charavel Lebre changé pour 3 sacs de millet en grain pour ses moutons. Avoir griffoné toutes les vignes et charié les sarments.

Amandiers. 2e fauchage des pois et fèves. Raclage des betteraves. Semence de melons de plusieurs qualités entre autres ceux de M. Cauvin savoir : tranchets qualité supérieure. Cantaloups. Pastèques. Melons de poche.

St Michel. Le 2 et 3. Labour avec petit court et le cheval par d[ ] de la vigne. Faut environ une 12e de marcottes.

Piron. Labourage avec arraire et le cheval des oliviers à partir des abeilles jusqu’en bas. Avoir fauché et déchaussé les muriers du coin d’en-bas. Nettoyage et mouture sur les pierrettes les caisses des abeilles. morts de cette année vieux et jeunes - tous de famine ou de froid.

Cadinières. Avoir arraché les calos de mil les avoir fait bruler. Avoir attelé les pierres et cailloux de la terre chariés ensuite avec le tombereau et jeté dans le trou de M. Rouvière à l’endroit même des terriers de lapins.

Jardin. Fauchages divers. Plantation de salades et semence de cades haricots. salades.

Travaux d’industrie.

Mai

Amandiers. Fauchage des pommes de terre, betteraves, ails, ognons Semence de haricots salades et plantation des melons dans l’enclos. Taille des gros muriers sauvages le long du chemin.

Baine. Griffonage du jeune plantier. Labourage par chaussement et en travers du levant au couchant de toute la terre de toutes les vignes. Ramassé la feuille trois voyages.

Cabannerie. Labour avec charrue et trois bêtes dont le cheval et les deux de Boissette et semence en même temps de luzerne vesse à la suite de celle semée l’année dernière. Coupe de celle de l’année dernière par Durand aîné. 2 moyens voyages. Labour en travers avec petit coutrier et le cheval de la jeune vigne très attaquée cette année même labour à la vieille. Taille des jeunes muriers sauvages long Martin. Ramassé la feuille des gros par Fabre Adrien. Taille des muriers gros. Savoir : les 5 ou 6 situés pièce des fossés, le 1er des 2 gros près le peuplier, 2 au couchant de la luzerne-vesce la raie entière au couchant de la vieille vigne, enfagottage du bois. Souffrage de toutes les vignes.

Piron. Taille des muriers nains et du coin d’enbas. Taille en gros des oliviers par David enfagottage du bois 45 fagots Avoir levé en mai cette année 21 essaims dont les 4/5 ont été généralement bons.

Cadinières. Labour avec charrue et 3 bêtes dont les 2 de Boissette et semence sur le crestel de mil à ballais (race gène)

St Michel. Avoir labouré et chaussé avec petit coutrier la vigne. Ramassé la feuille. Souffrage de cette vigne.

Pigeonier. Taille des quatre raies en entier Labourage avec petit coutrier

Ht Coudelous. Taille des gros muriers. Applanage pour pommes de terre

Bas Coudelous. Ramassé feuille Taille des 2 raies de nains. 25 fagots

Pointe. Taille en gros des oliviers par David côté nord-ouest, enfagotté le bois 18 fagots. Labourage immédiatement avec petit coutrier

Jardin. Fauchage des ceps américains, des betteraves, aricots, melons, cardes, salades. Planté 25 tomates et 25 aubergines. Semé salade.

Travaux industriels. Payé les journées de Boissette Auguste. À par jour dont lui et ses 2 bêtes le nombre des journées étant 2 journées 1/2 de bêtes et 2 j 3/4 d’homme. Payé à David 10 francs pour 3 journées de taille

Juin 1886

Amandiers. Enfagottage des gros muriers sauvages long le chemin 23 fagots. Labourage de ces muriers avec gros coutrier la terre sèche. 3e fauchage des betteraves 2e des melons. Récolte mauvaise de pois et fèves, assez bonne d’ails. Poires excellentes. Soufrage des treilles. Fauchage de celles près de la grille. Moissonage de la 1/2 du blé le 30 juin par Proté Fabre et son fils.

Baine. Soufrage de la vigne au commencement de juin. 3e labour par déchaussement et petit coutrier de la vigne fruitière savoir : toute la vigne de 7 à 8 ans, toute celle de 4 ans sauf 3 ou 4 raies, toute celle de 2 ans. Fauchage par Blanc Fabre en même temps de toutes les raies. Taille d’un murier long la route 13 fagots chariés. Fumure avec un tombereau de petoules de vers à soie, les débris, savoir : au pied des ceps un peu faibles de la vigne de 4 ans.

Cabannerie. Coupe du foin des fossés par Durand aîné. 6 bons faits. 2e coupe de la luzerne sous Martin par Durand deux moyens voyages 3e labour et par déchaussement en long des vignes. Fauchage des raies par Blanc Fabre. Moissonage par Proté Fabre et son fils Gustave du blé roumanelle comprenant les 2 plus basses pièces à partir du peuplier, blé bon et fourni de grain. Mon père fait les gerberons 3.

Piron. Labour avec petit coutrier et le cheval de tous les oliviers et muriers et pommiers du piron, fauchage au pied de tous ces arbres par Blanc Fabre. Moissonage par Proté et son fils du blé blanc bon 2 gros garbirons.

Gourbezon. 2e coupe de la luzerne par Durand aîné même rendement qu’à la 1ere coupe 2 moyens voyage. Taille des murier 13 fagots chariés

Bas-Coudelous. Coupe de l’avoine-vesce par Durand aîné rendement de 2 moyennes charretées bien apprêté. Moissonage de l’avoine de la basse pièce par Proté sa femme et son fils 2 garbirons.

Ht Coudelous. Enfagotté le bois des muriers 80 fagots. fumure pour pommes de terre à la dose de 6 tombereaux de 4 tas la pièce semées le 3 juillet

Jardin. Planté séleris fait par moi (grosses bottes) et salades. Fauchage et arrosages.

Travaux industriels.

Juillet

Ht Coudelous. Semence de pommes de terre avec coutrier de 2 bêtes dont Vire et sa mule en espèces violets et jaunes. Sans fumure

Amandiers. Le 1er juillet Moissonage du blé blanc par Fabre et son fils

St Michel. Labourage par déchaussement avec petit coutrier de la vigne à St Michel. fauchage à la pioche par Blanc le 3e labour que nous lui avons donné. 2e soufrage de la vigne avec du souffre jaune

Amandiers. Fauchage des treilles, récolte oignons; cerclage des melons et haricots. Récolte des pommes de terre. Bons rendements en espèce (reine-blanches) très bonne qualité que tubercules généralement gros et au nombre de 7 ou 8 à chaque pied. Avoir fait l’aire. Foulage des blés blancs du piron (2 garbirons) et des amandiers 4 garbirons de la Cie 2 garbirons rendement en grain de ces 8 garbirons environ 9 salmées 1/2 ou 10 salmées. Foulage des 3 garbirons de saissette dit (roumanelle) de la Cie (basses-pièces) 32 doubles décalitres. Raclage des herbes près de la magnanerie et nettoyage de la conduite des eaux. HT l’avoine du bas coudelous foulée en aout (voir en août le rendement) rendement en paille des blés très bonne et abondante.

Baine. 3e labour au coutrier et par déchaussement du jeune plantier au couchant de la terre. Fauchage des raines par Blanc Fabre. 2e soufrage de la vigne en entier sauf ledit plantier jeune et au souffre jaune.

Canabaries. Moissonage par Proté du blé blanc en dessous de la vigne. 2 garbirons. 2e soufrage au souffre jaune des vignes. Avoir été chercher les fagots des muriers 40 ou 45. Coupe par Durand aîné de la vesce luzerne. Rendement une bonne charretée. Coupe aussi de la luzerne en dessus. Rendement une bonne charretée.

Cadinières. Labour avec coutrier sans aile et fauchage du millet au commencement du mois. 2e labour au petit coutrier après l’avoir dinamnée vers le 22 juillet pour le chausser.

Jardin. Planté séleris, choux verts, semé salades.

Gourbezon. 3e coupe de la luzerne par Durand aîné à la fin du mois rendement moyenne charretée.

Piron. Récolte des pommes de terre (très bon rendement en quantité et en qualité. Charié les gerbes de blé 2 voyages.

Travaux et industrie.

Août Septembre Octobre

Amandiers. Semence de raves épinard et rougettes sur fumure. Foulage de l’avoine de Bas Coudelous rendement 3 salmées. Foulage des vesces semées dans la luzerne de la Cie pour foulage rendement en grain 1 salmée 1/2. Rendement des raisins des treilles très bons, des arbres fruitiers assez bon, des melons assez bon, des betteraves bon. Foulage de la récolte viticole dans la magnanerie dans un triaul noeuf au moyen des pieds et faisant couler les raisins dans les cuves au moyen d’un guidon. Récolte de la feuille des muriers.

Baine. Griffonage en août du jeune plantier. Labourage et fauchage des raies pour les chausser par Durand aîné du jeune plantier immédiatement après vendanges à fin septembre. Vendangé à Baine le 22, 23 et 24 septembre au rendement de 28 cornues d’aramon et de 24 cornues de grenache total 52 cornues à Baine. Ramassé la feuille des muriers en 8bre par Fabre Adrien.

Canabariées. Labourage au commencement de 7bre dans la vieille vigne avec petit coutrier pour la chausser. Avoir relevé pour cette opération les raisins. Avoir relevé en août tous les raisins traînants à l’aide de fourcoules de muriers à la Cie et à Baine. Vendangé à la Cie le 21 7bre 2 cornues de raisins blancs se pourrissant ou trace de maturité ou les abeilles les mangeant. Le 25 7bre tous vendangé à Cie Rendement de la [ ]en tout 26 cornues dont 9 à la vieille vigne18 à la jeune ayant beaucoup gaché cette année par le philoxéra

Ciees suite. Coupe par Durand en 7brede la luzerne sous Martin rendement une médiocre charretée. Arrosage en août de la vigne philoxérée et fauchage par mon père de toute la jeune.

St Michel. Vendangé le 22 7bre 6 bonnes cornues { total des vendanges 1886 85 cornues}

Gourbezon. Coupe de la luzerne par Durand en 7bre médiocre voyage.

Cadinières. Effeuillage du millet à ballais et coupe de ce millet en 8bre chariage dans la remise n’étant pas encore bien sec à cause de la pluie assez bien apprêté cependant. Assez roux. 3 ou 4 petits voyages avec le cheval. Peinage de ce millet par Joséphine Durand à la fin 8bre passé immédiatement après au moulin de Proté. Rendement en grain 8 salmées.

Ht Coudelous. Fauchage des pommes de terre en 7 bre par Durand.

Bas_Coudelous. Chariage de fumier à la plus basse pièce à la dose de environ 10 à 12 tombereaux de 4 tas à 7 au carré. Etendre le fumier. Ramassé la feuille d’automne des muriers par Eliza Fabre.

Piron. Abeilles. Récolte du miel sur la fin août aidé par Jean Mars très méchantes Rendement 1 cornue 1/2 de presque miel sur une 30e de caisses.

Jardin. Planté choux verts et fleurs. Salades andives. Fauchage.


Travaux d’industrie. Ouverture de la chasse en 1886 le 15 août.

Document présenté et retranscrit par Antoine Schülé

Contact : antoineschule@free.fr

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